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Comment retarder les retraites ?

Des mesures fiscales spécifiques et des semaines de travail réduites, ce sont là les principales suggestions de nos lecteurs pour encourager les travailleurs à retarder leur départ à la retraite. Voici un aperçu des réponses à notre appel à tous de cette semaine.

Trop pénalisés

Il est pourtant simple de répondre à votre question : ce qui nous retient de ne pas retourner sur le marché du travail, ce sont les impôts. Nous sommes beaucoup trop pénalisés financièrement pour que ça vaille la peine de rester au boulot.

— Pierre Durocher

Le bien-être au travail

Pour encourager les employés à rester au travail plus longtemps, il faut que ceux-ci aient de bonnes conditions de travail, ce qui ne veut pas dire nécessairement de meilleurs salaires. Le sentiment d’appartenance à une équipe est très important. Il y a une certaine pensée chez les directions d’entreprises autant publiques que privées que les employés sont une dépense plutôt qu’un actif. Pour l’avoir vécu, je pense que cela fait que l’envie de partir est plus forte que l’envie de rester. Il est peut-être temps de penser au « bien-être » au travail. Cela fait partie du bonheur de se retrouver avec une équipe chaque jour et justement de prolonger ce bonheur.

— Nicole Godbout, Gatineau

Le veto des ressources humaines

Je crois qu’offrir la possibilité de faire des semaines réduites intéresserait beaucoup de gens près de la retraite. J’ai dû lancer un ultimatum à mon patron : à partir d’avril, soit je travaille trois jours par semaine, soit je ne travaille plus… Tout le monde dans l’entreprise pense que ce serait une bonne idée d’offrir ce genre d’horaires (y compris les dirigeants), mais ça coince aux ressources humaines, où on n’est pas prêt à jongler avec ces horaires réduits (ajustement d’assurances, nombre de postes permis par la direction…).

— Sylvain Ayotte

Un temps partiel équitable

Donner un réel droit au travail à temps partiel en fin de parcours. Quand j’étais conseillère pédagogique, ma convention collective me permettait de demander une diminution de ma semaine de travail jusqu’à 40 % si je le désirais dans mes cinq dernières années. Toutefois, cela pouvait se faire sans possibilité de diminuer mes tâches. Donc, j’avais le droit de travailler moins d’heures, mais en continuant de faire le même travail parce qu’on refusait d’engager du personnel pour prendre la relève des heures laissées de côté. Je pense que le temps partiel est une avenue, s’il est vraiment offert honnêtement. Comme beaucoup de personnes retraitées, je fais du bénévolat. Dans le calcul que l’on fait de vouloir que les gens restent au travail plus longtemps, on n’évalue jamais tout le travail fait bénévolement par un grand nombre de retraités. Beaucoup d’organismes communautaires fermeraient leurs portes sans l’apport important des retraités.

— Élaine Richer

Le bonheur de travailler

Il faut augmenter non pas les salaires, mais le bonheur de travailler ! Encourager, motiver, offrir la possibilité d’horaires variables. Former des équipes de travail qui se connaissent, créer des activités où les personnes peuvent échanger, discuter et mieux se comprendre. Le salaire est important, mais c’est un élément de comparaison et non le seul critère à considérer. Quand les employés sont heureux, ils n’ont aucunement le goût d’aller voir ailleurs ! N’est-ce pas ce qui se pratique dans le secteur privé pour la rétention du personnel ? Pourquoi ne pas instaurer cette approche dans le secteur public ?

— Louise Roy

Allégement fiscal

Il serait approprié d’apporter un allégement fiscal considérable pour les travailleurs de 65 ans et plus. Ils ont pour la plupart contribué pendant 40 ans et plus au bien commun, je crois que cela mérite d’être pris en considération si on veut les encourager à rester au travail.

— Pierre Ouellette

Des incitations

Pour rester au travail même à l’âge de la retraite il faut que les revenus d’emploi soient imposés à un maximum de 10 %. Que les revenus de pension ne soient pas diminués. Que les dépenses occasionnées par ce travail soient déductibles.

— Michel Charlebois

Des mesures adaptées aux besoins

Lorsque j’ai pris ma retraite en 2013 à 54 ans, j’avais un bon salaire, je travaillais quatre jours par semaine avec 30 jours de congé par année. Si à cette époque on m’avait offert le télétravail, j’aurais sans doute continué quelques années de plus. Lorsque j’ai décidé de prendre ma retraite, j’avais les moyens de maintenir un niveau de vie qui me convenait. Pendant la pandémie, je me suis inscrit à « Je contribue », pensant faire du bénévolat. Je me suis retrouvé à travailler dans un centre de vaccination à 21 $ l’heure et selon mes disponibilités. Je n’avais rien d’autre à faire pendant cette période. Mettre en place des mesures pécuniaires n’est pas une solution. La mise en place de mesures grand public non plus. Les mesures à mettre en place doivent être plus axées sur les besoins réels des employés. Les entreprises sont les mieux placées pour déterminer les mesures efficaces à mettre en place pour prolonger la carrière de leurs employés.

— Claude Rivard

Un équilibre à trouver

Je suis aux portes de la retraite et voici ce qui la ferait attendre. En premier lieu, obtenir une vraie incitation financière à demeurer au travail. Il faudrait que ma facture fiscale soit considérablement diminuée et, pour ce faire, le gouvernement devrait permettre de travailler à un taux d’imposition réduit de moitié à partir de 65 ans. Par la suite, ajouter encore 25 % de réduction à partir de 70 ans. Deuxièmement, dans un monde idéal, les employeurs ne seraient pas réticents à accorder le télétravail, la semaine de travail de trois ou quatre jours (réduction et non pas compression de la semaine). Mais pour certains, ce concept impose un défi de ressources humaines trop compliqué à gérer en fonction des échéanciers de production et de la supervision des employés. Finalement, et à moins d’y être obligé, continuer à travailler doit être équilibré sur le plan de la santé, de la qualité de vie et du stress au travail. Pour moi, ces deux idées combinées seraient magiques.

— Yves Baril, Montréal

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