À la rencontre DE

Julie du Page

Qu’elle se dirige sur le plateau de Salut Bonjour, qu’elle se glisse dans la peau de Sophie Duhamel dans la télésérie 5e rang ou qu’elle prenne la plume, Julie du Page semble détenir une précieuse recette : celle d’un bonheur simple, cultivé au jour le jour. L’âme philosophe, elle nous raconte de quoi il est fait.

Une grande question pour débuter : le bonheur pour vous, qu’est-ce que c’est précisément ?

Le bonheur pour moi – et depuis deux ans, on s’en rend compte plus que jamais – se trouve vraiment, vraiment dans les petites choses de la vie. Il peut être n’importe où, du moment où je suis avec les gens que j’aime. Au sens plus large, le bonheur se présente quand tu arrives à être en pleine possession de tes moyens et que tu deviens maître de ton destin, en quelque sorte. 

Comment votre définition du bonheur s’est-elle transformée au fil des années ?

Quand j’étais plus jeune, j’avais l’impression que le bonheur devait forcément être grandiose et qu’il était toujours dans le futur. « Quand je ferai ça, quand j’aurai ça, quand j’atteindrai ça… » Finalement, à vivre comme ça, tu passes à côté de plein de choses.

« Il n’a pas besoin d’être flamboyant ou incroyablement grand pour s’appeler bonheur. »

— Julie du Page

La famille est visiblement une valeur très chère à votre cœur. Comment cultivez-vous cet esprit familial au quotidien maintenant que vos adolescents gagnent en indépendance ?

J’essaie de maintenir le lien que j’ai avec eux et d’ouvrir le dialogue. À la maison, il n’y a pas de sujets tabous et pas de questions niaiseuses. J’ai toujours tenu à ce que mes enfants puissent s’exprimer avec confiance et développer leur esprit critique.

« Depuis que nos enfants sont tout petits, pour mon mari et moi, les repas en famille sont sacrés. C’est souvent pendant les repas que les langues se délient. Ce rituel-là, à travers les années, il a pris tout son sens. »

— Julie du Page

Qu’est-ce que vous aimeriez qu’ils retiennent de ces précieuses années sous votre aile ?

J’ai beaucoup valorisé le travail, l’effort et la curiosité. Je leur ai toujours dit : « Si tu es paresseux dans la vie, tu n’arriveras pas à grand-chose, même si tu es intelligent. » On sous-estime aussi beaucoup la gentillesse. Les vrais gentils, c’est quelque chose d’extrêmement précieux, parce que c’est une valeur qui se perd. Je suis aussi très sensible à la délicatesse et à toutes ces petites attentions qui sont parfois si émouvantes.

Parlons boulot. Vous portez plusieurs chapeaux professionnels : actrice, chroniqueuse, animatrice, blogueuse… Votre plus grand bonheur professionnel, où le trouvez-vous ?

Il tient justement du fait que je fais plusieurs choses. Évidemment, c’est parfois stressant d’être pigiste, mais je trouve ça très enivrant d’entreprendre des projets qui sont tous différents. Dans la mesure où j’apprends, où je peux me dépasser et où les choses ne sont jamais ennuyeuses, je le trouve, mon bonheur.

Vous avez récemment rejoint le cercle prestigieux des égéries de Lancôme. Pourquoi avoir choisi de vous associer à cette marque ?

Je trouve que, dans la vie, il n’y a pas de hasard et ça fait partie des souvenirs de petite fille que j’ai de voir ma mère utiliser des produits Lancôme. J’ai assisté à sa routine beauté, et si je ferme les yeux, je suis encore capable d’avoir un souvenir olfactif très présent de sa crème Bienfait du matin. Il y a quelque chose de très touchant dans cette idée de transmission qui se poursuit d’une génération à une autre.

Au quotidien, avez-vous des rituels pour prendre soin de votre bien-être ?

J’aime être entourée, mais je ne sais pas comment font les gens pour l’être tout le temps, tout le temps. J’ai vraiment besoin de m’isoler dans ma bulle pour écrire, pour me retrouver, pour réfléchir. Pour mieux repartir aussi. Et je n’ai jamais pensé que j’étais manuelle, mais pendant la pandémie, j’ai commencé à restaurer des meubles chez moi. Et là aussi, quand tu décapes, tu peins ou teins un meuble, ça t’amène à être dans le moment présent. C’est très salvateur.

Le week-end, le bonheur, c’est…

De pouvoir flâner le matin len-te-ment. Ça n’a pas de prix.

Pour m’évader, je…

Lis. Je fais énormément d’insomnie, et le livre m’apaise. Il empêche le petit hamster de prendre toute la place.

Un livre qui m’a profondément marquée…

Un certain Paul Darriguand, de Philippe Besson, est un livre qui m'a énormément remuée dernièrement. La façon dont il raconte ses souvenirs de jeunesse empreints de nostalgie, sa découverte de l'amour et sa poésie m'ont fait verser quelques larmes.

Le trait de caractère qui m’attire chez l’autre…

L’intelligence. C’est comme un aimant pour moi.

Un bonheur d’enfance que j’aimerais retrouver…

L’insouciance, et particulièrement celle des étés à Magog avec ma gang d’amis. L’insouciance, c’est l’apanage de la jeunesse; on ne peut plus la retrouver.

Ce texte provenant de La Presse+ est une copie en format web. Consultez-le gratuitement en version interactive dans l’application La Presse+.