Militantisme écologique

50 ans de coups d’éclat pour Greenpeace

Ils ont pris la mer avec l’idée ambitieuse d’arrêter les essais nucléaires états-uniens en Alaska, à bord d’une vieille embarcation de pêche rebaptisée Greenpeace pour l’occasion, le 15 septembre 1971.

Cinquante ans plus tard, ce groupuscule de 12 militants de la Colombie-Britannique est devenu l’une des organisations écologistes les plus connues de la planète, avec des bureaux dans une cinquantaine de pays.

Le modus operandi n’a pas changé : révéler au grand public des problèmes environnementaux qu’il ne pourrait voir autrement, des enjeux méconnus.

« Il n’y a pas beaucoup de gens qui peuvent aller voir directement sur le terrain ce qui se passe, un peu comme aux débuts pour les tests nucléaires », a expliqué dans une entrevue avec La Presse le Québécois Frédéric Bleau, aujourd’hui directeur des opérations de Greenpeace France, après avoir travaillé dans différents bureaux de l’organisation dans le monde au cours des 20 dernières années.

C’est la même logique qui a conduit Greenpeace à mener des actions sur les sites de production de sables bitumineux de l’Alberta et au parlement canadien, en 2009.

« À l’époque, ce n’était pas encore très connu, personne n’en parlait comme étant un gros problème », se rappelle Frédéric Bleau, qui faisait partie du groupe de militants qui avaient bloqué un site de la compagnie pétrolière Shell.

« L’objectif principal était de faire sortir les images et on a réussi », raconte-t-il, estimant que c’est en bonne partie grâce à Greenpeace que les enjeux environnementaux liés aux sables bitumineux sont ensuite devenus d’actualité.

« C’est ça, le rôle de Greenpeace : voir quels sont les problèmes, où ils sont, et aller chercher le visuel », dit M. Bleau.

Quand le problème ne s’illustre pas de lui-même, une action spectaculaire permet de braquer les projecteurs dessus, comme l’ascension en 2001 de la Tour du CN, à Toronto, par un certain Steven Guilbeault, aujourd’hui ministre sortant du gouvernement fédéral, pour attirer l’attention sur un sujet maintenant incontournable, mais qui faisait encore peu la manchette à l’époque : les changements climatiques.

Proposer des solutions

En un demi-siècle d’existence, la mission de Greenpeace a évolué au-delà des manifestations et de la désobéissance civile.

« Il y a un bout de temps où on se faisait critiquer en disant qu’on n’apportait pas de solutions, mais depuis plusieurs années, on est vraiment orientés sur les solutions », explique M. Bleau.

Mais les actions sur le terrain demeurent la marque de commerce de Greenpeace, et elles ont leur utilité, croit celui dont le travail consiste justement à planifier les « actions directes non violentes » de l’organisation, mais aussi les simples manifestations et la mobilisation.

« Ça fait la place à d’autres organisations, qui font un travail différent », dit-il.

Si les choses se déroulent généralement bien, le tragiquement célèbre épisode du Rainbow Warrior rappelle qu’elles peuvent aussi parfois tourner très mal.

En juillet 1985, ce navire de Greenpeace avait été saboté par les services secrets français dans le port d’Auckland, en Nouvelle-Zélande, tuant un photographe qui se trouvait à bord.

L’affaire avait conduit à la démission du directeur général de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) et du ministre français de la Défense.

Cinq « victoires » revendiquées par Greenpeace

1972 : Abandon des essais nucléaires états-uniens sur l’île d’Amchitka, en Alaska, à la suite de la toute première action de Greenpeace, l’année précédente

1982 : Moratoire sur la chasse commerciale à la baleine après des actions en mer contre des baleiniers industriels

1991 : Interdiction de toute exploitation minière en Antarctique pour une durée de 50 ans, après des pressions de différents groupes écologistes

2011 : De grandes marques de vêtements s’engagent à mettre un terme aux rejets de produits chimiques dangereux, après la publication du rapport de Greenpeace intitulé Dirty Laundry (Linge sale)

2017 : Abandon du projet d’oléoduc Énergie Est de TransCanada, après plus de cinq ans de campagne de différents groupes écologistes et de mobilisation citoyenne

Procès de Frédérick Silva

Une chasse à l’homme après la tentative de meurtre contre Salvatore Scoppa

La tentative de meurtre contre le mafieux Salvatore Scoppa en février 2017 à Terrebonne a marqué le début d’une véritable chasse à l’homme au cours de laquelle le présumé tireur, Frédérick Silva, a échappé aux policiers à au moins deux reprises, en plus d’avoir vraisemblablement commis des meurtres durant sa longue cavale.

