San Francisco (107-55) c. Los Angeles (106-56)

Duel de titans

Le match éliminatoire passé, c’est le début des séries de division dans la Ligue nationale ce vendredi. Coup d’œil.

Une des deux meilleures équipes des majeures sera déjà éliminée dans moins d’une semaine. Au plus tard jeudi prochain, les Giants de San Francisco ou les Dodgers de Los Angeles seront en vacances.

Le hasard en a voulu ainsi. Le hasard et la règle voulant qu’on oppose la wild card à la meilleure équipe de la ligue plutôt que de faire prévaloir les fiches des quatre clubs restants… Passons.

Ce choc passionnant aura donc lieu dès le premier tour. Passionnant pour la très grande qualité des formations, mais aussi en raison de leur situation géographique.

« L’une des plus extraordinaires rivalités du sport », a lancé le gérant des Dodgers, Dave Roberts, au terme de la victoire de ses troupes contre les Cardinals de St. Louis lors du match éliminatoire de mercredi soir.

Les fans des Dodgers ont eu la frousse. N’eût été ce circuit de Chris Taylor après deux retraits en fin de neuvième manche, les champions en titre de la Série mondiale seraient peut-être déjà rayés de la liste des prétendants de 2021.

La dernière équipe qui a conservé sa couronne ? Les Yankees de New York de Joe Torre, en 2000. Leur troisième sacre de suite.

Los Angeles possède l’alignement pour défendre son titre avec succès.

Par où commencer ? Le monticule. C’est là que ça se décide, non ?

Walker Buehler (16-4, 2,47) entamera la rencontre initiale pour L.A. Buehler est l’un des deux seuls artilleurs partants des majeures ayant réduit les bâtons adverses à une moyenne en deçà de ,200. À ,199, précisément.

Et l’autre qui a réussi ce tour de force est son coéquipier Max Scherzer (15-4, 2,46), qui a limité l’opposition à une famélique moyenne de ,185. Quasi inconcevable.

D’ailleurs, depuis qu’il a été acquis des Nationals de Washington, le 30 juillet, Scherzer a maintenu une fiche parfaite (7-0) avec une moyenne de points mérités à 1,98.

Ah, et on allait omettre Julio Urías, seul lanceur des majeures avec 20 gains cette année (20-3, 2,96).

À l’attaque, il serait laborieux – voire lourd – de passer l’alignement au peigne fin. La menace est très répartie.

Mention, toutefois, au deuxième-but Trea Turner – arrivé de Washington avec Max Scherzer –, qui a signé la meilleure moyenne au bâton des majeures (,328). Il est en outre premier de la Nationale pour les buts volés (32 en 37 tentatives), cet art en voie de disparition.

La résurgence des Giants

Mais attention aux Giants. Évidemment.

San Francisco renoue avec les séries d’octobre après quatre saisons perdantes d’affilée. Il s’agit de leur premier titre de la division Ouest depuis 2012, après huit ans de domination des Dodgers.

L’absence du puissant premier-but Brandon Belt pourrait faire mal aux Giants. Belt, qui se remet d’une fracture au pouce gauche, ne devrait pas revenir au jeu avant encore une semaine, au moins.

Il faudra donc se défaire de Los Angeles sans son apport offensif majeur. Mais l’attaque est également très équilibrée dans le Nord californien.

À preuve, Los Angeles et San Francisco sont les deux équipes qui ont marqué le plus de points dans la Nationale. Aussi, les deux ayant soutiré le plus de buts sur balles. Les Giants sont premiers pour les circuits, les Dodgers, troisièmes.

On pourrait continuer longtemps ainsi. Du côté du monticule également. Car San Francisco n’est pas en reste.

Logan Webb (11-3, 3,03) montera sur la butte pour le premier tir du match, vendredi soir. Le droitier de 24 ans n’a pas perdu depuis… le 5 mai, au Colorado. Il est sur une séquence de 10 victoires sans défaite.

Kevin Gausman (14-6, 2,81) sera d’office samedi.

Une série quart de finale aux allures de finale.

