Entrée en Bourse

« Coveo est une machine à paiements préautorisés »

Il y a des raisons qui expliquent pourquoi Coveo a reçu plus de 1 milliard de dollars de commandes d’investisseurs potentiels durant le processus qui a mené à l’inscription en Bourse de l’entreprise de Québec spécialisée dans l’intelligence artificielle appliquée au commerce en ligne, soutient son principal dirigeant.

« C’est parce que les investisseurs ont vu que c’est une compagnie qui a beaucoup d’options de croissance, qui génère de très fortes marges et un revenu très prévisible », dit en entrevue le chef de la direction, Louis Têtu.

Si la marge brute de Coveo se situe effectivement entre 75 % et 80 %, la nature des revenus est un élément clé souligné par Louis Têtu. « C’est une machine à revenus récurrents. Coveo est une machine à paiements préautorisés », lance-t-il.

« On a plusieurs leviers de croissance. On a quatre lignes d’affaires [sites web, commerce électronique, service et soutien client, milieu de travail]. On peut rajouter des solutions sur la plateforme et on peut s’étendre au niveau géographique. »

— Louis Têtu

Maintenant que le titre de Coveo est en Bourse depuis jeudi dernier, la direction peut songer à utiliser son action comme monnaie pour conclure des transactions.

L’entreprise n’en a réalisé que deux jusqu’ici depuis sa fondation il y a une quinzaine d’années.

Le mois dernier, Louis Têtu disait encore que la Bourse n’était pas une destination et il y croit toujours. Il disait aussi le mois dernier en entrevue avec La Presse que les actionnaires de Coveo n’étaient pas « pressés », mais il explique aujourd’hui que le « timing » était bon pour faire le saut en Bourse et « poursuivre une stratégie d’acquisitions et d’investissement dans la croissance ».

« On était prêt à lever l’interrupteur à 30 jours d’avis, et c’est ce qu’on a fait », dit-il.

« Les conditions étaient alignées. On aurait été correct si elles ne l’avaient pas été. On pouvait continuer. Mais l’opportunité s’est présentée, et on l’a saisie. »

Le prix initial de l’action a été fixé à 15 $ au terme d’une série de présentations 100 % virtuelles étalées sur une dizaine de jours pour une centaine d’investisseurs.

« Ce fut assez spécial si on compare avec notre ancienne vie où on devait louer un avion et des voitures pour aller d’une place à une autre. Là, ça s’est passé uniquement à la caméra. »

Avant son roadshow virtuel, la direction de Coveo avait néanmoins rencontré certains investisseurs afin de tester le marché pour voir si son message recevait un accueil favorable.

Si on exclut les actionnaires déjà présents et qui ont réinvesti dans l’entreprise dans le cadre du premier appel public à l’épargne, les actions distribuées la semaine dernière par Coveo sont allées à des Canadiens dans une proportion de 60 %, alors que 40 % d’entre elles ont été accordées à des Américains, souligne le chef de la direction financière, Jean Lavigueur.

Si le titre s’est rapidement apprécié dès le début des transactions à sa première séance en Bourse, il s’est depuis replié. « Le marché dans notre secteur a baissé de 5 % depuis l’entrée en Bourse la semaine dernière. On a suivi la marée de la même façon qu’on ne prendrait pas le crédit si le marché avait fait le trajet inverse », commente Louis Têtu.

Il estime que le véritable jugement commencera avec la publication des premiers résultats financiers à titre de société publique. Coveo devrait les présenter vers la fin du mois de janvier.

L’action de Coveo a terminé la séance de mercredi en hausse de 1,7 %, à 15,30 $, à Toronto.

Les principaux actionnaires de Coveo sont ses dirigeants, le Fonds de solidarité FTQ, Investissement Québec, OMERS (la caisse de retraite des employés municipaux de l’Ontario), ainsi que les fonds Evergreen (une filiale d’Elliott Management) et QIA (Qatar Investment Authority).

Revue boursière

New York aura de quoi rendre grâce

La Bourse de Toronto a clôturé en hausse, mercredi, grâce à la vigueur des secteurs de l’énergie et des technologies de l’information, pendant que les marchés américains connaissaient une reprise en fin de séance, juste avant la fermeture pour le congé de Thanksgiving. Les grands indices new-yorkais ont pris du mieux grâce à la publication de données économiques jugées positives, notamment au sujet des nouvelles demandes hebdomadaires de prestations d’assurance-emploi. — La Presse Canadienne

La pénurie de main-d’œuvre touche Couche-Tard

Alimentation Couche-Tard parvient à trouver les employés nécessaires pour maintenir ses magasins ouverts, mais son opération de séduction entraîne une hausse des coûts pour la société lavalloise. À son deuxième trimestre, l’exploitant de dépanneurs et de stations-service a rapporté que ses mesures de rétention avaient coûté 24 millions US. Ses frais d’exploitation ont d’ailleurs crû de 7,7 % comparativement à l’an dernier. Il s’agit de la plus forte hausse en cinq ans pour les activités existantes, souligne Martin Landry, de Stifel GMP.

— La Presse Canadienne

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