Aline divise les fans de Céline

Aline provoque des réactions opposées chez les plus grands fans québécois de Céline Dion. C’est ce que nous avons constaté après avoir assisté, jeudi soir, à l’une des premières projections publiques du film de Valérie Lemercier, qui prend enfin l’affiche chez nous.

La Presse avait donné rendez-vous à Thomas Dallaire-Boudreault au cinéma Beaubien, dans l’arrondissement de Rosemont–La Petite-Patrie à Montréal. Créateur du compte Instragram @desmemesgais, qui compte 46 000 abonnés, le jeune homme de 29 ans, amateur de culture pop, n’est pas qu’un simple admirateur de Céline Dion ; c’est un connaisseur. Non seulement du répertoire de l’interprète, mais de tout ce qui l’entoure : entrevues, potins de coulisses, mode, alouette.

Thomas avait d’ailleurs « fait ses recherches » avant d’accepter notre invitation. Il s’était renseigné sur Valérie Lemercier, réalisatrice et coscénariste du long métrage, qui campe la diva de l’âge de 5 à 50 ans. C’est donc l’esprit ouvert qu’il s’est assis, dans une salle au cinquième remplie, pendant deux heures. Deux heures au cours desquelles nous avons entendu des rires et, surtout, quelques applaudissements.

« J’ai aimé ça ! a tranché Thomas, une fois sorti du cinéma. J’ai ri, j’ai pleuré. J’ai eu des émotions ! »

Contrairement à Claudette et Michel Dion, de passage au talk-show de Julie Snyder plus tôt cette semaine, Thomas Dallaire-Boudreault ne s’est pas offusqué des raccourcis empruntés par Valérie Lemercier pour raconter l’histoire d’Aline.

« Au niveau factuel, je pensais qu’elle allait prendre plus de libertés. Il y a beaucoup de choses qu’on trouve dans des biographies sur Céline, et même dans des extraits de DVD, qu’elle reprend telles quelles. »

— Thomas Dallaire-Boudreault

« J’ai trouvé que c’est un film extrêmement bienveillant. La famille Dion paraît super bien. Les personnages sont bien développés. C’est un bel hommage. »

Le Montréalais a particulièrement apprécié la première partie d’Aline, qui relate les tout débuts de l’artiste. Il encense également la performance de Danielle Fichaud, qui incarne Sylvette Dieu, alias Maman Dion.

Du côté des bémols, Thomas signale la mort escamotée de René Angélil (ou plutôt Guy-Claude Kamar, joué par Sylvain Marcel), la scène du « Votican » (au lieu de « Vatican »), la deuxième moitié du long métrage, un peu longuette et anecdotique… et l’accent de Valérie Lemercier.

« C’est un film awkward [bizarre], mais ça marche. Parce que Céline est awkward. »

« Vraiment poche »

Le verdict favorable de Thomas Dallaire-Boudreault contrastait avec l’évaluation d’Estevam Peric et de Maxence Garneau, deux autres énormes fans de Céline Dion, recueillie plus tôt dans la journée.

Aux yeux d’Estevam Peric, Brésilien d’origine qui s’est installé au Québec par amour pour Céline Dion, Aline rate complètement la cible. Après avoir passé les 25 dernières années à suivre assidûment la carrière de son idole, il déplore les « erreurs de dates » qui ponctuent le long métrage.

« Ça manque de réalisme. Céline a toujours été un livre ouvert. Je crois qu’elle [Valérie Lemercier] avait assez de matériel pour éviter d’inventer des histoires. »

— Estevam Peric, en entrevue téléphonique avec La Presse

Parmi les irritants, Estevam relève également la présence d’un personnage de maquilleur qui n’a jamais existé, et Maman Dion qui fume.

« J’ai trouvé ça vraiment, vraiment poche. Si j’avais été quelqu’un qui connaissait Céline en surface, j’aurais aimé ça. Mais ce n’est pas le cas. Pour utiliser le nom de Céline, il faut bien se renseigner et raconter l’histoire comme il faut. Il faut que ça soit à la hauteur ; pas une affaire tout croche ! »

« Tellement colon ! »

Devenu une star du web au printemps 2020 en recréant les looks marquants de Céline Dion sur Instagram, Maxence Garneau s’est montré tout aussi sévère qu’Estevam durant notre appel : Aline n’est pas un long métrage destiné aux fidèles disciples de l’étoile de Charlemagne.

« On dirait que c’est un film pour ceux qui aiment juste entendre parler de Céline au Bye bye. Pourtant, j’aime les parodies de Céline. Quand elles sont bien faites, comme celle de Marc Labrèche. »

— Maxence Garneau

Tout comme Estevam, il a été très agacé par les libertés prises par Valérie Lemercier, de même que par les prénoms donnés aux frères d’Aline : Jean-Bobin, Jean-Claudin, etc.

« Ça fait tellement colon ! », s’est-il exclamé.

Enfin, le recherchiste de 25 ans égratigne le jeu de Valérie Lemercier.

« Elle n’a pas la présence d’une star comme Céline. Quand elle danse à Las Vegas, c’est burlesque. On dirait une fille qui essaie de l’imiter à Secondaire en spectacle ! Quand elle chante River Deep, Mountain High, c’est zéro sexy ! Alors qu’avec Céline, c’est hot ! »

Aline est actuellement en salle.

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