Des politiciens propres, propres, propres !

Mercredi matin, sûrement entre deux breffages sur la COVID-19, François Legault a gazouillé pour chanter les louanges de la nouvelle émission Nos élus de Télé-Québec, qui démarre jeudi à 20 h.

Une publicité inespérée – et gratuite – pour la chaîne publique. Rapidement, les commentaires sous la publication du premier ministre québécois ont cependant sombré dans la désillusion. Allons-nous voir toute la corruption gouvernementale ? Pourquoi cette infopub à Télé-Québec, hein ?

La méfiance envers ceux qui nous gouvernent, surtout en temps de pandémie, ne s’émousse pas.

J’ai vu deux épisodes (sur quatre) de cette docusérie de métier, construite sur la même charpente que De garde 24/7 et 180 jours. Verdict ? Ne vous attendez pas à de palpitantes tractations de coulisses à la House of Cards. C’est lisse et lent. Un peu trop, même. Ça manque de punch et d’adrénaline.

En fait, si vous suivez la politique québécoise, Nos élus ne vous apprendra pas grand-chose, à part que concilier travail et famille, c’est encore un solide défi pour les plus jeunes députés de l’Assemblée nationale.

Cette docusérie braque ses caméras sur huit députés des quatre principales formations politiques : Joëlle Boutin et Mathieu Lacombe de la Coalition avenir Québec (CAQ), Gabriel Nadeau-Dubois, Ruba Ghazal et Émilise Lessard-Therrien de Québec solidaire, Jennifer Maccarone et André Fortin du Parti libéral du Québec, de même qu’Harold LeBel du Parti québécois.

En résumé, ils travaillent tous très fort, se pointent au parlement très tôt le mardi matin, ils se fâchent rarement et ont à cœur le bien-être de leurs électeurs. J’ai l’air désabusé et cynique, mais je m’attendais à un accès exclusif et inédit à ces fameuses coulisses du pouvoir. Ce n’est pas du tout ce que Nos élus propose aux téléspectateurs.

Par exemple, les députés parlent du rythme effréné de leur vie, alors que l’émission se perd dans des détails techniques de longues commissions parlementaires. Le deuxième épisode consacre beaucoup de temps à la façon dont les députés des deuxième et troisième oppositions rédigent leurs questions pour le parti au pouvoir, la CAQ. Mettons qu’on est loin du cercle décisionnel ici.

Aussi, les participants de Nos élus notent que les médias traditionnels jouent un rôle majeur dans l’établissement de l’ordre du jour quotidien au Salon bleu. Pourtant, la relation journaliste-député est à peine explorée, si ce n’est une déclaration malheureuse de Gabriel Nadeau-Dubois à propos des correspondants de la tribune de presse.

« Leur objectif, c’est de nous faire mal paraître, de nous faire trébucher. C’est leur job, je ne suis pas en train de dire que ce n’est pas fin, mais l’idée, c’est de ne pas être complètement déstabilisé. »

— Gabriel Nadeau-Dubois, député de Québec solidaire

C’est décevant de la part de Gabriel Nadeau-Dubois, qui côtoie des journalistes, autant en privé qu’en public. Le rôle qu’il attribue à Québec solidaire (demander des comptes, surveiller le gouvernement), c’est aussi celui des courriéristes sur la colline. Ne l’oublions pas.

Le coronavirus s’invite à la fin du deuxième épisode de Nos élus, alors que l’Assemblée nationale suspend ses travaux.

Sur papier, l’idée de Nos élus était séduisante. À l’écran, c’est moins captivant.

Le suspect numéro un

L’étau se resserre autour du meurtrier en série de Valmont, qui a enterré plusieurs de ses victimes sous la roulotte de (feu) Guy Bérubé (Bobby Beshro). Si vous n’avez pas encore visionné le dernier épisode de 5Rang, l’alerte au divulgâcheur sonne aussi fort que le gros hip-hop que Jean-Michel (Frédéric Millaire-Zouvi) écoute dans le garage de Paul (Luc Senay).

Alors, si c’était Beauséjour (Denis Marchand) le tueur, personne n’arrivera à lui soutirer des aveux. Beauséjour a été zigouillé en prison sous les ordres de la vilaine Tina (Brigitte Poupart).

La perspicace Gladys (Julie Roussel) a également découvert l’armoire à souvenirs de son papa Léopold (Claude Prégent), qui a collectionné des objets appartenant aux femmes disparues, dont la fameuse chaussure Converse jaune. Comme nous, Gladys a accusé Léopold d’être le maniaque de la région, mais son père clame son innocence.

S’il a ramassé ces artefacts, c’était pour les soumettre à une voyante, à l’époque. Tiré par les cheveux, mais plausible.

Ce qui nous ramène donc au suspect numéro un dans cette affaire : Marc Trempe (Marc Béland), le vendeur de souliers et l’amoureux de la très mêlée Marie-Paule (Ève Duranceau). Sinon, qui aurait pu commettre tous ces crimes ?

Ce dernier épisode de 5e Rang a été vu mardi par 922 000 accros, contre 516 000 qui ont préféré La faille. Toujours mardi, le téléroman Toute la vie de Radio-Canada a franchi pour la première fois la barre du million, en direct, avec 1 045 000 personnes à l’écoute. La facture (946 000) a battu La tour (589 000), Le tricheur a frôlé le chiffre magique (977 000) et District 31 a conservé sa position de tête (1 567 000).

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