L’Union européenne approuve la candidature de l’Ukraine

Réunie en sommet à Bruxelles, l’Union européenne a entériné jeudi la candidature de l’Ukraine, une étape hautement symbolique près de quatre mois après l’invasion lancée par l’armée russe, qui continue de progresser dans l’est du pays à coups de bombardements

Ce que vous devez savoir

L’Union européenne (UE) a accordé le statut de candidat à l’Ukraine.

Bloqués depuis des années dans l’antichambre de l’UE, les pays des Balkans occidentaux déjà candidats à l’adhésion n’ont pas caché leur amertume face à la longueur du processus.

« Aucune ville » de la région de Donetsk, dans l’est de l’Ukraine, n’est « sûre » pour ses résidants.

Les forces ukrainiennes continuent de céder du terrain dans l’Est.

Le ministre de la Défense ukrainien, Oleksiï Reznikov, a annoncé l’arrivée des lance-roquettes américains Himars en Ukraine.

La crise alimentaire mondiale déclenchée par la guerre en Ukraine risque de provoquer une nouvelle crise sanitaire, a averti jeudi le responsable du Fonds mondial.

« C’est notre victoire »

« C’est un moment unique et historique dans les relations Ukraine-UE », a réagi très rapidement à l’annonce de l’Union européenne (UE) sur Twitter Volodymyr Zelensky, avant de saluer dans une allocution en visioconférence devant les représentants des Vingt-Sept « le plus grand pas vers le renforcement [politique] de l’Europe ». « C’est notre victoire […] Nous avons attendu [cette décision] pendant 120 jours et même pendant 30 ans », depuis l’indépendance de l’Ukraine en 1991, a encore déclaré M. Zelensky dans une courte vidéo publiée sur Instagram à l’intention de ses compatriotes avant de prédire la victoire « à coup sûr » face à l’armée russe.

Prochaine étape : adhésion

L’Ukraine, la Moldavie et la Géorgie avaient déposé leur candidature peu après le début, fin février, de l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Jamais l’UE n’a été aussi prompte à accorder ce statut, nouvelle illustration de sa solidarité envers Kyiv et Chisinau. Mais la Géorgie, elle, devra encore attendre, sa candidature n’ayant pas été entérinée. Bloqués depuis des années dans l’antichambre de l’UE, les pays des Balkans occidentaux déjà candidats à l’adhésion n’ont de leur côté pas caché leur amertume face à la longueur des procédures. « C’est une bonne chose de donner le statut » de candidat à Kyiv, a dit le premier ministre albanais Edi Rama avant une réunion à Bruxelles avec les dirigeants européens. Mais il a conseillé aux Ukrainiens de ne « pas se faire d’illusions » sur une adhésion rapide par la suite.

Nouvelle aide des États-Unis

Le ministre de la Défense ukrainien, Oleksiï Reznikov, a annoncé jeudi, photo à l’appui, l’arrivée des premiers exemplaires de lance-roquettes multiples Himars, quelques heures avant que la Maison-Blanche n’annonce un nouveau volet d’aide militaire à Kyiv, d’un montant de 450 millions de dollars. « L’été sera chaud pour les occupants russes. Et le dernier pour certains d’entre eux », a-t-il menacé, sans préciser combien de ces batteries mobiles d’une portée de 80 km avaient été livrées à ce stade par les États-Unis.

Blocage des ports

Les ports de Mykolaïv et d’Odessa sont bloqués depuis le début du conflit, ce qui paralyse le transport maritime des matières premières agricoles, principale voie d’exportation pour l’Ukraine jusque-là. Or un blocage prolongé pourrait avoir des conséquences gravissimes sur l’alimentation dans de nombreux pays qui dépendent du grenier à céréales ukrainien et des engrais russes. « Cette crise est urgente et doit être réglée d’ici un mois, faute de quoi les conséquences pourraient être dévastatrices », a déclaré jeudi la cheffe de la diplomatie britannique Liz Truss lors d’une visite à Ankara, accusant Vladimir Poutine d’« utiliser la faim comme une arme » dans ce conflit. La crise alimentaire mondiale déclenchée par la guerre en Ukraine va faire des millions de victimes en rendant de larges populations plus vulnérables aux maladies infectieuses, au risque de déclencher une nouvelle crise sanitaire, a averti jeudi le responsable du Fonds mondial.

Offensives dans l’est

Les forces ukrainiennes continuent de céder du terrain dans l’Est, notamment autour des villes jumelles stratégiques de Lyssytchansk et Sievierodonetsk, dernière poche de résistance dans la région de Louhansk. Les Russes « multiplient les offensives pour encercler nos troupes », a indiqué jeudi matin sur Telegram Serguiï Gaïdaï, le gouverneur régional. « Au rythme où vont nos soldats, très bientôt tout le territoire de la République populaire de Louhansk sera libéré », a dit à l’AFP le lieutenant-colonel Andreï Marotchko, représentant des séparatistes prorusses, joint par appel vidéo. Signe des difficultés de l’Ukraine sur le théâtre des opérations, Pavlo Kyrylenko. gouverneur de la région de Donetsk, plus au sud, a affirmé jeudi à l’AFP que plus « aucune ville » de la zone placée sous son administration n’était « sûre » pour ses habitants, les combats y étant trop violents.

Ce texte provenant de La Presse+ est une copie en format web. Consultez-le gratuitement en version interactive dans l’application La Presse+.