5 grandes réflexions pour 2021

Dans le cadre des conférences C2 Montréal et MTL Reunion qui se sont déroulées en octobre dernier, de nombreux conférenciers et penseurs se sont réunis pour imaginer à quoi pourrait ressembler la société de demain dans le contexte de crise sanitaire mondiale.

1- Le bureau : un espace de travail à réinventer

À cause de la pandémie de COVID-19, des milliers d’employés ont délaissé le bureau au profit du travail à la maison. Les entreprises, cependant, sont en train de repenser le retour au bureau. Lors d’une conférence à C2 Montréal, Jim Keane, président et chef de la direction de Steelcase, spécialisée dans l’aménagement d’espaces de travail, a affirmé que ce retour serait possible. « Il faudra évidemment prendre toutes les mesures sanitaires, et c’est le rôle des dirigeants de rendre les espaces de travail sécuritaires. » Selon Jim Keane, il doit y avoir au moins 30 % de l’effectif d’une entreprise qui retourne au bureau, sans quoi les employés n’ont pas le sentiment d’être au travail. L’expert a par ailleurs noté trois tendances :

• Le nombre de voyages d’affaires à l’étranger va diminuer.

• Le vendredi, les employés travailleront plus de la maison que du bureau.

• Les employés partageront moins leur espace de travail.

2- Quelle relance économique pour Montréal ?

Réussir la relance économique de Montréal, voilà l’objectif que vise tout l’écosystème entrepreneurial de la ville. Michel Leblanc, de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, qui a pris la parole à C2 Montréal, croit que « la relance économique devra être inclusive et verte, sinon elle sera manquée. Les valeurs comme l’empathie et le respect devront aussi faire partie de l’équation ». Parmi les tendances qui se dessinent à l’horizon, pour Yves Lalumière de Tourisme Montréal, il y aura de moins en moins de voyages de très courte durée. Les touristes privilégieront les séjours plus longs. Philippe Rainville d’Aéroports de Montréal, quant à lui, décrit deux piliers économiques essentiels à une relance réussie : l’écologie et la technologie. « L’environnement vert et branché doit être le reflet de la Ville de Montréal. » Stéphane Paquet, de Montréal International, souhaite une croissance verte et socialement responsable. Il espère par ailleurs que Montréal sera capable d’attirer les talents étrangers ainsi que les start-ups au sein d’incubateurs montréalais.

3- Renouvellement et résilience : les forces qui façonneront les villes de demain

La COVID-19 nous oblige à repenser nos sociétés ainsi que les villes que nous habitons. James Ehrlich a participé à C2 Montréal en tant que fondateur de ReGen Villages Holding. Il a fait la promotion des « Regen Villages », des villages où il est possible de vivre de façon autonome. Pour James Ehrlich, ils représentent une forme d’urbanisme raisonné. Selon le concept des fermes aquaponiques, les habitants de ces villages génèrent leur énergie, gèrent leurs déchets et produisent leur nourriture grâce à des systèmes circulaires. Pour Erik Grab, vice-président de l’anticipation stratégique, de l’innovation et du développement durable de Michelin, les grandes sociétés devront lutter ensemble contre des problèmes globaux, comme la congestion des villes ou l’émission des gaz à effet de serre. « Il faut créer des écosystèmes collaboratifs, pour que les entreprises puissent se partager les coûts, les investissements et les risques. Ensemble, nous allons explorer, tester des solutions disruptive.

4- Rebâtir une économie plus inclusive

Parmi les grands défis soulevés lors de C2 Montréal, la construction d’une économie plus inclusive se trouve au premier plan, surtout dans notre métropole. Pour Andria Barrett, de la Chambre de commerce noire du Canada, la pandémie est une occasion de changer les choses en matière d’égalité sur le plan socioéconomique. « Si on veut construire une économie vraiment inclusive, on doit passer à l’action en résorbant les inégalités au sein des petites entreprises qui sont la colonne vertébrale de l’économie. Une économie inclusive devrait être à l’image de notre société, très diversifiée et multiculturelle. » Par ailleurs, Andria Barrett voit la numérisation des entreprises comme une façon pour les petits commerces d’exister à une échelle nationale. Un autre défi, selon elle, est de donner l’accès, aux chefs d’entreprises noirs, aux capitaux, à l’information et aux réseaux. « Il faut créer l’émulation. Pour cela, il doit y avoir de l’inclusion, on doit créer des ponts entre les univers professionnels. »

5- L’avenir des conférences et des événements grand public

À quoi ressembleront ou devraient ressembler les conférences de demain ? Lors de l’événement MTL Reunion, Mitch Joel, fondateur de Six Pixels Group, a déclaré que les conférenciers continueront de se servir des outils qu’ils emploient habituellement, comme les présentations PowerPoint, mais qu’ils les utiliseront différemment. « Dans une présentation virtuelle, le conférencier pourra par exemple s’intégrer directement dans l’image et s’y déplacer, et créer ainsin une énergie différente. » Pour Philippe Telio, le fondateur de Startupfest, les organisateurs d’événements doivent adapter les outils, peu importe la forme que prendront les événements. Les conférences virtuelles présentent des avantages, comme la traduction automatique ou les outils de réseautage en ligne, par exemple les « Brain Dates » de C2 MTL. Marie-Pier Tessier, cofondatrice et directrice générale chez Îlot 84, décèle deux tendances majeures : « D’une part, la réalité augmentée et la réalité virtuelle permettront d’offrir des expériences nouvelles, plus riches. D’autre part, il y aura une multitude d’offres, de conférences, il va donc y avoir de plus en plus de contenus nichés, conçus sur mesure pour faire vivre des expériences spécifiques ».

Ce texte provenant de La Presse+ est une copie en format web. Consultez-le gratuitement en version interactive dans l’application La Presse+.