Fondation du cancer du sein du Québec

Alexandra Dubé, en rémission d’un cancer du sein

Une femme sur huit recevra un diagnostic de cancer du sein au cours de sa vie. Chaque année, juste au Québec, cela se traduit par 6500 diagnostics. Derrière ces statistiques, il y a des femmes et des hommes qui ont besoin d’aide concrète pour traverser cette épreuve. Avec un système de santé fortement sollicité et l’isolement qu’entraîne la pandémie, les services de soutien sont plus essentiels que jamais.

Au printemps 2019, la vie est douce pour Alexandra Dubé et sa famille. Le clan vient tout juste d’accueillir une deuxième petite fille. Alexandra pratique la médecine familiale dans sa communauté, à Mont-Laurier, et aucune ombre ne plane sur sa santé. Âgée de 30 ans, la jeune femme est une grande adepte d’activité physique – sa soupape.

C’est presque par hasard qu’elle découvre être atteinte d’un cancer du sein. Comme la famille s’agrandit, le couple revoit sa couverture d’assurance. Un examen d’imagerie de routine demandé par l’assureur révèle trois masses. Le 4 juillet 2019, le diagnostic se confirme : Alexandra est atteinte d’une tumeur de grade 3, la plus maligne pour ce type de cancer.

Peu après, elle apprend être porteuse de la mutation génétique BRCA2, ce qui la place plus à risque de développer un second cancer du sein, un cancer de l’ovaire, un mélanome ou un cancer pancréatique. À ses traitements de chimiothérapie et d’hormonothérapie s’ajoute alors une mastectomie bilatérale.

« C’est très dur d’être de l’autre côté d’un tel diagnostic, confie Alexandra. Sur le coup, ce n’est pas le cerveau du médecin qui absorbe le choc, mais celui de la femme, de la mère. » Malgré tout, la gravité de la situation n’échappe pas à la professionnelle de la santé.

« C’est une anxiété supplémentaire de connaître toutes les implications médicales. Je sais trop bien à quoi peut ressembler la suite des choses. »

Du soutien et de la lumière

Dans cette épreuve, c’est « sur le tard » qu’Alexandra découvre la multitude de services de soutien qui se trouve à sa portée. Elle déniche néanmoins un baume salutaire : le programme de kinésio-oncologie Ma Santé Active de la Fondation cancer du sein du Québec. Elle s’implique activement dans ce groupe de soutien axé sur l’activité physique, l’alimentation et le bien-être. L’effet d’entraînement est si fort que même ses collègues relèvent avec elle les défis sportifs du groupe.

« Le cancer, c’est très négatif. Ma Santé Active, c’est un groupe de soutien qui repose sur une dynamique positive. J’ai participé aux séances de yoga en ligne, aux pauses santé, aux conférences. À ce moment-là, c’est exactement ce dont j’avais besoin. Ça m’a aidée à me remettre dedans et à me dire qu’il y aurait de la lumière au bout de tout ça. »

Ce n’est là qu’une des nombreuses ressources que la Fondation cancer du sein du Québec offre aux femmes et aux hommes atteints par cette maladie. Depuis sa mise sur pied, il y a 26 ans, l’organisme a investi plus de 54,4 millions de dollars pour soutenir la recherche et sensibiliser la population, mais aussi pour procurer de l’aide concrète et du soutien aux personnes touchées par ce cancer.

La Clinique virtuelle, par exemple, donne un accès 24/7 gratuit à des médecins et à du personnel infirmier. Sur Facebook, les groupes de soutien mis en place par la Fondation permettent aux membres de partager leur expérience avec leurs pairs et de trouver réconfort et écoute. L’organisme vient aussi en aide financièrement aux familles dont le budget est ébranlé par la maladie. Depuis 2019, près de 500 personnes ont reçu une telle aide.

En toute simplicité

Un réseau de soutien fort est important, Alexandra peut en témoigner.

« Notre famille et nos amis ont été extraordinaires, mais aussi des gens de notre entourage plus éloigné qui ont accompli pour nous des gestes d’une grande gentillesse. Des gestes simples, mais tellement réconfortants. »

Des mots d’encouragement, des petits plats, un coup de pouce avec le ménage.

En rémission, Alexandra est maintenant de retour au travail. « Ça fait du bien de m’occuper des problèmes des autres au lieu des miens », lance-t-elle. « Je ne sais pas de quoi sera fait l’avenir pour moi, mais aussi pour mes filles qui pourraient porter le même gène. Mais je n’ai pas de contrôle là-dessus. Je lâche prise et je vis au jour le jour, dans la simplicité. »

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