C’est ce qui ressort du témoignage d’un enquêteur de la Sûreté du Québec (SQ), Samuel Beaudet, qui s’est poursuivi mardi au procès de Silva, 41 ans, accusé non seulement d’avoir tenté de tuer Salvatore Scoppa, mais aussi d’avoir assassiné Alessandro Vinci (octobre 2018), Yvon Marchand (octobre 2018) et Sébastien Beauchamp (décembre 2018).

La poursuite a choisi de présenter sa preuve de façon chronologique et de commencer par la tentative de meurtre contre Salvatore Scoppa. Le soir du 21 février 2017, Silva a fait partie d’un groupe de 11 individus qui se sont présentés au restaurant Houston de Terrebonne, où Salvatore Scoppa mangeait, et qui n’y sont restés que durant environ une demi-heure avant de quitter l’établissement sur les pas du mafieux, vers 20 h 20.

Au moment de sortir du restaurant, Silva tenait un objet sombre dans sa main droite, selon des vidéos des caméras de surveillance du restaurant déposées en cour.

Quelques secondes plus tard, au moment de monter à bord de sa Toyota Camry blindée, Scoppa a échappé de justesse à la mort, poursuivi à pied par le tireur que Samuel Beaudet a identifié comme étant Frédérick Silva.

« Police ! »

L’enquêteur Samuel Beaudet a raconté qu’après plusieurs démarches d’enquête, les policiers ont soupçonné que Silva pouvait se cacher avec certains individus, dont un certain Bernard Cherfan, au 30e étage d’un édifice situé à l’angle de la rue de la Montagne et du boulevard René-Lévesque, au centre-ville de Montréal.

Le 29 novembre 2017, après avoir interrogé des employés qui ont confirmé la présence d’un homme ressemblant à Silva dans l’immeuble, les policiers étaient prêts à l’arrêter.

« Des individus sont sortis. Je les ai mis en joue et j’ai crié : “Police !” Le véhicule s’est immobilisé. J’ai eu un contact visuel avec l’un des passagers (que les policiers croyaient être Silva), mais j’ai vu qu’il avait les yeux clairs. Nous l’avons identifié et ce n’était pas Silva », a décrit l’enquêteur Samuel Beaudet.

Le 24 mai 2017, un meurtre par balle a été commis à la sortie d’un bar de Montréal et une enquêteuse du SPVM a ensuite communiqué avec M. Beaudet en lui disant qu’il se pourrait que le meurtrier soit le même homme qui avait tenté de tuer Salvatore Scoppa au mois de février précédent.

Une semaine plus tard, le 1er juin, lors d’une filature, Frédérick Silva a été localisé dans un cinéma de Laval. Un déploiement policier a été mis en place, un mandat avait même été obtenu et des enquêteurs étaient prêts à l’interroger et à perquisitionner dans sa maison à Rosemère, mais il est une nouvelle fois parvenu à échapper aux policiers.

L’enquêteur a ajouté qu’en septembre 2017, une enquête commune SPVM-SQ baptisée Mégalo a été déclenchée, pour mettre la main sur Silva. Ce n’est qu’un an et demi plus tard qu’il a été arrêté à Montréal après une longue cavale au cours de laquelle il aurait tué Alessandro Vinci, Yvon Marchand et l’ancien membre des Rockers Sébastien Beauchamp, selon les prétentions de la poursuite.

Même si cela n’a pas été dit en cour, le meurtre commis à la sortie d’un bar de Montréal le 24 mai 2017 est vraisemblablement celui de Daniel Armando Somoza-Gildea, 28 ans, pour lequel Frédérick Silva sera jugé séparément au début de l’an prochain.

Pour joindre Daniel Renaud, composez le 514 285-7000, poste 4918, écrivez à drenaud@lapresse.ca ou écrivez à l’adresse postale de La Presse.

