Mario Duhamel avec les Coyotes de l’Arizona

« Un rêve de gamin »

Adolescent, Mario Duhamel jouait au hockey comme plein de jeunes Québécois de son âge. Il le faisait à un niveau assez élevé pour fréquenter un « high school » américain à Plattsburgh.

À 20 ans, la chance de faire carrière en Europe s’ouvrait à lui. « Mais mon idée était claire : je savais que je voulais coacher. »

Il a donc abandonné le hockey compétitif, s’est inscrit à l’Université de Sherbrooke en kinésiologie, et le voici, 25 ans plus tard, derrière un banc de la LNH, celui des Coyotes de l’Arizona. Il y sera en tant qu’adjoint du nouvel entraîneur-chef, André Tourigny.

On précise « derrière un banc » parce que Duhamel a déjà travaillé dans la LNH. C’était de 2013 à 2015, avec l’Avalanche du Colorado et Patrick Roy, mais c’était dans un rôle d’entraîneur responsable de la vidéo. Il sautait donc sur la patinoire pour les entraînements, mais pendant les matchs, ça se passait derrière un écran.

Cette fois, il sera en plein cœur de l’action, là où tous les entraîneurs souhaitent se retrouver.

« Au Colorado, c’étaient mes premiers pas dans la LNH, une belle occasion de me faire les dents, de voir comment ça se passe, raconte Duhamel au bout du fil. J’acceptais mon rôle, afin de me parfaire et d’être prêt quand j’aurai une chance derrière un banc. C’est un rêve de gamin d’être dans la LNH ! »

C’est la validation d’un long parcours d’entraîneur pour Duhamel. Il s’est initié au métier en épaulant son père, Normand, avec les 47 du Richelieu, devenus le Laser du Richelieu. Il a commencé en bas de l’échelle, au niveau pee-wee, où il comptait parmi ses joueurs Maxime Talbot et Bruno Gervais. Deux décennies plus tard, il reverra les deux joueurs avec l’Avalanche, par un pur hasard, simplement parce que le hockey est un petit monde.

Les inséparables

Ce qui n’est pas un hasard, en revanche, c’est de voir Duhamel et Tourigny ensemble.

Au moment de la nomination de Tourigny, le 1er juillet, l’avenir de Duhamel n’était pas clair. Soit il suivait Tourigny en Arizona, soit il prenait la tête des 67 d’Ottawa, où il avait le titre d’entraîneur associé, justement derrière son vieil allié.

Finalement, le dossier était réglé « depuis la mi-juillet », même si la nouvelle de l’embauche de Duhamel a seulement été annoncée lundi. La famille demeure en Arizona depuis trois semaines, et il était avec sa nouvelle équipe au repêchage les 23 et 24 juillet dernier.

En plus de l’Avalanche et des 67, Tourigny et Duhamel ont travaillé chez les Huskies de Rouyn-Noranda de 2005 à 2009, Duhamel dans un rôle d’adjoint à Tourigny. Ce sera donc leur quatrième mandat ensemble.

« Je me disais : si je retourne dans la LNH, avec quel entraîneur est-ce que je voudrais le faire ? Et André était le premier nom en haut de la liste. C’est un grand chum, plus qu’un collègue. Il m’a informé dès le jour 1 de ses pourparlers avec les Coyotes, donc j’ai compris l’importance pour lui que je le suive.

« C’est un privilège de revenir dans la LNH, car tu dois travailler fort pour t’y rendre. Mais de le faire avec mon chum, la réponse était évidente. J’ai pleine confiance en André. La relation dure depuis qu’on s’est rencontrés en 2005. On a travaillé ensemble et un contre l’autre, notre relation va au-delà du sport et des X et O. On partage la même philosophie, mais on a aussi des différends. Comme un couple ! »

Du pain sur la planche

Ses tâches en tant qu’adjoint : le désavantage numérique, la gestion des mises en jeu, de même que du travail avec les attaquants. « Ce sera aussi d’épauler André au quotidien, d’être ses yeux pour la culture et les standards qu’on veut établir. »

Cela dit, il faut une certaine dose de courage pour le faire chez les Coyotes. Pas que ce soit un cimetière d’entraîneurs, loin de là : Tourigny est seulement le troisième entraîneur-chef à y travailler depuis 2009. Pendant cette même période, le Tricolore a vu cinq entraîneurs défiler.

Mais les Coyotes ne sont pas exactement l’élève modèle de la LNH. L’ancien directeur général, John Chayka, a dilapidé les choix au repêchage. L’avenir de l’équipe dans la grande région de Phoenix est de retour dans l’actualité depuis qu’on a appris que le bail des Coyotes au Gila River Arena ne serait pas reconduit au terme de la saison. Enfin, un reportage accablant de The Athletic, paru en février dernier, mettait en lumière une culture d’entreprise décrite comme « toxique » et des défauts de paiement à plusieurs niveaux.

Le nouveau directeur général, Bill Armstrong, a quant à lui tout misé sur le repêchage et il aura huit sélections dans les deux premiers tours l’an prochain. Ce sont toutefois des atouts qui n’aideront pas l’équipe avant possiblement 2025, ce qui est bien loin dans le cycle de vie d’un entraîneur de la LNH ! Et aussi pour les joueurs qu’il dirige, remarquez.

« Ça, c’est le côté de gestion de la business, reconnaît Duhamel. Mais nous, comme coachs, il faut ramener ça au quotidien. C’est de développer nos joueurs, s’assurer qu’on progresse, bien faire les choses.

« Dans n’importe quelle ligue, il y a des reconstructions plus rapides que d’autres et il y a des raisons pour ça. Nous, on veut être du bon côté, on veut que nos joueurs développent une attitude de gagnants. On veut gagner la journée, être meilleurs de jour en jour et de mois en mois. »

111

Le premier choix des Coyotes en 2020 est seulement venu au 111e rang. Et ils ont dû renoncer à ce joueur, Mitchell Miller, en raison d’incidents d’intimidation à caractère raciste.

3

Les Coyotes ont en banque trois choix de premier tour en 2022, de même que cinq choix de deuxième tour.

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