Venezuela

300 %

Augmentation du salaire minimum annoncée samedi par le gouvernement vénézuélien, une hausse qui ne permet même pas d’acheter un kilo de viande. L’économie du Venezuela est en récession depuis huit ans et est marquée par quatre années consécutives d’hyperinflation. (AFP)

Projet de réforme fiscale

Quatrième jour de manifestations en Colombie

Des dizaines de milliers de Colombiens ont manifesté samedi pour le quatrième jour d’affilée pour réclamer le retrait d’un projet de réforme fiscale, présenté par le gouvernement en pleine pandémie et accusé de toucher surtout la classe moyenne. L’annonce vendredi soir du président de droite Ivan Duque, qui s’est dit prêt à réviser le projet de réforme afin de trouver un « consensus », n’a pas affaibli la détermination des protestataires. Alors que la Colombie est secouée par une troisième vague de COVID-19, les manifestants sont descendus à Bogota, mais aussi dans d’autres villes du pays. Le projet de réforme fiscale vise à relancer la 4e économie d’Amérique latine, très touchée par la pandémie et dont le PIB a chuté de 6,8 % en 2020. Avec son projet initial, le gouvernement entendait collecter quelque 6,3 milliards de dollars entre 2022 et 2031. Mais il a été rejeté par l’opposition, les syndicats, les universitaires et d’autres secteurs, qui le jugent inopportun et défavorable à la classe moyenne. Même le parti au pouvoir et ses alliés ont émis des critiques.

— Agence France-Presse

Irak

Des attaques djihadistes font 18 morts

Dix-huit Irakiens, en grande majorité des militaires, ont été tués dans la nuit de vendredi à samedi dans quatre attaques djihadistes notamment dans la grande ceinture de Bagdad, ont indiqué à l’AFP des sources de sécurité. Aucune de ces attaques n’a été revendiquée par le groupe armé État islamique (EI), mais leur mode opératoire est devenu distinctif en Irak depuis que le groupe, qui a perdu le territoire qu’il tenait dans le pays fin 2017, n’opère plus que de nuit, dans des zones reculées et avec des armes légères, visant presque systématiquement les forces de sécurité. Après les récentes attaques, le président Barham Saleh a de nouveau plaidé samedi pour « renforcer le soutien international pour en finir avec les résidus » de l’EI. Une coalition militaire dirigée par les États-Unis est présente en Irak depuis 2014 pour aider à combattre l’EI, mais un vote du Parlement l’an passé a demandé le départ de toutes les troupes étrangères du pays.

— Agence France-Presse

Asie centrale

Trêve fragile entre le Kirghizstan et le Tadjikistan

Les présidents du Kirghizstan et du Tadjikistan se sont entretenus samedi par téléphone dans l’espoir de maintenir le fragile cessez-le-feu, après les pires affrontements frontaliers entre ces deux pays d’Asie centrale depuis leur indépendance en 1991. Selon les services de presse de Sadyr Japarov et de son homologue tadjik Emomali Rakhmon, les deux dirigeants ont abordé la mise en application de cette trêve, annoncée dès le début des combats jeudi. En trois jours, ces violences ont fait au moins 33 morts et 120 blessés, selon les autorités kirghizes, tandis que le Tadjikistan, pays autoritaire et fermé, n’a annoncé pour l’instant que deux blessés. De larges portions de frontière n’ont pas été démarquées en Asie centrale depuis la dislocation de l’URSS en 1991, provoquant de fréquentes tensions ethniques accentuées par le combat pour la gestion de l’eau, notamment autour de la fertile vallée de la Fergana, également partagée avec l’Ouzbékistan. Plus du tiers de la frontière kirghizo-tadjike, héritée de la période soviétique, est contesté.

