Vaccin contre la COVID-19

Une seule dose suffirait après une infection

Les autorités médicales en France ont recommandé vendredi que les gens qui ont eu la COVID-19 et en sont guéris ne reçoivent qu’une seule dose de vaccin plutôt que deux. Cette annonce survient après la publication de deux études montrant que la réaction immunitaire à la vaccination était plus forte chez ces personnes que chez ceux qui n’avaient jamais été infectés.

« Ça se discute de plus en plus », explique Gaston De Serres, épidémiologiste à l’Institut national de la santé publique du Québec (INSPQ). « On voit que chez les gens qui ont déjà été infectés, il y a une réaction plus forte au vaccin, de la fièvre, des douleurs. C’est le signe que le système immunitaire réagit plus fort. »

D’autres pays européens envisagent de suivre l’exemple de la France, selon Mohammad Sajadi, virologue à l’Université du Maryland qui est coauteur d’une étude sur le sujet, publiée début février sur le site de prépublication scientifique MedRxiv. « Le vaccin devient une dose de rappel chez les gens qui ont déjà des anticorps au SARS-CoV-2 [le coronavirus responsable de la COVID-19] », dit le DSajadi.

« Tout comme quand ils tirent six doses par fiole de Pfizer au lieu de cinq, bien des pays cherchent à maximiser le nombre de personnes vaccinées dans un contexte où on manque de doses et où l’approvisionnement prend du retard », indique Benoît Mâsse, épidémiologiste à l’École de santé publique de l’Université de Montréal.

L’étude du DSajadi montre que chez 59 travailleurs de la santé qui ont été infectés par le SARS-CoV-2 et en ont guéri, le vaccin suscite une réaction immunitaire plus rapide. « On voit une intensification des anticorps 7 jours après la vaccination, au lieu de 10 à 14 jours pour une personne qui n’a jamais été infectée, dit le DSajadi. Ça agit à la fois au niveau de l’arrimage du virus aux cellules humaines et de l’entrée du virus dans les cellules humaines. »

Variants

Une autre étude, aussi publiée sur MedRxiv début février, montre que la protection après une dose de vaccin chez les patients qui ont déjà été infectés pourrait même être plus grande que celle après deux doses chez un patient n’ayant jamais été infecté. Les chercheurs de l’École de médecine Icahn à New York basent leurs résultats sur 85 patients de leur hôpital qui ont été vaccinés après avoir été infectés. Ils précisent que les effets secondaires bénins (douleurs musculaires, fièvre) sont aussi plus fréquents chez les patients ayant déjà été infectés. Le British Medical Journal a publié un article d’actualité sur ces deux études, soulignant que cette approche permettait d’économiser des doses à court terme.

L’avis de la Haute Autorité de santé (HAS) de la France précise qu’il ne faut pas ajouter à la complexité de la vaccination en testant tous les patients pour savoir s’ils ont déjà été infectés. Et les patients immunodéprimés devraient recevoir deux doses, selon la HAS.

Seule inconnue, les variants. « Si certains variants répondent moins bien au vaccin, on pourrait devoir donner deux doses à ceux qui ont été infectés par une autre souche du SARS-CoV-2 », estime le DSajadi. Des chercheurs français décrivent justement cette semaine, dans la revue Clinical Infectious Diseases, le cas d’un patient ayant eu une forme légère de la COVID-19 en 2020, puis plus récemment une réinfection plus grave avec le variant sud-africain.

Arrêt du processus judiciaire contre Michel Arsenault

La Sûreté du Québec enquêtera sur le cafouillage

La Sûreté du Québec a annoncé la tenue d’une enquête administrative pour faire la lumière sur le cafouillage ayant mené à l’arrêt du processus judiciaire dans le dossier de l’ex-entraîneur Michel Arsenault, qui était accusé d’avoir agressé sexuellement plusieurs gymnastes.

« La Sûreté du Québec a pris connaissance de la décision rendue [jeudi] et est grandement préoccupée par cette situation. Étant consciente de la gravité des actes commis et des impacts sur la vie des victimes, elle s’assurera que l’ensemble des procédures entourant le déroulement de cette enquête fera l’objet d’une analyse exhaustive », précise le corps policier dans un communiqué.

