Quatre jeunes arrêtés en possession de matériel incendiaire près de chez Tony Accurso

Quatre jeunes hommes, dont deux mineurs, ont été arrêtés dans la nuit de dimanche à lundi non loin de la résidence de l’entrepreneur déchu Tony Accurso, à Deux-Montagnes, en possession de matériel incendiaire.

Vers 2 h 30, des patrouilleurs de la Régie de police du Lac des Deux-Montagnes (RPLDM) ont intercepté une voiture transportant les suspects « dont le comportement leur apparaissait louche » dans le secteur de la 15Avenue, a indiqué le porte-parole du corps policier, Jean-Philippe Labbé.

« Lors de l’interception, ils ont remarqué la présence de matériel pouvant servir à allumer un incendie. Considérant qu’on était dans le secteur de la 15Avenue et qu’on y avait eu deux incendies criminels plus tôt cet été et des fusillades, ils ont procédé à l’arrestation des quatre occupants du véhicule », a-t-il expliqué.

Les quatre suspects, deux âgés de 18 ans et deux de 17 ans, ont été interrogés par des enquêteurs puis remis en liberté sous condition et promesse de comparaître. Aucun d’eux n’avait un dossier judiciaire ni n’était connu des policiers.

Tony Accurso interrogé

« On est actuellement à rencontrer M. Accurso à savoir s’il a reçu des menaces ou s’il a des informations à nous donner en lien avec les évènements de cette nuit », précise Jean-Philippe Labbé. Rappelons que des proches du magnat de l’immobilier résidant dans la même rue que lui ont été visés par différents méfaits depuis plusieurs mois.

« On a des raisons de croire que c’est [chez Tony Accurso] que [les suspects] s’en allaient », ajoute-t-il.

La police n’a pas divulgué la nature du matériel incendiaire que les suspects avaient en leur possession au moment de leur arrestation.

La RPLDM soumettra au Directeur des poursuites criminelles et pénales un dossier afin que les quatre jeunes fassent l’objet d’accusations de complot et de possession de matériel incendiaire.

Pour le moment, on ignore pour quelle raison ils auraient voulu s’en prendre à Tony Accurso ou à sa résidence.

Une vague de méfaits

Un conflit commercial entre des membres de la famille de Tony Accurso impliqués dans une entreprise de construction était la principale hypothèse étudiée par les enquêteurs de la RPLDM pour expliquer la vague de méfaits qui visent les enfants de l’entrepreneur déchu, a rapporté La Presse en octobre dernier.

Celle-ci a débuté en juillet dernier, alors que le VUS Range Rover blanc de la conjointe du fils de Tony Accurso, Giovanni, a été ciblé par un incendiaire.

Puis, le 24 août, des coups de feu ont été tirés vers la maison voisine, sans faire de blessés.

Deux jours plus tard, de nouveaux coups de feu ont été tirés, cette fois-ci sur la résidence de Giovanni Accurso, quelques heures à peine après que Tony Accurso eut joint La Presse pour dire qu’il n’était pas la cible de ces attaques.

À la mi-octobre, ce fut ensuite la résidence de sa fille Lisa et de Karol Fortin qui a été complètement détruite par un incendie.

Des traces d’un accélérant auraient été trouvées. Le couple n’habitait plus la maison, en location, mais inoccupée au moment du sinistre. D’ailleurs, la plupart du temps, lors des méfaits, les occupants n’étaient pas présents dans les résidences.

John A. Macdonald ne devrait pas retrouver son socle, selon un comité

La statue de John A. Macdonald ne devrait pas être réinstallée sur son socle de granit du square Dominion, a récemment conclu un comité d’experts et de fonctionnaires municipaux.

La sculpture de bronze avait été arrachée et décapitée par des militants d’extrême gauche à l’été 2020. Depuis, son avenir est incertain.

Dans un « avis préliminaire » rendu public lundi, le comité chargé de déterminer son avenir affirme qu’il faut « exclure la possibilité d’une restauration intégrale du monument qui impliquerait la réinstallation à l’identique de la statue de bronze sur son socle et sous le baldaquin ».

