Antilles

« Si l’on continue sur la trajectoire actuelle du réchauffement global, entre 2060 et 2080, on ira jusqu’à 180 jours par an de submersion. »

— Virginie Duvat, professeure de géographie qui dirige une étude pour trouver des solutions à l’érosion fondées sur la nature en Guadeloupe, récemment inondée et menacée par des submersions chroniques (AFP)

Israël

La police perturbe le cortège funèbre de Shireen Abu Akleh

La police israélienne a fait irruption au départ du cortège funèbre organisé vendredi pour Shireen Abu Akleh, journaliste américano-palestinienne d’Al Jazeera tuée mercredi d’une balle dans la tête alors qu’elle couvrait un raid militaire israélien dans le camp de réfugiés de Jénine. À la sortie du cercueil d'un hôpital de Jérusalem-Est, secteur palestinien de la ville occupé et annexé par l’État hébreu, la police a fait irruption dans l’enceinte de l’établissement et tenté de disperser une foule brandissant des drapeaux palestiniens. Le cercueil a failli tomber des mains des porteurs bousculés par des policiers, mais a été rattrapé in extremis, selon des images retransmises par des télévisions locales qui montrent également les policiers faisant usage de matraques. D’après le Croissant-Rouge palestinien, 33 personnes ont été blessées lors des funérailles. La police israélienne a fait état de six arrestations. Par ailleurs, le Conseil de sécurité de l’ONU a « fermement condamné le meurtre de la journaliste et la blessure d’un autre journaliste », dans une déclaration unanime adoptée vendredi, selon des diplomates. — Agence France-Presse

Irlande du Nord

Paralysie politique après la victoire du Sinn Féin

Une semaine après la victoire historique du Sinn Féin, l’Irlande du Nord s’enlise dans la paralysie politique, les unionistes ayant bloqué le fonctionnement de l’Assemblée locale pour s’opposer aux dispositions post-Brexit dans cette province britannique, où Boris Johnson est attendu lundi. Comme annoncé par le chef du parti unioniste DUP Jeffrey Donaldson, les élus de sa formation politique ont refusé de désigner le président de l’Assemblée locale. Le dirigeant unioniste, dont le parti est viscéralement attaché à l’union avec la Grande-Bretagne, a insisté sur la nécessité d’« envoyer un message clair » tant à l’Union européenne qu’au gouvernement britannique, à savoir que « nous sommes très sérieux » sur la nécessité de régler la question du protocole nord-irlandais. Il a souligné qu’« aucun élu unioniste » ne soutenait le protocole et appelé le gouvernement britannique à agir « maintenant » pour « rétablir la place de l’Irlande du Nord au sein du Royaume-Uni ». L’Assemblée nouvellement élue s’était réunie vendredi pour la première fois. — Agence France-Presse

Mauritanie

L’esclavage « persiste » malgré les efforts du gouvernement

La Mauritanie a fait des progrès dans la lutte contre l’esclavage, notamment grâce à des efforts du gouvernement, mais cette pratique persiste dans le pays, a souligné vendredi à Nouakchott le rapporteur spécial de l’ONU sur les formes modernes d’esclavage, Tomoya Obokata. Celui-ci a dit avoir rencontré durant son séjour le président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, des diplomates et des membres du gouvernement, des ONG antiesclavagistes, des défenseurs des droits de la personne, des victimes de l’esclavage et des parlementaires. « Le principal but de la mission était d’observer la mise en œuvre des actions contre l’esclavage […] qui ont été adoptées dans la loi mauritanienne », a-t-il dit lors d’une conférence de presse à Nouakchott. « En ce qui concerne les efforts du gouvernement, je suis ravi de constater que la Mauritanie a fait des progrès pour mettre en œuvre la stratégie de lutte contre l’esclavage et travailler sur l’élimination de cette pratique », a-t-il déclaré, se félicitant également de réformes législatives menées par la Mauritanie dans ce domaine. Selon ses conclusions, le pays « a fait d’importants progrès », mais l’« esclavage, ainsi que le travail forcé et le travail des enfants persistent en Mauritanie ».

— Agence France-Presse

Émirats arabes unis

Le président Khalifa ben Al-Nahyane est mort

Le président des Émirats arabes unis, le cheikh Khalifa ben Zayed Al-Nahyane, malade depuis plusieurs années, est décédé vendredi à l’âge de 73 ans, après avoir accompagné ces deux dernières décennies l’ascension de son pays sur la scène internationale. Rarement vu en public depuis un AVC en janvier 2014, le cheikh Khalifa devrait être remplacé sous peu par son demi-frère, le prince héritier d’Abou Dabi Mohammed ben Zayed, dit MBZ, déjà considéré comme le dirigeant de facto de cette riche monarchie pétrolière du Golfe. « Le président Khalifa ben Zayed Al-Nahyane est mort », a annoncé un communiqué du gouvernement publié par l’agence officielle WAM, sans préciser les causes du décès du chef de l’État qui souffrait de problèmes de santé. Il a été enterré au cimetière al-Bateen à Abou Dabi. Le président américain Joe Biden a salué le cheikh Khalifa comme un « véritable partenaire et ami des États-Unis ». Autres grands alliés des Émirats, le roi Salmane d’Arabie saoudite et son prince héritier Mohammed ben Salmane ont exprimé leur « grande tristesse », dans un communiqué commun. La France a rendu hommage à « un dirigeant respecté de tous ».