Michel Arsenault était accusé de voies de fait et d’agressions sexuelles sur cinq anciennes gymnastes. Les faits se seraient déroulés entre 1983 et 1993.

Le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) a lui-même décidé de mettre fin au processus judiciaire contre l’ancien entraîneur, jeudi, à l’approche du début du procès. La décision faisait suite à une requête de la défense, qui déplorait que les policiers aient consigné uniquement les éléments défavorables à l’accusé dans leurs notes et omis de dévoiler le détail de plusieurs conversations qu’ils avaient eues avec les victimes alléguées.

Informations manquantes

Au cours de l’enquête préliminaire, les avocates de Michel Arsenault, Mes Roxane Hamelin et Sophie Beauvais, ont fait ressortir l’existence de nombreuses conversations entre les enquêteurs de la Sûreté du Québec et les plaignantes qui n’avaient pas été transcrites dans leurs notes et n’ont donc pas pu être fournies à la défense pour l’aider à se préparer au procès.

Un policier aurait même parlé à une femme qui représentait certaines des victimes alléguées et lui aurait fourni des informations privilégiées sur l’avancée de l’enquête, ce qui faisait craindre à la défense que les victimes aient pu être contaminées en obtenant certaines informations avant le procès.

D’autres démarches des policiers n’auraient pas été inscrites intégralement dans les notes transmises à l’accusé. La défense y voyait « des méthodes d’enquête appliquées consciemment dans le but de priver l’accusé d’information pertinente ».

Après avoir constaté que plusieurs des déclarations des plaignantes aux policiers n’avaient pas été consignées dans les notes et qu’il était impossible de les transmettre à la défense, le DPCP a jugé impossible de tenir un procès dans le respect des droits de l’accusé et a décrété l’arrêt du processus judiciaire.

Au cours de l’enquête préliminaire, plusieurs plaignantes avaient raconté des agressions sexuelles qu’elles disaient avoir subies alors qu’elles étaient sous la responsabilité de l’entraîneur.

Chute prononcée des revenus pour le gouvernement québécois

Québec — Les revenus du gouvernement Legault ont chuté de façon importante au cours des sept premiers mois de l’exercice financier.

Selon le Rapport mensuel des opérations financières du ministère des Finances rendu public vendredi, les revenus autonomes du gouvernement sont en baisse de 8,2 % après sept mois d’exercice financier (avril à octobre), par rapport à la même période l’année dernière.

En raison de la pandémie, les revenus tirés des impôts des particuliers, des sociétés et des sociétés d’État ont fortement diminué. Mais comme les transferts fédéraux ont augmenté de 16 % en raison des annonces de Justin Trudeau, les revenus totaux de l’État glissent globalement de 3,1 %. C’est un signe inquiétant, alors que le gouvernement Legault s’attend à ce que ses revenus totaux soient plutôt en hausse de 1,5 % pour toute l’année, selon ses prévisions révisées en novembre.

Après sept mois d’exercice financier, les dépenses sont en hausse de 10,7 %, surtout en raison des achats nécessaires pour lutter contre la COVID-19. Le déficit atteint 9,8 milliards au total jusqu’ici, si l’on tient compte de toutes les dépenses non comptabilisées qui sont énumérées par le ministère des Finances à la fin de son rapport. Québec s’attend à un déficit de 15 milliards d’ici la fin de l’année, selon la mise à jour budgétaire de novembre.

Le rapport du ministère des Finances, qui couvre la période d’avril à octobre, tient compte des effets du confinement total du printemps dernier – alors que l’on avait mis sur pause l’équivalent de 40 % de l’économie, y compris les secteurs manufacturiers et de la construction. Il reste à voir l’incidence du confinement du début de l’année, de moindre envergure.

Maltraitance au Manoir Liverpool

Daniel Paré doit se retirer,
croit Québec solidaire

À la lumière des nouvelles révélations visant le Manoir Liverpool à Lévis, le directeur de la campagne de vaccination, Daniel Paré, qui était jusqu’en décembre aux commandes du CISSS de Chaudière-Appalaches, doit se retirer de ses fonctions, estime Québec solidaire. Le ministre Christian Dubé lui a réitéré vendredi sa confiance.

