Droit au but

Non aux crédits de carbone bidon

C’est précisément ce qu’il ne fallait pas faire.

Alors que le marché du carbone commun entre le Québec et la Californie souffre d’un déficit de crédibilité parce que les prix stagnent, voilà que Québec accordera des crédits à des gens qui ont planté des arbres… il y a 30 ans. Misère ! Oui, les arbres plantés il y a trois décennies captent du carbone. Mais le but de ce marché est de générer de nouvelles réductions de GES, pas de récompenser des initiatives qui se sont faites depuis belle lurette. La réglementation fédérale interdit pourtant les projets vieux de plus de cinq ans pour de tels crédits dits « compensatoires ». En plus de défier la logique, ces crédits bidon viendront exacerber un problème : le fait que l’offre soit trop grande pour la demande sur le marché québéco-californien, ce qui fait que les prix ne grimpent pas au rythme souhaité. Le prix du carbone au Québec végète à 35 $ la tonne, alors que celui imposé par le fédéral aux provinces qui n’ont pas leur propre système, comme l’Alberta, passera à 65 $ la tonne en avril. Il est sidérant de constater qu’au lieu de resserrer l’offre pour faire monter le prix à un niveau plus raisonnable, le gouvernement du Québec vient d’empirer le problème.

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