Les membres du comité croient qu’il faudrait plutôt conserver les éléments restants du monument et y ajouter une plaque commémorative. Ils voudraient aussi « favoriser une réinterprétation pluridisciplinaire utilisant notamment des marqueurs physiques et virtuels » pour reconnaître les groupes discriminés par sa politique. Cet avis préliminaire fera l’objet de consultations auprès des élus et du public dans les prochaines semaines. Un avis final sera rédigé par la suite.

La figure de Macdonald (1815-1891) – premier premier ministre du Canada et fondateur du Parti conservateur du Canada – est devenue controversée dans les dernières années. « Son rôle central dans la mise en place de politiques discriminatoires envers plusieurs peuples, notamment les Autochtones, les Métis, les Canadiens français et les travailleurs chinois, en fait un personnage controversé de l’histoire canadienne », indique le comité.

Un bronze centenaire

Le cabinet de la mairesse a remercié les membres du comité, sans toutefois commenter sur la teneur de la recommandation.

« Nous saluons le travail du comité, qui s’est penché avec rigueur et sensibilité sur l’avenir de la statue de John A. Macdonald dans l’espace public », a indiqué Catherine Cadotte, attachée de presse de Valérie Plante. « Tel que nous nous sommes engagés à le faire, la population est invitée à se prononcer sur ces recommandations dans le cadre d’une consultation publique le 7 décembre prochain. »

Le comité chargé d’étudier le dossier était composé de sept membres externes – dont la sénatrice Michèle Audette et trois universitaires – et de quatre fonctionnaires de la Ville de Montréal.

Le monument à John A. Macdonald date de 1895. La statue de l’homme politique a été réalisée par George Edward Wade, un sculpteur londonien. Le socle et le baldaquin sont faits de granit.

« Le monument souligne les faits majeurs du gouvernement de Macdonald qui ont contribué à l’expansion du Canada, indique le site internet de la Ville de Montréal. Parmi les monuments érigés à la mémoire de Macdonald, celui de Montréal demeure le plus imposant et le plus élaboré. »

Rançongiciels

La Ville de Westmount piratée

Un gang de cyberpirates bien connu affirme avoir volé une importante quantité de données à la Ville de Westmount et menace de les publier d’ici deux semaines. La municipalité confirme une attaque informatique et a perdu l’usage de ses comptes de courriel.

Lundi en début de soirée, la Ville a publié un communiqué précisant que le piratage a touché « plusieurs serveurs » et causé une « panne informatique ». Le site web de Westmount n’est toutefois pas affecté.

Le gang LockBit dit avoir 14 téraoctets de données de la Ville en sa possession, soit 14 milliards de kilo-octets, une quantité considérable d’information, plus importante que les autres fuites ayant frappé des organisations québécoises ces derniers mois.

Les pirates au rançongiciel ont fait l’annonce de l’attaque sur leur blogue dimanche, selon ce qu’a pu constater La Presse sur le web caché (dark web). Ils ont d’abord déclaré qu’ils donneraient seulement deux jours à la municipalité pour payer, mais le gang a ensuite modifié sa page et l’ultimatum s’est allongé à 14 jours.

Jointe au téléphone, la mairesse de Westmount n’avait toujours aucune information précise à communiquer lundi en fin d’après-midi, plus de 24 heures après avoir pris connaissance de l’attaque. Ni elle, ni la division des technologies de l’information n’était en mesure de dire si les pirates sont bel et bien parvenus à voler des informations sur les citoyens ou les employés.

« J’attends plus de détails et on va envoyer un communiqué », dit Christina Smith, qui se trouve présentement en Colombie-Britannique, sans vouloir commenter davantage.

« Nous sommes pleinement conscients qu’il s’agit d’une situation très préoccupante pour nos résidents, mentionne ledit communiqué, publié par la Ville de Westmount lundi en début de soirée. Le conseil et l’administration prennent la situation très au sérieux et feront tout leur possible pour protéger la population. »

Serveurs cryptés

Chef des technologies de l’information à la Ville, Claude Vallières a appris par La Presse que des cyberpirates revendiquent l’attaque.