Radio-Canada a révélé jeudi que le Manoir Liverpool avait fait l’objet de 14 plaintes depuis 2017, ce qui représente 11 % de toutes les plaintes visant les résidences privées pour personnes âgées (RPA) et ressources intermédiaires de Chaudière-Appalaches. L’Autorité des marchés publics a aussi blâmé jeudi le CISSS de Chaudière-Appalaches pour l’attribution de contrats illégaux au Manoir Liverpool, estimés à 8,8 millions.

« Je pense que les informations qui ont été rendues publiques sont la goutte qui fait déborder le vase. Je pense que M. Paré ne peut pas rester en poste », a fait valoir vendredi le co-porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois.

« On ne peut pas parler d’imputabilité et opter pour le statu quo. Je pense que M. Paré doit se retirer, mais il y a un énorme “mais ”, incontournable. On ne peut pas dégommer des fonctionnaires sans demander des comptes aux responsables politiques », a poursuivi M. Nadeau-Dubois. Il a cité la ministre responsable des Aînés et des Proches aidants, Marguerite Blais, et l’ex-ministre libéral de la Santé Gaétan Barrette.

« Ils doivent répondre à des questions, c’est sous leur gouverne que des cafouillis bureaucratiques comme ceux-là se sont produits. Je ne veux pas que M. Paré soit un bouc émissaire, je veux qu’on se pose les vraies questions, et les vraies questions, elles sont politiques, elles ne sont pas seulement bureaucratiques et managériales », a ajouté M. Nadeau-Dubois.

Le député du Parti québécois Joël Arseneau a, pour sa part, demandé « au gouvernement de prendre les décisions qui s’imposent » relativement aux constats de l’Autorité des marchés publics. Si M. Paré « est reconnu responsable de cette décision qui va à l’encontre des règles élémentaires d’attribution de contrats, a dit M. Arseneau, qu’il prenne les décisions appropriées ».

Le ministre Dubé réitère sa confiance en M. Paré

Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, a affirmé qu’il faisait toujours confiance à M. Paré, interrogé par Le Devoir avant son entrée au Salon bleu vendredi, où il devait participer à une interpellation parlementaire. Son cabinet a confirmé que le directeur de la campagne de vaccination pouvait effectivement toujours compter sur la confiance du ministre pour gérer cette grande opération.

« En parallèle aux opérations de vaccination qui se poursuivent, l’enquête externe permettra de faire la lumière sur toute l’histoire au Manoir Liverpool. C’est important de creuser jusqu’à ce que toutes les questions aient [obtenu une réponse] », a-t-on indiqué.

« Le ministre de la Santé, Christian Dubé, et la ministre responsable des Aînés, Marguerite Blais, ont exigé de parler à l’enquêteur externe chargé du Manoir Liverpool, en compagnie de la sous-ministre Dominique Savoie. Le mandat doit clairement répondre à la question : à quel endroit la chaîne de commandement a-t-elle été brisée ? », a-t-on ajouté.

Québec a ordonné mardi une enquête externe pour faire la lumière sur les cas de maltraitance d’aînés au Manoir Liverpool. Le ministre Dubé a indiqué avoir reçu de M. Paré l’assurance « qu’il n’avait pas reçu cette information » précise sur les cas de maltraitance. Jeudi, François Legault a affirmé qu’il « n’aime pas ça qu’il arrive un problème puis que personne n’est responsable, personne n’est coupable ».

Des aînés et des personnes atteintes d’une déficience ont été victimes de maltraitance au Manoir Liverpool pendant au moins cinq ans, a conclu un rapport d’enquête interne qui déplore la tolérance du CISSS de Chaudière-Appalaches face à cette situation. Le document a été rendu public la semaine dernière.