Enquête publique sur le CHSLD Herron

« Je ne pourrai jamais oublier »

« Que faites-vous des employés qui ont vécu ce cauchemar, qui ont ces images dans la tête ? »

C’est la question posée par un ancien préposé aux bénéficiaires du CHSLD Herron au terme d’une journée forte en émotions à l’enquête publique de la coroner Géhane Kamel sur les morts lors de la première vague de la pandémie.

Mardi, deux préposés, un infirmier et une infirmière auxiliaire d’Herron sont tour à tour venus raconter, souvent avec beaucoup de difficulté, l’horreur qu’ils ont vécue au printemps 2020. Leurs noms sont protégés par une ordonnance de non-publication.

« Nous avons été accusés d’avoir tué les résidants. Quand je vais travailler [dans un nouvel établissement], mes collègues disent : il vient d’Herron. Attention à ces gens-là », a confié un préposé qui a été hospitalisé en mars 2020 après avoir contracté la COVID-19 à Herron. « On était comme leur famille. On était attachés à eux. »

La coroner Kamel a tenu à le rassurer. « Soyez certain que le Bureau du coroner n’a aucun blâme à faire aux employés du réseau de la santé et que chaque employé qui est rentré au travail dans un CHSLD ou un hôpital n’a de notre part qu’un grand respect. »

Seule infirmière dans tout l'établissement

Le témoignage de l’infirmière auxiliaire a été particulièrement troublant. Elle a raconté comment, à la fin de mars, un groupe d’employés d’une agence de placement a déserté le CHSLD en plein quart de travail après avoir appris que « la COVID-19 était dans le building ».

Elle a parlé du manque de personnel si criant qu’elle et ses quelques collègues restés sur place n’arrivaient pas à fournir les soins de base. La soignante a relaté le cas d’un résidant de 102 ans qui a glissé deux fois sur ses propres excréments. « C’était un homme qui a eu une vie digne, et il était là, il était couché dans ses selles. »

Elle a expliqué comment elle s’est retrouvée, le 29 mars, la seule infirmière de tout l’établissement parce que les autres étaient malades. « Au deuxième, une seule préposée s’est présentée. On s’est regardés en se demandant ce qui se passait. C’est devenu clair que plusieurs résidants étaient dans leur urine et leurs selles et que leurs lits étaient souillés. »

« Je suivais les cloches »

La préposée en question s’est rappelé comment elle a couru d’une chambre à l’autre en suivant le son des cloches d’appel, incapable de répondre aux besoins des résidants. « La majorité était souillée. Je n’ai jamais vu ça au cours de toutes mes années de travail. Je suivais les cloches. J’allais presque au hasard pour décider où aller. Je déshabillais les gens, j’enlevais les draps. Je lavais. » Elle a parlé de cette soirée comme de quelque chose qu’elle ne pourrait « jamais oublier ».

À l’heure du souper, a dit l’infirmière auxiliaire, « la personne de la cuisine a livré les cabarets et est redescendue tout de suite. Je suis descendue voir [une gestionnaire] et je l’ai suppliée de demander aux gens de la cuisine de monter distribuer les plateaux. Elle m’a dit que les gens de la cuisine avaient refusé catégoriquement pour ne pas attraper le virus. »

Durant des semaines, elle a consigné chaque détail, chaque mort, chaque manquement. Elle a raconté avoir été à la fois soulagée et choquée lorsque la situation a été dévoilée dans les médias. Soulagée parce que « ça voulait dire que l’aide s’en venait », mais choquée qu’on laisse entendre que tous les employés étaient partis. « J’étais là, moi, on était une douzaine qui sommes restés. Je me suis adressée moi-même à la presse pour que les familles sachent que ce n’est pas tout le monde qui était parti. »

Meurtres des frères Falduto

« Pas de corps qui va se brûler ici »

Guy Dion jure qu’il n’a pas brûlé les corps des victimes

Si Guy Dion admet avoir aidé un tueur à gages de la mafia à se débarrasser des corps des deux frères assassinés dans son garage, il jure qu’il ne les a jamais fait brûler. « À la vie, à la mort », Guy Dion affirme avoir fait croire à tout le monde, dont le mafieux Salvatore Scoppa, qu’il avait fait flamber les corps.

L’homme de 50 ans se frotte le bras droit à la barre des témoins. « Je vous en parle et j’ai des gros frissons. J’en shake », confie-t-il au jury, en racontant les évènements du 30 juin 2016. Dans le box, sa conjointe sèche ses larmes.