« On sait qu’on a des serveurs encryptés, mais on n’est pas au courant de qui nous a attaqués, dit-il. On est toujours à investiguer les serveurs infectés, mais on n’a pas eu de communication avec personne… »

Il assure que la Ville n’a pas trouvé d’instructions pour entrer en contact avec les pirates sur un ordinateur, comme c’est habituellement le cas avec LockBit et les autres rançongiciels.

C’est un employé qui a signalé un problème avec un ordinateur dimanche matin. « On a fermé quelques machines par prévention, a dit Claude Vallières. On va essayer d’arrêter l’infection. » Son équipe a passé toute la journée à investiguer.

Habituellement, les gangs utilisant ces outils pénètrent d’abord dans les serveurs ciblés pour voler de l’information. Puis ils endommagent les données en les cryptant. Ils enchaînent avec une double extorsion : ils demandent une rançon pour déchiffrer les données, mais aussi pour s’engager à ne pas les publier en ligne.

Pour se relever de l’attaque, Westmount reçoit l’aide de la Fédération québécoise des municipalités. L’organisme a mandaté la société VARS, une filiale du cabinet Raymond Chabot Grant Thornton, pour épauler la Ville. « Nous prenons la sécurité des données très au sérieux et notre priorité absolue est la protection des informations de nos résidents et de nos employés », ajoute le communiqué de Westmount.

Arrestation récente en Ontario

LockBit est l’un des rançongiciels « les plus actifs et destructeurs », selon un communiqué récent du département américain de la Justice. Il aurait fait « au moins 1000 victimes dans le monde » ces derniers mois, indique le FBI dans une plainte déposée contre un Russo-Canadien que la Police provinciale de l’Ontario (Ontario Provincial Police – OPP) a arrêté fin octobre.

Interpellé à son domicile de Bradford, Mikhail Vasiliev aurait attaqué des infrastructures critiques et de grands groupes industriels dans le monde en se servant de LockBit. Il aurait fait une victime canadienne en janvier dernier, selon le FBI. Il se serait aussi attaqué à une cible du New Jersey – c’est pourquoi les États-Unis ont demandé son extradition.

Malgré cette récente frappe, le gang est toujours actif. Son site est en ligne sur le web caché et continue d’annoncer de nouvelles victimes.

Accès au logement

Consacrer 80 % de son revenu à se loger

Le cinquième des Montréalais les plus pauvres consacrent plus de 80 % de leurs revenus à se loger et presque les trois quarts, plus de 30 %.

C’est ce que révèle un rapport intitulé Signes vitaux du Grand Montréal sur le logement publié mardi, à l’occasion de la Journée nationale de l’habitation, et qui a été réalisé par l’Institut du Québec.

Le rapport, commandé par les organismes Centraide du Grand Montréal et la Fondation du Grand Montréal (FGM), jette un éclairage nouveau sur la crise du logement qui frappe la métropole grâce à des croisements inédits de données tirés du dernier recensement.

Parmi les constats tirés de ce rapport, on note que les Montréalais à faible revenu, les résidents non permanents, les personnes seules et les locataires sont les plus susceptibles d’occuper des logements inabordables, c’est-à-dire auxquels ils doivent consacrer plus de 30 % de leurs revenus.

Tous ses revenus pour se loger

En effet, si le quart des résidants de l’île de Montréal doivent consacrer cette part de leur revenu à leur logement, cette proportion augmente à 71 % chez les personnes à faible revenu. En creusant encore plus, les auteurs en sont venus à la conclusion que 19 % des personnes les plus démunies consacrent en fait entre 50 et 80 % de leur revenu et 21 %, plus de 80 %.

Cette proportion de personnes qui consacrent presque tous leurs revenus à se loger est encore plus grande chez les résidents non permanents, où elle se chiffre à environ 29 %, alors qu’elle se chiffre à seulement 5 % en moyenne pour l’ensemble des foyers de la métropole.

Une situation tout simplement intenable de l’avis du PDG de la Fondation du Grand Montréal, Karel Mayrand. « Je ne vois pas comment ce [ménage] fait pour se loger, se nourrir, se vêtir. Probablement que tout le monde dans la famille doit travailler, parfois plusieurs emplois », souligne-t-il.