Élections à Terre-Neuve-et-Labrador

Le scrutin en personne annulé à cause du variant britannique

Les élections provinciales prévues ce samedi à Terre-Neuve-et-Labrador ont été annulées après que la médecin hygiéniste de la province eut indiqué que le variant britannique était à l’origine de la flambée de COVID-19 qui a frappé la province cette semaine. La Dre Janice Fitzgerald a annoncé que toute la province retournait à son niveau d’alerte le plus élevé. Par conséquent, le directeur général des élections a annulé le scrutin en personne prévu ce samedi en précisant que le vote aux élections provinciales se ferait exclusivement par la poste. Bruce Chaulk a indiqué que les bulletins de vote devraient être reçus avant le 1er mars. La médecin hygiéniste avait plus tôt indiqué que les plus de 200 cas de COVID-19 identifiés cette semaine dans la grande région de St. John’s seraient liés au variant le plus infectieux du virus identifié pour la première fois au Royaume-Uni. En vertu du niveau d’alerte 5 de la province, les rassemblements de plus de cinq personnes sont interdits et les entreprises non essentielles sont fermées, tout comme les restaurants, les bars et les cinémas.

— La Presse Canadienne

Le prolongement du couvre-feu est « abusif », selon le PQ

Le prolongement du couvre-feu à l’échelle du Québec, comme l’envisage le gouvernement Legault, est « abusif », estime le député du Parti québécois Joël Arseneau. Le porte-parole du PQ en matière de santé cite l’exemple de l’Ontario, où le gouvernement ne l’impose pas. « Pourtant, la courbe suit exactement la même tendance qu’au Québec », a-t-il ajouté. Le député des Îles-de-la-Madeleine a rappelé que la Santé publique a affirmé n’avoir « aucune évidence scientifique » sur l’efficacité du couvre-feu. « [On voulait] créer un électrochoc. Un électrochoc […], c’est quelque chose qui ne dure pas longtemps, puis qui saisit les gens. Là, on est en train de développer une culture où le couvre-feu serait la norme. On pourrait le prolonger ad vitam æternam, en se disant : “Bien, finalement, les gens s’en accommodent, et les choses vont bien” », a-t-il illustré. En ce sens, il réclame un « calendrier » et des objectifs clairs à atteindre pour envisager sa levée. 

— Fanny Lévesque, La Presse

Québec achète 40 000 masques N99 à Dorma Filtration

Québec consacre 1,8 million à l’achat de 40 000 masques N99 réutilisables de l’entreprise Dorma Filtration. La nouvelle tombe près d’un mois après l’approbation du produit par la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST), qui avait d’abord refusé de donner son feu vert à son déploiement. « Cette acquisition nous permet de soutenir un approvisionnement responsable à la fois pour l’environnement et pour l’économie québécoise », s’est réjoui le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, dans un communiqué. Premier masque « de ce type » approuvé par les autorités, le produit de Dorma Filtration est réutilisable jusqu’à 50 fois dans un milieu médical. Le mois dernier, La Presse révélait que la CNESST avait d’abord bloqué l’utilisation de ce masque, puisqu’un règlement stipulait que tout appareil de protection respiratoire (APR) devait être approuvé par l’Institut national de la santé et sécurité au travail des États-Unis (NIOSH), qui délivre les certifications requises, mais dont les laboratoires étaient fermés en raison de la pandémie.

— Henri Ouellette-Vézina, La Presse

Rosemont

Une arme et des stupéfiants saisis en plein couvre-feu

Des policiers montréalais ont fait « toute une découverte » cette semaine, alors que plusieurs grammes de cocaïne, de cannabis et d’autres stupéfiants, ainsi qu’un « dangereux fusil » de calibre 12 au canon scié, ont été saisis dans un véhicule intercepté en plein couvre-feu, dans le quartier Rosemont. Les faits se sont produits lundi soir dernier, vers 21 h 45, selon ce qu’a rapporté vendredi le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM). Un « véhicule suspect » qui circulait avec les phares éteints a d’abord attiré l’attention de deux patrouilleurs, sur l’avenue Papineau. Les deux suspects, un conducteur de 51 ans et une passagère de 32 ans, ont été interpellés par les patrouilleurs. Lorsque les policiers ont demandé à l’homme et à la femme de s’identifier, cette dernière a donné des informations invérifiables. Elle a donc été mise en état d’arrestation pour entrave au travail des policiers, car ceux-ci « avaient des raisons de croire qu’elle ne donnait pas sa véritable identité », selon le SPVM. La femme a été fouillée et des stupéfiants ont été trouvés. Un fusil au canon coupé a aussi été retrouvé dans la voiture. La femme arrêtée dans cette affaire a comparu devant un juge le 9 février, puis a été libérée sous caution.

— Henri Ouellette-Vézina, La Presse

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