Le tour du propriétaire

Une lavalloise pas comme les autres

Des propriétaires ouvrent les portes de leur demeure d’exception, offerte sur le marché de la revente

Nous voici dans un coin de Laval peu connu. Un Laval rural, baigné par la rivière des Mille Îles, visité par les bernaches et les plaisanciers à pagaie. Jadis lieu de villégiature des urbains de Montréal, cette presqu’île du secteur Fabreville, qui se termine en cul-de-sac, n’attire que ceux qui y ont affaire et les âmes égarées… ou rêveuses.

C’est un peu un mélange des deux qui a amené Karen Damgaard Jensen et son mari de l’époque, alors résidants de Montréal, dans ce secteur où les résidences cossues prenaient peu à peu la place des chalets plus modestes. C’était en 1973. Cette résidence, à l’architecture peu commune, avait été construite quelques années auparavant par un architecte nommé Michel Hofman. Les vastes aires ouvertes, la grande fenestration, le foyer qui trône au centre de l’espace, les tuiles de couleur terracotta : l’influence Mid-Century est indéniable, bien que, de l’extérieur, le style de la maison soit tout autre avec son revêtement en aluminium et ses murs en pierres.

« Mon père a tellement eu un coup de cœur qu’impulsivement, il a dit : “J’achète ! Pas d’inspection” », raconte leur fille Sandrine Abaziou. Un geste irrationnel aux yeux de la courtière immobilière qu’elle est devenue. De fait, la maison a rapidement révélé des faiblesses dans sa structure, ce qui a obligé les nouveaux propriétaires à la renforcer avec des poutres d’acier. Au fil des ans, ils y ont fait bon nombre de rénovations, à commencer par le retrait, ou devrait-on dire le camouflage, de la piscine intérieure qui se trouve encore aujourd’hui sous le salon du rez-de-chaussée. « Quand on était petits, on a fait des cours de natation ici », se souvient Sandrine.

Des couleurs vibrantes

Les quatre enfants de la famille ont grandi dans cette maison. Bien qu’ils l’aient quittée, un esprit ludique habite toujours les lieux à travers les couleurs vibrantes des œuvres de Morisseau, Pellan et autres et du tapis à carreaux vert et bleu qui ne passe pas inaperçu. « C’est un tapis danois, précise Sandrine Abaziou. La famille de ma mère travaille en textile au Danemark et un de ses cousins fait des tapis de très haute qualité. À tel point que ma mère a dit : si les gens qui achètent la maison ne le veulent pas, elle le garde ! »

Karen Damgaard Jensen est arrivée à Montréal en 1969 après s’être embarquée, seule, sur un bateau pour New York, puis de là, dans un train pour Montréal. « Je venais seulement pour un an comme beaucoup d’immigrants, souligne-t-elle. Au Danemark, ma famille était très connue. Elle a fait des choses extraordinaires, mais des fois, on se sent un peu petit avec tout ça. J’avais envie d’aller dans un pays où je ne connaissais personne, pour trouver ma propre personnalité. » Ayant l’âme entrepreneuriale, elle a tenté différentes choses avant de lancer Bébé Confort, une entreprise consacrée à la fabrication d’accessoires pour bébés.

Impliquée auprès de la communauté danoise de Montréal, elle reçoit chaque année depuis 20 ans une quarantaine de convives pour le lunch. L’une de ses amies s’est également mariée sur ce terrain. « Parce que c’est un lieu tellement exceptionnel, remarque Sandrine. Quand les gens viennent, ils ne partent jamais. Si on fait un lunch ici, à 9 h du soir, ils sont encore là ! » « Mais, j’aime la visite ! », précise sa mère.

Le terrain est situé en bordure de la rivière des Mille Îles, un cours d’eau navigable situé au nord de Laval. Face à celui-ci se trouvent des îles sauvages dont l’une a le statut de refuge faunique.

Mise en vente début juin, la propriété a suscité la curiosité sur les réseaux sociaux. « C’est très différent d’une maison typique de Laval », note la courtière immobilière Catherine Oligny. Ce qui peut être un atout restreint aussi le bassin d’acheteurs potentiels. « Quand la bonne personne va venir, elle va adorer », croit Catherine Oligny. « Il faut que cette personne sache qu’elle ne pourra pas trouver une maison comme celle-là nulle part », ajoute Karen Damgaard Jensen.

La propriété en bref

Prix demandé

1 585 000 $

Année de construction

1971

Superficie de la maison

3872 pi2

Superficie du terrain

16 357 pi2

Évaluation municipale (2021)

715 500 $

Impôt foncier (2021)

5624 $

Taxe scolaire (2021)

723 $

Description

La résidence compte 15 pièces, dont 5 chambres et 3 salles de bains, ainsi qu’un sous-sol aménagé. Tout près se trouve le club privé de la Ferme Sainte-Thérèse.

Courtières

Sandrine Abaziou et Catherine Oligny, Re/Max du Cartier

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