La NBA de retour après 141 jours

Après une interruption de plus de quatre mois, la NBA reprend sa saison 2019-2020 ce jeudi soir en Floride. Au total, 22 équipes vont s’y affronter avant le début des séries qui pourraient s’étirer jusqu’à la mi-octobre. Le spectre de la COVID-19 n’est cependant jamais loin même si la ligue fait figure de bon élève.

Aucun cas la semaine dernière

« Peut-être devrions-nous envoyer notre plan de match à la Maison-Blanche. » La phrase prononcée par l’entraîneur des Clippers de Los Angeles, Doc Rivers, l’a été sur le ton de la boutade, mais elle illustre tout de même l’efficacité avec laquelle la NBA mène sa bataille face à la COVID-19. La semaine dernière, aucun cas positif n’a été enregistré parmi les 346 joueurs présents dans la bulle floridienne depuis trois semaines.

« Le vrai test viendra quand les joueurs se mêleront, joueront au basketball sans masque et sans distanciation physique », a prudemment indiqué le commissaire Adam Silver au New York Times.

L’autre défi vient du fait que certains joueurs quittent temporairement la bulle. Ce fut le cas de Zion Williamson (Pelicans de La Nouvelle-Orléans), premier choix du repêchage de 2019, ou de Lou Williams (Clippers) qui, après les funérailles d’un proche, a été surpris dans un bar de danseuses à Atlanta. De retour en Floride, le premier observe une quarantaine de quatre jours puisqu’il a été déclaré négatif quotidiennement durant son absence. La période de quarantaine du second est de 10 jours.

Et en cas de tests positifs comme c’est arrivé le 13 juillet – avec deux cas –, les joueurs en question sont immédiatement isolés pendant que la NBA retrace ses interactions. Lorsque le test du joueur est ensuite négatif, il doit passer des examens cardiaques avant de retrouver les parquets. Ce processus prend 14 jours au minimum.

À noter que la NBA n’a pas chiffré le nombre de cas positifs qui l’obligerait à stopper ou à annuler le dénouement de sa saison.

Les Raptors sous le radar

Du point de vue états-unien, il est beaucoup question des Clippers, des Lakers de Los Angeles et des Bucks de Milwaukee pour le titre. Comme au début de la saison, à la suite du départ de Kawhi Leonard, les Raptors de Toronto passent sous le radar. Autant les preneurs aux livres que les algorithmes les placent sous les Rockets de Houston, les Celtics de Boston et les Sixers de Philadelphie.

« Je pense que c’en était presque risible. On en rigolait », a indiqué Fred VanVleet sur les prédictions négatives du début de saison. Au moment de l’interruption, les Raptors, deuxièmes de l’Association de l’Est, présentaient le même bilan que celui de 2018-2019 avec Leonard (46-18). Pascal Siakam a su prendre le relais, VanVleet et Norman Powell connaissent leur meilleure saison, tandis qu’OG Anunoby a ajouté un volet offensif à son jeu. « Je crois que c’est clairement l’équipe de Kyle [Lowry] », a ajouté l’entraîneur Nick Nurse.

On l’a compris : la force des Raptors est collective. « Il y a beaucoup de joueurs spéciaux dans cette équipe, indiquait Nurse cette semaine. Il n’y a peut-être personne dans le débat pour le titre de joueur par excellence, mais je placerais Kyle, Fred, Marc [Gasol], Serge [Ibaka] et Pascal dans cette catégorie [de joueurs spéciaux]. »

Les joueurs du Québec

Le Montréalais Chris Boucher, des Raptors de Toronto, dit avoir pris 15 livres de muscles durant la pause forcée. Il dit également avoir multiplié les séances vidéo afin d’améliorer son intelligence de jeu. La saison 2020 a été bonne, jusqu’ici, pour le numéro 25 avec une moyenne de 6,3 points et 4,4 rebonds en un peu plus de 13 minutes par match. « Il attire certainement l’attention du personnel d’entraîneurs avec la façon dont il joue », a récemment complimenté Nurse.

Luguentz Dort (Thunder d’Oklahoma City) a également passé beaucoup de temps à regarder des séquences de matchs. Non repêché en juin dernier, le Montréalais a profité des blessures pour se retrouver dans le cinq de départ à 21 reprises avant l’interruption de la saison. Il espère maintenant continuer à améliorer la complicité avec ses partenaires. Celui qui a désormais un contrat à un volet en poche a impressionné par son jeu défensif contre les meilleurs joueurs de la ligue, dont James Harden. Ces derniers mois, il a de nouveau passé beaucoup de temps à travailler sur la technique de ses lancers. Cela s’est vu lors des matchs préparatoires.

Finalement, l’équipe de Khem Birch, le Magic d’Orlando, pointe au huitième rang. Le Montréalais a été très peu utilisé dans les dernières semaines de la saison régulière.

La bataille de Los Angeles ?

Lakers contre Clippers. C’est ce choc qui sera présenté ce jeudi soir après l’affrontement entre le Jazz de l’Utah et les Pelicans. C’est aussi la finale d’association que tous les experts rêvent de voir. Exemple : parmi les 16 journalistes d’ESPN, 15 ont prédit un duel 100 % angelino. Comment leur donner tort ? Les deux équipes ont les deux meilleurs bilans de leur association et quelques-uns des plus gros noms avec LeBron James, bien sûr, mais aussi Anthony Davis, Kawhi Leonard et Paul George.

Dans l’Ouest, sept équipes ont gagné 40 matchs ou plus avant la pause. Dans l’Est, par contre, les Bucks de Milwaukee dominent la compétition malgré un tout petit essoufflement au mois de mars. Milwaukee possède la meilleure fiche, la meilleure attaque et le futur joueur par excellence en Giannis Antetokounmpo. « C’est le temps de finir ce que nous avions commencé », a écrit le joueur sur Twitter. Plusieurs ne sont pas d’accord en face. Ça promet.

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