Musique

Le saxophoniste Manu Dibango succombe au coronavirus

La COVID-19 a emporté mardi le saxophoniste et chanteur camerounais Manu Dibango, mort en France à l’âge de 86 ans. Les réactions à sa disparition ont été nombreuses, partout dans le monde. La chanteuse béninoise Angélique Kidjo et le chanteur sénégalais Youssou Ndour ont salué ce « géant de la musique africaine » et parlé d’« une immense perte ». Né en 1933 à Douala, au Cameroun, Manu Dibango s’était installé en France en 1949. À cause des règles de confinement, les obsèques du saxophoniste auront lieu dans la stricte intimité familiale et un hommage lui sera rendu ultérieurement dès que possible.

— Agence France-Presse

Arts visuels

Rafael Lozano-Hemmer infecté à New York

L’artiste multimédia montréalais d’origine mexicaine Rafael Lozano-Hemmer a été déclaré positif à la COVID-19 lundi. Il estime avoir été contaminé à New York lors de la foire d’art contemporain Armory.

Promoteur du concept de l’architecture relationnelle, Rafael Lozano-Hemmer a été ironiquement victime de ces interactions sociales qui sont à la base de sa pensée. Faisant partie de la poignée d’artistes visuels du Canada ayant une notoriété internationale, il a annoncé sur sa page Facebook, lundi soir, qu’il venait d’apprendre qu’il avait été infecté par la COVID-19.

Il avait fait le test samedi, car il toussait beaucoup et avait de la fièvre. Par précaution, l’artiste de 52 ans, qui est asthmatique, s’est mis de lui-même en confinement deux jours après son retour, le 7 mars, de New York où il avait passé trois semaines. 

« Je pense que j’ai été infecté lors de la Armory Art Fair, dit-il en entretien téléphonique avec La Presse. J’ai passé beaucoup de temps avec une commissaire d’Istanbul à qui j’ai parlé deux semaines plus tard et qui m’a appris qu’elle avait été testée positive à la COVID-19. »

Rafael Lozano-Hemmer avait pourtant été prudent à New York, car il avait une grippe « normale ». Il se réjouit d’ailleurs que trois des assistants de son studio qui l’accompagnaient n’aient pas eu de symptômes jusqu’à présent. Depuis son retour au Québec, il vit chez lui dans une pièce à part, séparé de sa famille, qui est également en quarantaine, mais sans avoir aucun symptôme.

« Je commence à aller mieux. Comme j’ai dit à ma femme, je suis encore jeune ! Mais je suis encore au lit pour deux semaines. Je crois beaucoup à l’importance de la quarantaine. »

Rafael Lozano-Hemmer loue le système de santé québécois.

« J’ai constaté que c’est un très bon système, avec beaucoup d’attention pour les personnes, beaucoup d’information et de détails. »

— Rafael Lozano-Hemmer

L’artiste a d’ailleurs décidé de faire partie d’une étude clinique que vient tout juste de lancer l’Institut de cardiologie de Montréal pour vérifier l’efficacité de la colchicine, un anti-inflammatoire qui pourrait prévenir les complications découlant de la COVID-19.

Rafael Lozano-Hemmer continue de travailler sur son ordinateur et de rester en contact avec son équipe de 15 personnes, mais il a dû mettre son studio en confinement le 15 mars. Il ne l’a pas fait de gaieté de cœur. « La culture est un secteur très sensible, mais je n’avais pas le choix, dit-il. Mes assistants sont jeunes et en forme, mais je ne voulais pas prendre de risques. Ironiquement, le Armory Art Fair a été un succès, car j’y ai vendu quatre œuvres. » 

Quatre œuvres représentent un beau magot. Rafael Lozano-Hemmer et son équipe créent des installations performatives ou interactives de grande ampleur, comme on a pu le voir lors de son exposition au Musée d’art contemporain de Montréal, en 2018.

Pour les semaines à venir, plusieurs de ses expositions dans le monde ont bien sûr été reportées, dont une à Washington, Speaking Willow, qui devait ouvrir en mai et une autre, Unstable Presence, qui devait débuter le 25 avril au Musée d’art moderne de San Francisco, repoussée si tout va mieux au mois de juillet. 

« Ma démarche artistique est de rassembler le monde, alors cette crise m’inspire un peu, dit-il. Je crois que ce qui me fait le plus de peine, c’est de voir que des gens ne peuvent se rendre aux funérailles de leurs proches. C’est le cas en Espagne, où j’ai vécu et où j’ai beaucoup d’amis. L’art est utile, j’imagine, pour faire son deuil, se souvenir et se rassembler. Après la crise, il faudra qu’une véritable idée de solidarité émerge, quelque chose qu’on a tendance à oublier dans notre monde consumériste. Car la COVID-19 touche tout le monde, les anonymes comme les artistes ou les millionnaires. Elle met tout le monde au même niveau. »

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