Noyade d'un jeune dans une piscine publique

L'heure est à la prévention, plaide la famille de la victime

Samedi dernier, passé minuit, Sylvano Tshiunza Jr. et son cousin s’ennuyaient et avaient chaud. Les deux ados téméraires ont alors entrepris de se baigner en pleine nuit dans la piscine Maisonneuve, dans l’arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve. Mais l’aventure s’est mal terminée, avec la mort par noyade de Sylvano. Ses parents endeuillés s’interrogent sur la sécurité des piscines publiques, mais surtout, ils exhortent les parents d’enfants n’ayant pas de piscine à leur faire suivre des cours de natation.

« Il a eu quelques cours de natation, mais c’était sommaire. Il n’a jamais appris à nager en eaux plus profondes », explique Sylvano Tshiunza Sr., le père de la jeune victime. De son enfance à Hamilton, en Ontario, jusqu’à sa préadolescence dans le secteur de Chomedey, à Laval, « Junior » n’a jamais eu accès à une piscine ou un lac, explique l’homme d’origine congolaise.

Dans l’étroit logement lavallois, les cinq frères et sœurs du défunt acquiescent.

« On a eu des cours à l’école. Mais ce n’est pas suffisant. Il ne faut pas apprendre à se baigner, mais apprendre à se sauver ou à venir en aide à quelqu’un en danger. »

— Jovianne, grande sœur de Sylvano

L’adolescent était en visite chez son cousin de 15 ans vendredi dernier. En pleine nuit, le duo décide d’aller se rafraîchir à la piscine du coin. Il escalade rapidement la clôture.

Le jeune Sylvano s’est déjà baigné, mais il ne sait pas nager en eaux profondes. Lorsqu’il dérive et montre des signes de panique, son cousin essaie de le rattraper, en vain. Traumatisé, il retourne chez lui et prévient sa famille.

Le corps de l’adolescent de 13 ans a été repêché vers 4 h par le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

Sécurité autour des piscines publiques

Les parents du jeune Tshiunza se posent des questions. Une clôture protège la piscine, certes, mais l’adolescent l’a escaladée avec facilité. Aucun cordon ne séparait les zones de baignade, affirment le père et Shadrac Tshiunza, le frère du garçon. Il était présent peu après les faits. « Ce n’est pas pour excuser ce qui s’est passé. Mais les piscines publiques ne devraient pas être facilement accessibles la nuit. »

L’accès à la piscine était verrouillé et aucune défaillance n’a été identifiée sur les lieux de l’installation, avait affirmé la Ville de Montréal au lendemain du drame.

Le dossier demeure entre les mains du Bureau du coroner.

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Nombre de noyades non officielles pour l’année 2021 recensées par la Société de sauvetage en date du 21 juillet, comparativement à 53 noyades à pareille date en 2020

Source : Société de sauvetage

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