Guy Dion et Marie-Josée Viau sont accusés d’avoir comploté et participé aux meurtres des frères Vincenzo et Giuseppe Falduto. Selon la thèse de la Couronne, Guy Dion a fait un vacarme pour camoufler les assassinats survenus dans le garage de son terrain de Saint-Jude. Avec l’aide de sa conjointe, il aurait ensuite nettoyé la scène et fait brûler les corps des victimes.

Selon sa version, Guy Dion ignorait que les frères Falduto seraient abattus. Il utilisait sa scie mécanique au moment des meurtres, puisqu’il croyait que son ami surnommé « Brad Pitt » allait « essayer » des armes à feu cachées chez lui pour les vendre. Quand il a vu un corps dans son garage, « l’adrénaline a embarqué ».

« Sur l’autopilote »

Quand le tueur à gages – et témoin clé de la Couronne – lui demande de trouver du plastique, Guy Dion « tombe sur un automatisme ». Il répétera avoir agi « sur l’autopilote ». En effet, personne ne lui a ordonné d’enrouler de plastique les corps et de les déposer dans un véhicule. « Je voulais que le temps arrête. Que ça s’en aille. Les corps, l’auto, les fusils », s’est-il justifié.

Or, Brad Pitt et le tireur s’en vont en laissant les corps chez Guy Dion. Plus tard, Marie-Josée Viau lui confie s’être engagée auprès de Brad Pitt à « tout faire brûler ». Selon Guy Dion, ça signifie de faire aussi brûler les corps. « Vous vous en occupez. » C’est ce qu’un dénommé « Monsieur » – qui serait Salvatore Scoppa – lui écrit sur son appareil sécurisé. « On est vraiment dans la marde ! », lâche alors Guy Dion.

Mais pas question pour ce pompier de faire brûler les corps. « Je suis pas capable. C’est pas mes gènes. J’ai dit non. Pas de corps qui va se brûler ici », a-t-il maintenu.

Quand Brad Pitt lui demande d’aller laisser le véhicule chez un complice, Guy Dion saute sur l’occasion. Il y abandonne le véhicule avec les corps des frères Falduto à l’intérieur. Les accusés décident de faire « accroire » qu’ils ont fait brûler les corps. « On y allait à la vie, à la mort avec ça », a répété Guy Dion. « Tout le monde est persuadé qu’on les a brûlés », a-t-il conclu.

La preuve de la Couronne repose en grande partie sur le témoignage du tueur à gages, devenu agent civil d’infiltration de la police (ACI). Trois ans après les meurtres, l’ACI a enregistré de nombreuses conversations à l’insu des accusés. Dans ces extraits présentés au jury, Guy Dion et sa conjointe laissent entendre clairement avoir nettoyé la scène et brûlé les corps. Selon l’accusé, s’ils ont maintenu cette version, c’est pour ne pas « contrarier » le tueur à gages. « Je ne veux pas montrer qu’on est une menace pour lui », a-t-il expliqué.

Son contre-interrogatoire s’amorce mercredi matin.

Violence sexuelle et conjugale

Le projet de loi pour créer un tribunal spécialisé déposé mardi

Le ministre de la Justice, Simon Jolin-Barrette, déposera mardi le très attendu projet de loi qui mènera à la création d’un tribunal spécialisé en matière de violences sexuelles et de violence conjugale. Annoncée en août dernier, cette réforme qui opère « un changement de culture dans le système de justice », selon le ministre, est l’un des grands chantiers de Simon Jolin-Barrette cet automne. Ce dernier, qui sera également des audiences publiques qui étudient le projet de loi 96 sur la langue française la semaine prochaine, a aussi promis de déposer cet automne le premier volet de la réforme du droit de la famille. — Hugo Pilon-Larose, La Presse