— Agence France-Presse

Génocide des Tutsis au Rwanda

Un ex-officier rwandais est arrêté aux Pays-Bas

Un ex-officier de l’armée rwandaise soupçonné de génocide, notamment pour son rôle dans le massacre de dizaines de milliers de Tutsis à Mugina en 1994, a été arrêté aux Pays-Bas, où il vivait depuis 1998, a annoncé le parquet néerlandais vendredi. Les autorités néerlandaises ont « arrêté un homme rwandais de 65 ans originaire d’Ermelo, le mercredi 11 mai 2022 », qui aurait été un « officier de gendarmerie au Rwanda en 1994 », a annoncé le parquet dans un communiqué, sans donner plus de détails sur son identité. Selon les autorités rwandaises, qui ont demandé son arrestation et extradition, le suspect « a joué un rôle déterminant dans des massacres dans la capitale Kigali et dans la municipalité de Mugina », ont ajouté les procureurs. Plusieurs massacres ont eu lieu à Mugina entre le 21 et le 26 avril 1994. On estime que 30 000 civils ont été tués dans le massacre de cette paroisse, qui est commémoré chaque année, a précisé le parquet.  

— Agence France-Presse

Inde

Un incendie fait au moins 27 morts à New Delhi

Au moins vingt-sept personnes sont mortes et plusieurs autres ont été victimes de brûlures dans un incendie à New Delhi, survenu vendredi dans un immeuble commercial de la capitale indienne, selon un bilan du soir même. « Vingt-sept corps calcinés ont été récupérés de l’immeuble et près de deux douzaines de blessés ont été pris en charge », a déclaré à l’AFP vendredi soir Satpal Bharadwaj, responsable sur place des opérations pour les pompiers de Delhi, la ville qui englobe la capitale. Selon M. Bharadwaj, il y avait environ 70 personnes dans le bâtiment lorsque l’incendie s’est déclaré. « Il n’y avait pas de sortie de secours et la plupart des personnes sont mortes par asphyxie », a-t-il précisé, ajoutant que les autopsies révéleraient davantage de détails. La cause de l’incendie n’est pas encore connue, a souligné M. Bharadwaj, qui a ajouté que le bâtiment était utilisé pour « des bureaux et [pour stocker] du matériel d’emballage en papier ». L’incendie s’est déclaré en fin d’après-midi, au premier étage du bâtiment.

— Agence France-Presse

Espagne

Projet de « congé menstruel » au cœur de vifs débats

Madrid — La décision serait une première en Europe : en Espagne, le gouvernement de gauche envisage d’instaurer dans la loi un « congé menstruel » pour les femmes souffrant de règles particulièrement douloureuses, mais l’initiative fait débat au sein même de l’exécutif et des syndicats.

Cette mesure pourrait figurer dans un projet de loi sur l’avortement visant à consolider le droit à l’interruption volontaire de grossesse et les droits reproductifs, et qui devrait être adopté mardi en Conseil des ministres.

« Nous allons reconnaître dans la loi sur le droit des femmes qui ont des règles douloureuses à un arrêt [de travail] spécial qui sera financé par l’État dès le premier jour », a tweeté vendredi après-midi la ministre de l’Égalité, Irene Montero, l’une des chefs de file du parti de gauche radicale Podemos, partenaire du parti socialiste au sein du gouvernement de Pedro Sánchez.

On ignorait toutefois si les discussions au sein de l’exécutif avaient vraiment permis de dégager un accord entre Podemos et les ministres socialistes détenant les portefeuilles économiques sur la portée exacte de ce « congé menstruel ».

Selon des médias espagnols ayant eu accès à une version provisoire du projet de loi, élaboré par le ministère de l’Égalité, la durée de ce congé serait de trois jours, avec la possiblité de le prolonger de deux jours supplémentaires en cas de symptômes aigus, sur la base d’un certificat médical.

« Stigmatisation »

Quelques pays ont introduit ces dernières années dans leur législation un droit à un « congé menstruel », notamment en Asie, mais à l’heure actuelle, aucun pays européen ne l’a fait. En France, quelques rares entreprises autorisent bien leurs salariées à arrêter le travail lors de leurs règles, mais le « congé menstruel » ne figure ni dans la loi ni dans les conventions collectives.

L’Espagne ferait donc de nouveau figure de pionnier en Europe en matière de droits des femmes. Mais le débat est vif, car si l’aile gauche du gouvernement pousse en ce sens, certains ministres socialistes sont réticents, de crainte qu’une telle mesure, en raison de son coût élevé, ne soit en fait contre-productive, en « stigmatisant » les femmes et en aboutissant paradoxalement à privilégier le recrutement de salariés masculins.

La mise en place d’un « congé menstruel » ferait figure de mesure phare de ce projet de loi, mais ne serait pas la seule.

Le ministère de l’Égalité voudrait ainsi inclure la suppression totale de la TVA pour les produits d’hygiène féminine. Le texte prévoit également de renforcer l’accès à l’interruption volontaire de grossesse (IVG) dans les hôpitaux publics et de permettre aux mineures d’avorter sans l’autorisation de leurs parents dès 16 ans.

L’avortement en Espagne a été dépénalisé en 1985, puis légalisé en 2010, mais l’interruption de grossesse reste un droit semé d’embûches dans ce pays à forte tradition catholique, où l’objection de conscience des médecins est massive et où les mouvements anti-IVG sont très actifs.

— Agence France-Presse

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