— Agence France-Presse

Dénucléarisation

La Corée du Nord rejette l’idée de discussions avec Washington

La Corée du Nord a jugé « fallacieuse » la diplomatie américaine dimanche, rejetant l’idée de discussions avec Washington, a rapporté l’agence de presse officielle nord-coréenne. Ces propos interviennent après que l’administration américaine a déclaré que le président Joe Biden était favorable à une approche « ouverte à la diplomatie » avec la Corée du Nord sur la dénucléarisation. La diplomatie a constitué pour les États-Unis une « pancarte fallacieuse » destinée à « couvrir leurs actes hostiles », a indiqué le ministère des Affaires étrangères de Corée du nord, dans un communiqué diffusé par l’agence KCNA. Il a également prévenu le président américain Joe Biden qu’il avait commis une « grosse bévue » avec sa position « dépassée » sur le pays. Mercredi, Joe Biden avait affirmé face au Congrès qu’il utiliserait « la diplomatie tout autant qu’une dissuasion sévère » pour contenir les ambitions nucléaires de Pyongyang. Les négociations entre les États-Unis et la Corée du Nord sont à l’arrêt depuis que le deuxième sommet entre Donald Trump et Kim Jong-un à Hanoï, en février 2019, à échoué et que Pyongyang a repris ses tests de missiles.  

— Agence France-Presse

Afghanistan

Les États-Unis entament
la phase ultime de leur retrait

Kaboul — Les États-Unis ont officiellement entamé samedi le retrait des 2500 soldats américains toujours présents en Afghanistan.

Ce retrait des troupes américaines sonnera, une fois achevé, la fin d’une guerre de 20 ans pour Washington, mais ouvrira une période d’incertitude pour un pays sous l’emprise grandissante des talibans.

Dans les faits, le processus de retrait était déjà en cours, selon des responsables américains en Afghanistan, et la date du 1er mai est avant tout symbolique. Il s’agit de l’échéance établie lors de l’accord signé en février 2020 au Qatar avec les talibans par l’ancienne administration de Donald Trump.

Le grand départ surviendra toutefois d’ici le 11 septembre, date du 20e anniversaire des attentats de 2001, évènement instigateur de l’intervention états-unienne en Afghanistan.

L’armée américaine a par ailleurs indiqué avoir mené une « frappe de précision » le même jour, après qu’un terrain d’aviation de la province de Kandahar, où se trouve l’une de ses bases, eut été la cible d’« inefficaces tirs indirects ».

« L’heure est venue »

Le président Joe Biden a confirmé mi-avril le retrait des forces américaines d’Afghanistan. « L’heure est venue de mettre fin à la plus longue guerre de l’Amérique », a-t-il déclaré, estimant que l’objectif de l’intervention, qui était d’empêcher l’Afghanistan de servir à nouveau de base à des attaques contre son pays, avait été rempli.

Quant à eux, les talibans estiment que le retrait aurait dû être achevé le 1er mai et que le maintien de troupes après cette date était une « violation manifeste » de l’accord avec Washington. « Cela ouvre en principe la voie à nos combattants pour qu’ils prennent les actions appropriées contre les forces d’invasion », a déclaré Mohammad Naeem, porte-parole du groupe.

Le retour des talibans redouté

L’annonce du départ des Américains exacerbe par ailleurs la peur de nombreux Afghans, qui craignent de voir les talibans revenir au pouvoir et imposer le même régime fondamentaliste que lorsqu’ils gouvernaient le pays, entre 1996 et 2001.

Le président de l’Afghanistan, Ashraf Ghani, se veut rassurant et affirme que les troupes gouvernementales, qui depuis plusieurs mois se battent seules sur le terrain – mais parfois avec le soutien aérien des Américains –, sont « pleinement capables » de résister aux insurgés.

Le chef d’état-major américain, le général Mark Milley, a reconnu ne pas pouvoir exclure l’éventualité d’un chaos total. « Dans le pire des cas, on a un effondrement du gouvernement afghan et de l’armée afghane, une guerre civile, la catastrophe humaine qui s’ensuit, puis le retour potentiel d’Al-Qaïda. »

— Agence France-Presse

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