Gionta :
« Ce fut les cinq meilleures années de ma carrière »

Brian Gionta avait déjà huit saisons à son actif lorsqu'il est devenu le 28e capitaine de l'histoire des Canadiens le 29 septembre 2010.

Il a passé sept de ces années avec les Devils du New Jersey, où il a appris les rudiments du métier aux côtés de certains membres du Temple de la renommée comme Scott Stevens, Joe Nieuwendyk et Martin Brodeur. Il a également remporté une Coupe Stanley lors de sa deuxième saison.

Il a passé une année à Montréal avec Saku Koivu avant de lui succéder et d'arborer le ''C'' sur son chandail.

En rétrospective, Gionta est reconnaissant d'avoir occupé ce rôle.

« Je dirais que cela amplifie les choses en tant que joueur dans le sens où tu veux bien faire comme les joueurs qui t'ont précédé. Plusieurs grands joueurs ont porté ce chandail, et tu veux poursuivre cette excellence. J'ai eu la chance d'être plus âgé », a déclaré Gionta, qui avait 31 ans au moment où il a été nommé le deuxième capitaine d'origine américaine du club après Chris Chelios. « J'étais beaucoup plus mature et j'avais une famille, alors j'avais plus de distractions. En étant plus mature, j'étais capable de gérer une partie de la pression qui existe pour ce rôle. »

Gionta a porté le ''C'' sur son chandail durant quatre ans, notamment lors du parcours mémorable des Canadiens jusqu'en finale de la Conférence de l'Est en 2014, où ils se sont finalement inclinés en six matchs face aux Rangers de New York.

Cette défaite a marqué la fin de son mandat à Montréal, mais il est reparti avec plusieurs bons souvenirs après avoir signé un contrat de trois ans avec Buffalo cet été-là.

« Ce sont ces petits moments, comme aller au restaurant avec ma famille et mes enfants, aller à Westmount et être poursuivi dans un parc par des partisans qui veulent des photos et des autographes », s'est souvenu Gionta en riant. « Ce sont ces moments tranquilles, comme après le 1000e match de Hal Gill, où nous avons pris une bière et profité du moment ensemble. C'était juste une atmosphère familiale. »

Il y avait aussi beaucoup de souvenirs reliés au hockey, comme le fait de recevoir le flambeau du légendaire Jean Béliveau lors d'une cérémonie d'avant-match et s'imprégner de l'atmosphère unique des séries éliminatoires au Centre Bell.

Mais Gionta a surtout aimé tisser des liens pour la vie avec ses coéquipiers des Canadiens, en particulier avec Gill, Travis Moen et Jaroslav Spacek, qui s'est également joint à l'équipe en 2009 et a aidé à mener le groupe vers sa première participation à la finale de la Conférence de l'Est depuis la saison triomphante de 1993.

« J'ai adoré le New Jersey. J'ai évolué en tant que jeune homme. Mais, lorsqu'on a déménagé à Montréal, on était tous dans le même bateau. On est tous arrivés en même temps. On embarquait tous dans quelque chose de nouveau, et cela nous a rapprochés encore plus. Je pense que c'est le moment où j'ai été le plus proche de mes coéquipiers, lors de mes années à Montréal », a confié Gionta. « Ce sont les moments dont on se souvient et auxquels on s'identifie, même si j'ai gagné une Coupe Stanley au New Jersey, je m'identifie plus en tant que joueur des Canadiens. »

Le produit du Boston College aura toujours une place spéciale dans son cœur pour Montréal.

Il a amassé 173 points (97 buts, 76 mentions d'aide) en 303 matchs de saison régulière alors qu'il portait les couleurs du bleu-blanc-rouge en plus de récolter 28 points (13 buts, 15 mentions d'aide) en 45 rencontres en séries éliminatoires.

« Ma famille et moi avons adoré Montréal. Ce fut les cinq meilleures années de ma carrière, non seulement sur la glace, mais aussi en dehors de la glace », a déclaré Gionta. « Faire partie de la culture, faire partie de cette ville, faire partie de l'histoire des Canadiens, tout cela entre en ligne de compte. »

Le propriétaire, président et chef de la direction des Canadiens, Geoff Molson, a beaucoup de respect pour le vétéran de 16 saisons dans la LNH, qui a pris sa retraite en septembre 2018 et qui est actuellement entraîneur dans le programme des Sabres juniors de Buffalo.

Il estime que Gionta a rempli son rôle de capitaine avec classe et dignité.

« Tout commence par l'humilité et le fait d'être responsable et redevable. L'humilité est le mot qui me vient à l'esprit », a déclaré Molson. « Je ne pense pas que Brian soit le genre de joueur qui a besoin de dire beaucoup de choses. Il a livré la marchandise par ses actions et en restant humble. C'est ça le caractère. »

Un texte de Matt Cudzinowski, collaborateur du magazine des Canadiens

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