Construction et secteur manufacturier

Peu de ralentissements à prévoir

Les chantiers de construction demeureront en activité « tels quels » pendant le prochain mois, selon la FTQ-Construction. « Le non-essentiel va pouvoir se faire en télétravail, mais ça ne relève pas du syndicat, signale son directeur général, Éric Boisjoly. Les travailleurs ne nous ont pas demandé une pause comme au printemps dernier. »

Les opérations devraient aussi se maintenir dans les différents sous-secteurs manufacturiers. « Il faudra mettre la main à la pâte pour livrer les commandes et poursuivre la recherche et développement, explique Sarah Houde, PDG de Propulsion Québec, grappe des transports électriques et intelligents. Il y a tellement de croissance dans notre secteur, on ne peut se permettre de prendre du retard. »

Pas de ralentissement à prévoir, donc, jusqu’en février, et ce, même si le gouvernement Legault enjoint aux secteurs de la construction et manufacturier, qui ne sont pas passés dans le camp des fermetures temporaires cette fois, de ne s’attarder qu’aux opérations essentielles. « On demande aux employeurs de réduire au minimum les effectifs pour réaliser les engagements actuels, explique le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet, à La Presse. On se fie beaucoup à leur jugement et à leur bonne foi pour qu’ils contribuent à l’effort collectif. J’ai confiance que les entreprises vont décider de ce qui est prioritaire. »

Pour Propulsion Québec et l’Association de la construction du Québec (ACQ), « essentiel » signifie respect des ententes contractuelles, de ce qui est déjà en cours, mais également des cas de force majeure comme un toit devant être réparé sous peine de s’écrouler. « On a obtenu la confirmation que les chantiers déjà en marche peuvent se poursuivre, précise Guillaume Houle, porte-parole de l’ACQ. Les chantiers résidentiels, c’est essentiel. Et pour l’institutionnel, l’industriel et le commercial, des contrats signés comprennent des clauses de retard. »

« On invite les entrepreneurs à ne pas signer de nouveaux contrats, mais à respecter ce qui est signé. »

— Guillaume Houle, porte-parole de l’Association de la construction du Québec

« Où ça peut se faire, on diminuera le nombre d’employés, quitte à étirer les quarts de travail, souligne Jean-François Arbour, président du Groupe SCV et d’Enercor (en activité sur une quarantaine de chantiers) et président de l’ACQ. Peut-être qu’il y aura certains ralentissements. Mais, pour le moment, il n’y a pas vraiment de modification à prévoir. La construction est imbriquée. Tout doit se faire de façon commune. Les horaires sont bâtis à l’heure près. »

Même si la définition du terme « essentiel » peut être modulable, Jean Boulet demande aux entreprises d’être disciplinées. « Il y aura peut-être des abus, dit-il. On fera des interventions avec les inspecteurs de la CNESST pour informer et s’assurer qu’on reste dans l’essentiel. »

Le ministre s’attend, dans la foulée des nouvelles mesures, à un certain nombre de mises à pied temporaires. Il s’attend, par ailleurs, à un respect accru des normes et mesures sanitaires. « Il faut que tout soit fait scrupuleusement sur les chantiers, surtout dans les aires communes. On a amorcé un blitz le 19 octobre dernier avec les inspecteurs de la CNESST. »

« On a fait des interventions, donné des constats d’infraction… Je veux qu’on serre la vis et que tout soit respecté. »

— Le ministre du Travail, Jean Boulet

« Il y a eu du relâchement au cours de l’été, admet Éric Boisjoly. Mais on travaille fort là-dessus. On a des efforts à faire. »

À ce titre, l’ACQ dit avoir tendu la main à la Santé publique. « On a réitéré l’importance de mettre tout en place quant aux mesures sanitaires, dit Guillaume Houle. Est-ce que ce sont les bonnes ? Devra-t-on en ajouter ? »

Dans les quatre prochaines semaines, l’ACQ demande aussi à ses entrepreneurs-membres de faire preuve de flexibilité et d’ouverture envers leurs employés. « On les invite à parler avec eux. À ceux qui ont de jeunes enfants, notamment. »

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