Entrepreneuriat

De l’aide de la Caisse pour les présidentes

La Caisse de dépôt et placement du Québec a les entreprises à propriété féminine dans sa ligne de mire. Elle veut accélérer leur croissance. Pour ce faire, elle lance le programme « Cheffes de file ».

Incarnée dans une plateforme numérique, Cheffes de file vise les entreprises en croissance qui ont au moins trois ans d’existence et un chiffre d’affaires de 5 à 20 millions. 

« On cible celles qui veulent passer à un autre niveau », précise Michèle Boisvert, première vice-présidente, rayonnement des affaires, de la Caisse de dépôt. « Plusieurs initiatives existent déjà, mais elles sont souvent dirigées vers les entreprises en démarrage. Les plus grandes ont besoin d’expertise, d’une communauté et de flexibilité. Aller faire du réseautage ? Leurs dirigeantes ne le font pas. Elles ont besoin d’un appui pour être propulsées. Mais un appui flexible. »

La plateforme permettra notamment des échanges entre les femmes d’affaires. Des événements et des ateliers seront organisés. La Caisse profitera aussi de sa présence dans neuf pays pour mettre en contact les dirigeantes avec des sociétés d’ailleurs.

« Je l’ai fait de façon ad hoc dans le passé, dit Michèle Boisvert. Maintenant, ce sera plus organisé. Souvent, les femmes ne savent même pas que c’est à leur disposition. On leur envoie comme signal qu’on est là. »

Étendre les réseaux d’entraide

Environ 80 entrepreneures ont été approchées par la Caisse pour se joindre à Cheffes de file. Une quarantaine ont accepté l’invitation jusqu’ici. 

« Mon réseau d’entraide se trouve davantage à Montréal et Québec. On a plus tendance à développer nos réseaux dans les grandes villes. Cheffes de file va m’ouvrir à des gens en région. »

— Marie-Pier St-Hilaire, présidente d’Edgenda

« Par ailleurs, je vois la Caisse comme un partenaire intéressant pour l’avenir, un accélérateur pour m’ouvrir sur le monde, ajoute Mme St-Hilaire. Rendu à un certain stade, on ne peut plus qu’être opportuniste. Il faut passer de femme-orchestre à leader structurée. C’est un voyage très douloureux, principalement pour les femmes. La plupart aiment échanger, s’entraider, et ce n’est pas dans les réseaux traditionnels qu’on peut le faire. La Caisse l’a constaté. »

Il a fallu un an à la Caisse pour concrétiser une telle initiative et trouver une façon pertinente, à ses yeux, de soutenir les entrepreneures. Cela dit, Cheffes de file ne sera assortie d’aucune enveloppe financière. « Pas besoin d’un fonds à un tel niveau, estime Michèle Boisvert, car les entrepreneures ont du financement ou bien elles n’en ont pas besoin. L’écosystème de financement est suffisant. »

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