Virée dans la Petite-Nation

Et au milieu coule une rivière

Saint-André-Avellin — Il suffit parfois de peu pour partir à l’aventure. L’appel de la viande fumée, par exemple, à déguster au bord d’un joli ruisseau à Duhamel, chez Carbo Barbecue, justifie amplement une escapade au nord de l’autoroute 50, le long de la rivière Petite-Nation. En chemin, randonnée, visites et baignade creusent l’appétit pour le festin de fin de journée.

On commence l’exploration aux chutes de Plaisance, à environ une heure et demie du centre de Montréal. Le site est rouvert depuis deux semaines seulement et les droits d’entrée sont très abordables (de gratuit à 7 $, selon l’âge).

Les lieux comprennent un sentier pédestre de 1 kilomètre, menant de la tête au pied des chutes (dénivellation de 63 m), un belvédère, des aires de repos et des tables de pique-nique. Apportez un lunch (léger !) et mangez au son des chutes, bien tonitruantes et énergisantes.

À l’aller ou au retour, on peut aussi s’arrêter dans le pavillon à l’entrée, qui retrace l’histoire de l’ancien village industriel de North Nation Mills. Les férus de patrimoine peuvent même faire les circuits proposés sur le site des chutes.

Amateurs de plein air : vous pouvez également (ou plutôt) commencer votre découverte de la région par une matinée au parc national de Plaisance, où les gens se bousculent au printemps pour voir le spectacle de milliers de bernaches du Canada qui s’y prélassent. L’été, on y fait de la randonnée pédestre, de l’observation de faune, du vélo et de la pêche. Toutes les embarcations à pagaie sont également proposées en location et permettent de sillonner marais et baies.

Produits locaux

Pour monter vers le village de Saint-André-Avellin, le rang Saint-Louis est plus bucolique que l’autoroute de l’Outaouais (50) et la route 321. Mais cette dernière vous mènera directement au casse-croûte La dame de cœur, si une envie soudaine de poutine vous prenait ! N’oubliez toutefois pas le repas costaud qui vous attend à la fin de ce petit road trip.

Afin de découvrir les produits plus nichés de la région, il faut s’arrêter au dépanneur spécialisé Le Brasse-Camarade. Ici, on croirait pénétrer dans un de ces magasins généraux qui font le charme de tous les petits villages vermontois. Le choix de bières artisanales est bien entendu impressionnant. Arrivez au bon moment et peut-être tomberez-vous sur une rare bouteille de Pommes perdues, micro-cidrerie du coin. Tuyau : la cuvée Pommes d’automne 2019 sort incessamment dans les quelques points de vente choisis par le tandem de cueilleurs de fruits sauvages.

Les propriétaires du Brasse-Camarade, Véronique Filion et Frédéric Joly, mettent aussi de l’avant bon nombre de produits alimentaires de leur région, qu’il s’agisse de viandes, de fromages, de chocolats, de condiments, de fruits et légumes ou d'autres petits trésors locaux. Quelques tables et chaises disposées à l’intérieur et sur la galerie avant permettent de prendre un café et une pâtisserie sur place.

La valise de la voiture bien remplie de victuailles, on reprend la route vers le vignoble Fragments. N’ayant pour l’instant rien à vendre – les premières vendanges complètes se font par les nouveaux propriétaires cet automne –, le domaine ne se visite que sur rendez-vous. On peut toutefois suivre les réseaux sociaux de Fragments pour connaître les évènements sporadiques qui s’y tiennent, comme la visite de l’équipe de Menu Extra ce week-end (dont Camilo Nascimento-Lapointe, gagnant des Chefs !, et Francis Blais, gagnant de Top Chef Canada). Pour en savoir plus sur l’ancien Domaine des Météores, vous pouvez lire notre reportage sur le sujet dans la section Gourmand d’aujourd’hui (écran 14).

À l’eau !

Après une promenade dans les vignes sous un soleil de plomb, il est temps de se rafraîchir. Ce ne sont pas les points d’eau qui manquent dans la Petite-Nation. On peut se baigner dans la magnifique rivière qui serpente à travers champs et forêts. Renseignez-vous auprès des « gens de la place » pour connaître les meilleurs accès.

L’option plus évidente est de faire escale au majestueux lac Simon. La plage municipale se trouve sur la pointe sud. Le Centre touristique du Lac-Simon, lui, est situé à l’extrême nord du bassin. Avec sa plage de 2 kilomètres et ses eaux cristallines, ce lac est un des joyaux de l’Outaouais. On peut le parcourir à la nage, en canot, en kayak ou en surf à pagaie. Les embarcations se louent directement sur place.

Du barbecue comme au Texas

Le moment tant attendu de se remplir la panse est enfin arrivé ! Si vous avez opté pour une baignade au Centre touristique, vous êtes à sept petites minutes de voiture de votre gueuleton. Lorsqu’il fait beau, on s’assoit bien entendu aux tables à pique-nique installées à côté du ruisseau (n’oubliez pas votre chasse-moustiques !). L’apéro n’aura jamais été aussi bon. Bière et vin sont vendus sur place.

Le menu du Carbo est imposant, sans doute pour desservir une communauté qui n’a pas l’embarras du choix, côté restauration. Il y a de la pizza, du macaroni au fromage, de la poutine. Mais c’est surtout pour les viandes du fumoir et les sauces barbecue maison que les motocyclistes et motoneigistes font le détour.

Martin Carboni et Fanny Cherubini, qui se sont rencontrés en travaillant en restauration à Montréal, ont racheté Chez Pépère, à Duhamel, il y a un an. Bien qu’il ait étudié la cuisine italienne à l’ITHQ, Martin avait surtout gagné sa vie en salle. Les chaudrons, c’était pour le plaisir.

Mais pendant un voyage en Caroline du Nord, en Caroline du Sud et en Géorgie, pour goûter aux meilleurs barbecues du sud des États-Unis, il a attrapé le virus de la cuisson lente et a voulu en faire sa spécialité. Il rêve d’un stage au mythique Franklin Barbecue, à Austin, au Texas. En attendant, le couple a donné le nom du célèbre restaurant à son jeune labrador fou !

« C’est Fanny qui m’a donné le coup de pied au derrière pour quitter Montréal et partir notre projet », raconte Martin. L’énergique Française, elle, a grandi dans une pizzeria en Ardèche, puis vécu à Paris. La voici, en 2020, au pays du ski-doo, à administrer un restaurant et à servir du porc effiloché, du brisket et des côtes levées aux habitants du coin, puis à des Montréalais en quête de dépaysement !

La viande du Carbo est d’une tendreté exceptionnelle et bien goûteuse. Les frites sont profondément dorées et craquantes. Le pouding chômeur, lui, finira de vous achever ! Tant qu’à faire le voyage, on repart avec des paquets de viande et des plats cuisinés sous vide, à conserver au congélateur.

Lorsqu’on l’interroge sur les charmes de sa région, Martin nous parle de l’auberge Couleurs de France, en bordure du petit lac Preston, qui offre de beaux forfaits en nature aux visiteurs tentés de se poser dans la région pour quelques jours.

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