« Et on ne parle pas de la qualité de ces logements-là, ajoute-t-il. Il y a des gens qui paient 80 % et qui vivent dans des endroits qui ne sont pas sains pour leur santé. »

À Laval, 18 % des personnes à faible revenu consacrent 80 % ou plus de leur argent à se loger tandis que cette proportion est de 14 % sur la Rive-Sud.

« Mobiliser tout le monde »

Karel Mayrand souhaite que la publication de ce rapport serve à « mobiliser tout le monde » dans l’espoir d’entreprendre une corvée pour « fournir du logement abordable ou social » au plus de personnes possible.

La situation est urgente, selon lui, alors que le nombre de logements nouvellement construits et disponibles dans la région de Montréal est à son plus bas depuis 30 ans.

« En travaillant sur la question du logement, on se trouve à travailler de façon directe et indirecte sur un ensemble d’enjeux sociaux. Quand on parle de l’enjeu du logement, les gens pensent que c’est abstrait, mais c’est très, très concret », explique-t-il.

Mort du pompier Pierre Lacroix

L’enquête s’est ouverte

Les deux plaisanciers qui s’étaient aventurés dans les rapides de Lachine et qui ont dû recourir aux services d’urgence pour venir les chercher avaient peu d’expérience de navigation, a-t-on pu apprendre lundi lors de la première journée d’audiences de l’enquête sur la mort du pompier Pierre Lacroix, mort pendant l’opération de sauvetage. Le pompier Lacroix, âgé de 58 ans, s’est retrouvé coincé sous un bateau de sauvetage qui avait chaviré lorsque trois de ses collègues et lui sont allés dans les rapides pour prêter assistance aux deux plaisanciers en détresse, le 17 octobre 2021. Lundi, le propriétaire du bateau qui s’est retrouvé en détresse dans les rapides, Tommy Yi, a témoigné devant la coroner Géhane Kamel. Peu après le début de son escapade sur le fleuve, le moteur de l’embarcation a surchauffé et ne voulait plus démarrer, avant de commencer à dériver vers les rapides. Quatre pompiers montréalais, dont Pierre Lacroix, sont donc intervenus pour les secourir. Stéphanie Lacroix, fille aînée du pompier mort, a représenté sa famille lors de l’audience de lundi.

— La Presse Canadienne

Ottawa offre 5000 $ par propriétaire pour des systèmes de chauffage verts

Le gouvernement fédéral a annoncé lundi un fonds supplémentaire de 250 millions pour aider les Canadiens à cesser de se chauffer au mazout et de se munir d’une thermopompe écoénergétique. Ce nouveau fonds d’aide appelé « Subvention pour la conversion abordable du mazout à la thermopompe » offrira jusqu’à 5000 $ aux propriétaires de la classe moyenne ou à revenu modeste pour optimiser leur système, a dévoilé le ministre de l’Immigration, Sean Fraser, aux médias à Stellarton, en Nouvelle-Écosse. Selon le ministre, l’aide devrait couvrir les coûts d’installation de la thermopompe et des ajustements nécessaires au système électrique de la résidence, en plus des frais liés au retrait des réservoirs de mazout. Le ministre ajoute que les propriétaires admissibles au programme devraient pouvoir combiner ce programme avec d’autres mesures d’aide existantes en matière de chauffage résidentiel autant au provincial qu’au fédéral. M. Fraser a poursuivi en assurant que les fonds devraient être disponibles en début d’année 2023.

— La Presse Canadienne

Rectificatif

Inversion dans un graphique

Dans un texte intitulé « Le poids du Québec chutera à 18 % en 2047 » publié dans La Presse+ de lundi, une erreur dans un graphique a eu pour effet d’induire le lecteur en erreur. Il aurait fallu lire que le scénario à 430 000 immigrants au Canada mène le Québec à un poids de 19,5 % dans la fédération, contre 18,4 % pour le scénario à 500 000 immigrants. Le graphique montrait l’inverse. Nos excuses.

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