Élections municipales

Le maire d’Anjou se rallie à Denis Coderre

Le maire de l’arrondissement d’Anjou, Luis Miranda, rallie son équipe à celle du candidat Denis Coderre, ont annoncé les deux hommes mardi matin. M. Miranda demeurera à la tête de sa formation politique, Équipe Anjou, mais celle-ci se range derrière Ensemble Montréal. Denis Coderre, « c’est la personne qui rejoint les attentes des Angevins », a dit le maire d’arrondissement, qui tentera d’obtenir un septième mandat à la tête d’Anjou. Les deux hommes ont eu des conflits importants entre 2013 et 2017, alors que M. Coderre était maire de Montréal. « J’ai cheminé. Il a cheminé », a toutefois expliqué M. Miranda en conférence de presse, mardi, refusant de revenir en détail sur ces conflits. MM. Miranda et Coderre disent s’entendre sur les grandes priorités pour l’arrondissement : la construction d’une maison de la culture en bordure de l’autoroute Métropolitaine, la ligne bleue du métro de Montréal et le développement du Golf métropolitain d’Anjou. Ce dernier projet s’attire les foudres de l’administration Plante, qui refuse de sacrifier « le dernier grand espace vert de l’Est de Montréal ».

— Philippe Teisceira-Lessard, La Presse

Coups de feu près du CUSM

La policière atteinte n’était pas visée par le tireur

La policière qui a essuyé des tirs dans le stationnement du Centre universitaire de santé McGill (CUSM), le 24 août dernier, n’était pas visée directement par le tireur, et a probablement été victime de balles perdues, selon les résultats préliminaires de l’enquête du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM). Des analyses balistiques du corps de police ont permis d’apprendre que les coups de feu ont été tirés à partir d’un espace vert, situé entre les rues Saint-Jacques et Pullman, au sud de l’hôpital. « Or, en raison du relief, il est improbable que le tireur ait pu intentionnellement cibler les policiers qui étaient alors dans le stationnement », a affirmé le SPVM, par voie de communiqué. L’hypothèse la plus plausible du fil des évènements retenue par le SPVM indique que des coups de feu ont été tirés dans la zone de l’espace vert, et que des balles perdues ont poursuivi leur trajectoire en direction nord. Des impacts de ces projectiles ont été retrouvés sur la façade du bâtiment du CUSM, près de l’endroit où se trouvaient les deux agents de la paix. Des « éclats par ricochets » expliqueraient la blessure de la policière.

— Coralie Laplante, La Presse

Commentaires sur son mandat au SPVM

Philippe Pichet menace de poursuivre Valérie Plante

L’ex-directeur Philippe Pichet menace de poursuivre Valérie Plante pour avoir dépeint négativement son mandat à la tête du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM). Lundi, en réponse à une question sur l’insécurité à Montréal, la mairesse a rappelé que le SPVM était en crise profonde à son arrivée à l’hôtel de ville en 2017. Un corps de police agité par des luttes intestines n’est pas en bonne position pour faire la lutte à la criminalité, a-t-elle dit, rejetant la faute sur son adversaire Denis Coderre. « Il a fallu que je change le chef de police parce que la pagaille était prise », a-t-elle dit. « Il y avait un bris de confiance. » Dans une mise en demeure que La Presse a obtenue, le policier Pichet demande à l’élue de « se rétracter publiquement ». Philippe Pichet est toujours employé par le SPVM, mais se plaint de ne pas être utilisé à sa juste valeur. « Je suis désolée si M. Pichet s’est senti visé par mes propos », a déclaré Valérie Plante en fin d’après-midi, par l’entremise de son attaché de presse.

— Philippe Teisceira-Lessard, La Presse

Projet d’aire protégée de la rivière Péribonka

Québec annule les coupes forestières

Les coupes forestières que Québec avait ordonnées le long de la rivière Péribonka, au Saguenay–Lac-Saint-Jean, sont annulées et une aire protégée « dûment inscrite au registre » sera finalement créée. « Il n’y aura pas de coupe tant que le territoire de l’aire protégée ne sera pas présenté », a déclaré le ministre de l’Environnement et de la Lutte contre les Changements climatiques, Benoit Charette, dans un entretien avec La Presse. « On pense pouvoir avoir un projet de carte dans les prochaines semaines », a-t-il ajouté, précisant que ce sera une proposition commune avec le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec (MFFP) « pour éviter les allers-retours d’un ministère à l’autre ». La protection de la Péribonka fait l’objet de discussions depuis près de 20 ans, dans la région ; la plus récente version du projet d’aire protégée couvre 246 km2 de part et d’autre de la rivière, mais ce n’est pas forcément celle qui sera concrétisée, explique le ministre Charette. Les organisations qui militent pour la protection de la rivière Péribonka ont salué l’annonce de Québec.

— Jean-Thomas Léveillé, La Presse

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