Affrontements en saison : avantage San Francisco 10-9

Milwaukee (95-67) c. Atlanta (88-73)

Quand les patrons font leur travail

Bien difficile de faire mieux que la rotation de partants des Dodgers de Los Angeles. Mais que dire de celle des Brewers de Milwaukee ?

Les partants des Brewers ont pu compter sur une centaine de points de moins de leur attaque que ceux des Dodgers pendant le calendrier. Ce qui ne les a pas empêchés de dominer.

Corbin Burnes (11-5, 2,43), Brandon Woodruff (9-10, 2,56) et Freddy Peralta (10-5, 2,81) sont des lanceurs étoiles. Ils ont notamment contribué au premier rang de Milwaukee dans la Nationale sur les plans des retraits au bâton et des blanchissages.

En fait, même les partants numéros 4 et 5 ont été excellents.

Cette profondeur permettra de colmater la brèche laissée par l’absence de Devin Williams (8-2, 2,50), qui met habituellement la table pour le releveur numéro 1, Josh Hader.

En rentrant chez lui, après quelques verres, le soir où Milwaukee a décroché le championnat de la division Centrale, à la fin du mois de septembre, Williams a donné un coup de poing dans un mur. De la main droite, celle avec laquelle il lance. Résultat : fracture. C’est le cas de le dire : bravo, champion.

Mais les Brewers ne sont pas à un obstacle près cette saison. En tout, ils ont fait appel à 61 joueurs – un record d’équipe –, principalement en raison de problèmes de santé, dont 9 ont été infectés par la COVID-19. Malgré cela, le gérant Craig Counsell a conduit sa troupe à une quatrième participation de suite aux séries éliminatoires.

« Simplement par sa façon de communiquer, sa façon d’utiliser ses entraîneurs, sa façon d’utiliser ses joueurs, il nous garde tous engagés », a expliqué le deuxième-but Kolten Wong.

Anthopoulos ne chôme pas

Engagés, les Brewers de Milwaukee – qui présentent par ailleurs l’un des plus géniaux logos du sport – auront besoin de l’être.

Certes, ils ont gagné sept matchs de plus que leurs adversaires, les Braves d’Atlanta. Mais ne laissons pas l’arbre – aussi gros soit-il – cacher la forêt…

D’abord, les Braves ont conclu le calendrier en force en août et septembre. Ils ont notamment remporté huit de leurs neuf derniers matchs, en route vers leur quatrième titre de suite dans l’Est.

Ensuite, ils ont également de bons partants. Charlie Morton et Max Fried, ce n’est pas rien. Ian Anderson n’est pas vilain non plus.

Mais c’est surtout au bâton que les hommes du gérant Brian Snitker font peur. L’attaque d’Atlanta était puissante en 2020 et ça n’a pas changé.

Pourtant, eux aussi ont fait face à d’importants défis, auxquels le directeur général montréalais Alex Anthopoulos a toutefois su trouver des solutions.

Le champ extérieur d’Atlanta a été décimé cette année. Les voltigeurs vedettes Ronald Acuña Jr. et Marcell Ozuna, blessés – voire, dans le cas de ce dernier, aux prises avec la justice –, n’ont accumulé que 130 matchs à deux.

Anthopoulos a réagi en allant chercher les voltigeurs Jorge Soler, Joc Pederson et Eddie Rosario. Et en rapatriant Adam Duvall de Miami.

Duvall a conclu le calendrier au deuxième échelon dans la Ligue nationale pour les circuits (38) et au premier pour les points produits (113).

Aux deuxième et troisième rangs de la ligue dans cette colonne des points produits ? Le troisième-but Austin Riley (107) et le deuxième-but Ozzie Albies (ex æquo à 106). Tous deux membres des Braves.

Avant qu’ils déménagent à Atlanta en 1966, les Braves étaient établis à Milwaukee. Comme un retour à la maison pour les fantômes de l’organisation, qui n’avait jamais croisé les Brewers en séries.

À l’inverse, ces derniers viennent d’enregistrer la meilleure saison de leur histoire à l’extérieur (50-31). Ils semblent se sentir à domicile où qu’ils jouent.

Tout est dans tout.

Affrontements en saison : égalité 3-3

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