NOUVEAUX BALADOS !

Chaque semaine, retrouvez Marc Dumont, notre collaborateur spécial et animateur de nos tout nouveaux balados. L’histoire s’écrit et History in the Making sont consacrés aux espoirs des Canadiens et à l’avenir de l’équipe la plus titrée du hockey. La langue des épisodes alternera d’une semaine à l’autre. Lors des deux premiers épisodes en français, Dumont s’entretient respectivement avec l’entraîneur-chef du Rocket de Laval, Joël Bouchard, et le directeur au développement des joueurs, Martin Lapointe, alors que les espoirs Cole Caufield et Kaiden Guhle sont les invités d’honneur des deux premiers enregistrements en anglais. Trouvez-les dans votre application de balados préférée !

Voici quelques extraits du tout premier épisode avec Joël Bouchard :

MARC DUMONT : Joël, on parle de joueurs ; ce sont tous des individus. Il y a un individu du nom de Jesperi Kotkaniemi, qui est arrivé [à Laval] l’an passé, générant beaucoup d’attention. Tu as pris une approche un peu différente, avec lui. Évidemment, la Ligue américaine est différente de la Ligue nationale. Tu avais un peu plus de temps. Peux-tu expliquer le processus mis en place pour Jesperi et les résultats que tu as vus lors de son passage dans la Ligue américaine ?

JOEL BOUCHARD : Ma discussion avec lui, ç’a été : « Je comprends certains de tes points, mais il y a d’autres points qui devront changer pour toi. Pas pour moi, mais pour toi », parce que le hockey, ce n’est pas un buffet. Un joueur ne peut pas dire : « Moi, je veux faire ça, ça je n’aime pas ça, donc je ne le ferai pas. » Surtout que notre but et le but de Kotkaniemi, c’est qu’il devienne un joueur de premier trio, un joueur complet, un joueur de premier plan. Donc, il y a eu des discussions et des échanges entre nous. Parfois, il était plus ou moins d’accord avec certaines philosophies, mais il avait une ouverture d’esprit et je lui disais : « Regarde, on va travailler ensemble, on va l’essayer. »

J’ai vu une progression dans son jeu sur ces détails précis et je pense qu’il a commencé à y prendre goût. Puis, évidemment, je pouvais le mettre dans des situations où Claude [Julien] avait peut-être une moins grande marge de manœuvre. On s’entend sur le fait que le travail de Claude est différent du mien. Claude a été dans la Ligue américaine : il savait quel travail que je pouvais faire. Si Kotkaniemi avait une bonne attitude, il jouait sur le premier avantage numérique ; du temps de jeu digne d’un joueur de premier plan. Je pouvais me le permettre même s’il faisait quelques erreurs ou s’il avait des faiblesses, parce que c’était ça, mon travail. Tant qu’il avait une bonne attitude. Et ça n’a jamais été un problème, l’attitude. On a aussi vécu des moments amusants durant les entraînements. Des choses qu’il a faites…

J’ai aussi essayé de lui expliquer la vision d’un entraîneur. Parfois, c’est bien qu’un joueur comprenne ce que l’entraîneur doit faire et comment il y parvient. J’essayais de lui dire : « Les joueurs de premier plan ont un partenariat avec l’entraîneur. Je sais que tu es un joueur de grand talent. »

Je ne vous ferai pas de cachettes : aucun joueur ayant mis les patins à la Place Bell l’an passé – d’une équipe adverse ou de notre équipe, pendant les deux années où j’y étais – n’avait autant de talent que Kotkaniemi. Il faisait des choses pendant les entraînements et dans les matchs que je n’ai pas vu d’autres joueurs faire. Son talent – on le voit tous – il est là. Les joueurs de talent aiment souvent avoir une certaine latitude, une certaine liberté. On entend : « Mais, moi, j’aimerais qu’il me laisse jouer » … Sauf qu’il y a une façon avec laquelle on laisse quelqu’un jouer. On a travaillé ça lors des entraînements. J’ai essayé de lui expliquer ce qu’un entraîneur accepte dans la Ligue nationale et ce qu’un entraîneur n’accepte pas : c’est une espèce de partenariat que tu dois faire.

MD : Maintenant, parlons de Ryan Poehling. C’est un joueur auquel je me suis beaucoup attardé. Tout le monde lui a accordé beaucoup d’attention. C’est un joueur qui s’est fait tirer à gauche et à droite. Ç’a été occupé pour Ryan Poehling. Qu’as-tu pensé de sa saison?

JB : Je pense que tu l’as bien résumé, ç’a été occupé. Ç’a été beaucoup à gérer. Il ne faut pas oublier que les gars partent de niveaux inférieurs. Ils partent de la NCAA, du junior ou de l’Europe et ils arrivent au niveau professionnel avec tout ce que ça peut comporter. Dans son cas, les Canadiens avaient besoin de joueurs. À un moment donné, il a été rappelé et est revenu [à Laval]. Je trouve qu’il a eu beaucoup d’expérience et, ce dont je suis le plus content, c’est que ses sept ou huit derniers matchs avec nous avant qu’il ne se blesse et avant la COVID ont été ses meilleurs. Tout le monde le voyait, on le sentait. Je pense qu’il avait finalement trouvé sa niche. Je pense qu’il était de plus en plus à l’aise. Un tireur, on le remarque tout de suite. Dans le cas de Ryan, c’est un joueur qui doit être un centre sur 200 pieds. Donc, il y a beaucoup petits aspects du jeu [à maîtriser] pour un centre de son style. C’est beaucoup d’informations, ça demande beaucoup d’expérience, mais je suis vraiment content de la façon dont sa saison s’est terminée.

Cette transcription a été modifiée à des fins de concision et de clarification.

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