L’Académie française remet son Grand Prix du roman le 26 novembre

L’Académie française a annoncé lundi qu’elle remettrait son Grand Prix du roman le 26 novembre, quatre jours avant le Goncourt. Trois romanciers sont en lice : Miguel Bonnefoy avec Héritage, saga familiale de l’émigration vers le Chili, Étienne de Montety avec La grande épreuve, librement inspiré de l’attentat islamiste de Saint-Étienne-du-Rouvray, et Maël Renouard avec L’historiographe du royaume, qui évoque le Maroc depuis l’indépendance. L’Académie française décerne chaque année de très nombreux prix littéraires, la plupart annoncés cette année le 12 novembre. Son Grand Prix de poésie, par exemple, est allé, « pour l’ensemble de son œuvre », à Michel Orcel, qui est également essayiste et romancier, et le prix de l’essai à Nicolas Baverez pour Le monde selon Tocqueville.

— Agence France-Presse

Rectificatif

Contenants réutilisables et COVID-19

Dans l’article « Doit-on ranger les contenants réutilisables au placard ? » publié lundi, il était indiqué que la chaîne Bulk Barn avait suspendu son programme de contenants réutilisables en raison de la pandémie. Or, l’entreprise a annoncé samedi sur Facebook que les contenants réutilisables étaient de nouveau acceptés dans ses succursales du Québec seulement.

Rencontres internationales du documentaire de Montréal

À la recherche d’un passé perdu

Si on vous demandait de nommer une chose, une seule, que vous avez perdue, et que vous souhaiteriez ardemment retrouver, ce serait quoi ?

Votre tuque préférée, une photo sacrée, un ex, votre jeunesse ou... votre vie d’antan ? Insérez ici les soupers, cinés, voyages, expos et autres spectacles en tous genres, rayés de la carte et de l’agenda depuis des mois.

La question ouverte, à l’origine du documentaire Prière pour une mitaine perdue, présenté à partir du 19 novembre (en ligne), dans le cadre des Rencontres internationales du documentaire de Montréal (en ligne également), semble drôlement d’actualité ces jours-ci. Disons que ça touche une corde archi-sensible, avouez.

Pourtant, l’idée du film, tourné il y a près de deux ans (donc prépandémie), est d’abord venue à Jean-François Lesage, le réalisateur (Un amour d’été), d’un constat tout bête, et probablement universel : « J’avais le goût de faire un film non pas tant sur la perte, que le désir profond de retrouver quelque chose. J’avais le goût d’aborder ce thème, peut-être parce que, souvent, quand je repense à des trucs que j’ai vécus, je me dis que c’était vraiment le fun, mais qu’au moment où je les vivais, je passais peut-être à côté », explique-t-il, rencontré il y a quelques jours dans un parc, parce que nous, c’est l’absence de contacts humains qui nous mine. Et effectivement, peut-être qu’on les a toujours un peu tenus pour acquis...

D’où la justesse du film, donc, sacré meilleur long métrage documentaire canadien au festival Hot Docs cette année, qui touche pile-poil à ce sentiment de l’heure, cette émotion latente de manque, et de vague espoir de le combler, qui sait, éventuellement un jour.

La nostalgie en noir et blanc

Pour l’incarner, Jean-François Lesage filme en noir et blanc, question d’assumer à fond l’angle nostalgique du propos, lequel n’est toutefois pas larmoyant, mais plutôt poétique. Pensez : prises de vue de Montréal la nuit, ambiance hivernale, le tout sur fond de musique jazz. Ça vous donne une idée du ton.

Le réalisateur a en outre choisi de partir ici de l’infiniment concret, pour aller vers l’infiniment abstrait. Pour ce faire, tenez-vous bien, il est allé directement au bureau des objets trouvés de la Société de transport de Montréal (STM).

« J’ai toujours été intrigué par le bureau des objets trouvés de la STM. Je trouvais que c’était un point de départ intéressant, où je pouvais rencontrer des gens qui avaient perdu quelque chose de très concret, les filmer dans l’attente, et par après aborder des pertes plus profondes et plus immatérielles. »

— Jean-François Lesage, réalisateur

C’est ainsi qu’on découvre différents personnages dans un lieu anonyme par excellence (la STM) dans toute leur vulnérabilité, dans cette (interminable) attente, et l’espoir de retrouver tantôt un portefeuille, une paire de lunettes, une tuque ou, pourquoi pas, un cartable rose avec des papillons. Suivent ensuite des entretiens plus longs, fruits de rencontres provoquées pour jaser pertes et espoir de retrouvailles au sens plus figuré. Cette fois, ce sont les thèmes de la jeunesse, de l’enfance, et du passé en général, qui reviennent, sonnent et résonnent, avec une infinie humanité.

« Mes films ont toujours été une suite de rencontres et de confidences, glisse le réalisateur. Je fais le pari que toutes les personnes peuvent être des sujets de documentaire. » Parce que ces rencontres sont chaque fois des occasions qu’il saisit pour entrer dans leur monde, ou plutôt « entrer dans l’univers de ces gens-là qui ont finalement tellement de choses intéressantes à dire », résume-t-il.

Vrai, le sujet aurait pu être terriblement déprimant. Mais ce n’est pas le cas. Au contraire. « La perte est un sujet abyssal. C’est épeurant. Mais j’avais envie de me rattacher au désir de retrouver quelque chose. Et cela fait que les gens sont plutôt dans l’espoir. » Exact. Et c’est de cet espoir, très précisément, qu’on a tous terriblement besoin ces jours-ci.

Prière pour une mitaine perdue est présenté dans le cadre des RIDM à partir du 19 novembre.

Ce texte provenant de La Presse+ est une copie en format web. Consultez-le gratuitement en version interactive dans l’application La Presse+.