Morte dans la douleur et la détresse

Québec présente ses excuses aux proches d’Andrée Simard

Québec et Montréal — Québec a présenté vendredi ses excuses aux proches de la veuve de l’ex-premier ministre Robert Bourassa, Andrée Simard, morte au Centre hospitalier de St. Mary au terme de trois jours de souffrances indicibles et de profonde détresse.

« En mon nom et celui du réseau, je présente nos excuses aux proches de Mme Simard », a écrit le ministre de la Santé, Christian Dubé, sur les réseaux sociaux vendredi. Il n’était pas disponible pour une entrevue.

« Les professionnels de la santé doivent travailler ensemble pour offrir des soins humains, a-t-il ajouté dans un gazouillis sur Twitter. C’est la base du Plan santé et de nos travaux sur les soins de fin de vie avec Sonia Bélanger. »

Cette dernière, ministre déléguée à la Santé et aux Aînés, a demandé au CIUSSS « de revoir les pratiques à l’hôpital St. Mary’s pour qu’une situation comme celle-là ne se reproduise plus jamais ». Interpellé par La Presse dans les derniers jours, le CIUSSS de l’Ouest-de-l’Île-de-Montréal a promis de changer ses pratiques. « Je vais m’assurer que les changements soient mis en place et que ça respecte ce à quoi les Québécois ont droit », a ajouté Mme Bélanger.

La ministre reconnaît que la situation vécue par Mme Simard est « inadmissible ».

« Personne ne devrait avoir à vivre ça lors de ses derniers moments. Au Québec, on s’est dotés de soins palliatifs humains et respectueux des volontés », a-t-elle affirmé.

Un droit

Vendredi, La Presse a rapporté qu’Andrée Simard, la veuve de l’ex-premier ministre Robert Bourassa, était morte au Centre hospitalier de St. Mary au terme de trois jours de souffrances. Elle a été privée de soins palliatifs, la sédation continue, prévue normalement pour les patients en fin de vie. L’accès à ce type de services est pourtant un droit garanti dans une loi.

« Si je parle, c’est pour tous ceux qui n’ont pas droit de parole dans un milieu intimidant où règne le chaos organisé. Ç’a été un cauchemar, et c’est comme ça que nous allons finir ? », a expliqué sa fille, Michelle Bourassa, en entrevue. D’une extrême discrétion, Mme Simard avait tenu à son admission à ce qu’on ne mentionne pas au Centre hospitalier de St. Mary qu’elle avait été mariée avec le premier ministre, disparu en 1996.

Sur les réseaux sociaux, le chef parlementaire de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, a dit avoir « beaucoup d’admiration pour la droiture de Michelle Bourassa face à l’insoutenable ». La Dre Amélie Boisclair, interniste intensiviste à l’hôpital Pierre-Le Gardeur de Terrebonne, a également témoigné avoir vécu un refus de soins pour un membre de sa famille. « Il méritait mieux et oui, ça amène une grande frustration à ceux qui restent. Reposez en paix, Madame, et mes pensées aux proches », a-t-elle déclaré.

Le CIUSSS de l’Ouest-de-l’Île-de-Montréal a déjà promis de « faire les suivis nécessaires pour revoir cette pratique et faire en sorte que les patients qui nécessitent ces soins [palliatifs] puissent les recevoir à même l’unité où ils se trouvent ».

Mme Simard avait la COVID-19 et ne pouvait donc être transférée à l’unité de soins palliatifs, pour ne pas exposer des patients vulnérables au virus. Cette unité était proche du département d’oncologie, ce qui constituait un risque. Jusqu’à maintenant, « la sédation continue était offerte uniquement sur l’unité de soins palliatifs », conformément aux directives du département de pharmacie, a expliqué la porte-parole du CIUSSS Hélène Bergeron-Gamache. Un mécanisme est aussi prévu pour recevoir les plaintes des patients et des familles éventuellement, a-t-elle d’ailleurs rappelé.

— Avec la collaboration de Denis Lessard, La Presse

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