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L’AVC en dix questions

L’AVC – ou l’accident vasculaire cérébral – constitue la troisième cause de décès au pays et figure parmi les principales causes d’incapacités graves. Au Canada, environ 62 000 cas surviennent chaque année, soit un toutes les neuf minutes. Et plus de 13 000 personnes en décèdent. Un AVC peut donc avoir des répercussions considérables sur la santé et la vie humaines.

1.Qu’est-ce qu’un AVC  ?

«  L’AVC constitue une urgence médicale  », affirme Francine Forget Marin, directrice Affaires santé et Recherche, Québec, à Cœur + AVC. Il se produit lorsqu’une partie du cerveau se trouve brusquement privée de sang. L’interruption de la circulation sanguine ne permet plus un apport suffisant en oxygène et en éléments nutritifs. Cela entraîne alors la mort des cellules cérébrales (neurones) au niveau de la région affectée.

2. En existe-t-il plusieurs types  ?

Les experts distinguent deux principaux types d’AVC, dont les causes se révèlent totalement différentes, soit l’AVC ischémique et l’AVC hémorragique. Le premier se produit lorsqu’un caillot sanguin bloque une artère cérébrale. C’est le plus fréquent puisqu’il représente environ 85 % de tous les cas. Le second survient lorsqu’il y a rupture d’un vaisseau sanguin dans le cerveau. C’est le moins courant puisqu’il compte pour environ 15 % de tous les cas.

3. Qui est à risque  ?

Bien qu’il puisse se produire à n’importe quel âge, l’AVC touche plus souvent les personnes âgées – après 55 ans, le risque d’AVC double tous les 10 ans. Cet accident se révèle également plus fréquent chez les hommes que chez les femmes. Cependant, plus de femmes que d’hommes en meurent.

4. Quels sont les facteurs de risque  ?

Outre l’âge, plusieurs facteurs peuvent augmenter le risque d’AVC. «  L’hypertension artérielle constitue le facteur de risque le plus important  », assure Mme Forget Marin. Les personnes qui souffrent de fibrillation auriculaire, de diabète ou d’hypercholestérolémie (taux élevé de cholestérol) se trouvent aussi plus à risque, de même que celles qui fument.

5. Pourquoi faut-il agir rapidement  ?

«  Lorsqu’une personne est victime d’un AVC, chaque seconde compte puisque les cellules cérébrales meurent au rythme de 1,9 million par minute après l’incident  », explique Mme Forget Marin. Plus le délai est long avant le traitement, plus le risque de lésions permanentes au cerveau augmente. Savoir reconnaître les symptômes et signaler immédiatement le 911 s’avère donc vital.

6. Quels sont les signaux d’alerte  ?

Les symptômes de l’AVC se manifestent subitement. Pour vous en souvenir, retenez l’acronyme VITE, qui signifie : 

Visage – Est-il affaissé  ?

Incapacité – Pouvez-vous lever les deux bras normalement  ?

Troubles de la parole – Avez-vous un trouble de prononciation  ?

Extrême urgence – Composez le 911.

D’autres symptômes peuvent également se révéler tels une perte de la vue (particulièrement dans un seul œil), un mal de tête intense et inhabituel et une perte de l’équilibre (surtout si elle s’accompagne des signes mentionnés ci-dessus).

«  Le fait de reconnaître les signes et de réagir VITE peut faire la différence entre la vie et la mort, ou entre un rétablissement complet et une incapacité permanente.  »

 – Francine Forget Marin, directrice Affaires santé et Recherche, Québec, à Cœur + AVC

7. Quelles sont les séquelles possibles  ?

Les séquelles d’un AVC varient non seulement en fonction de la région touchée, mais aussi de l’ampleur des dommages. L’AVC peut, entre autres, laisser la moitié du corps paralysée, entraîner des troubles d’élocution, de vision, de mémoire et de coordination, ou encore affecter la capacité de penser, de comprendre, de planifier, de raisonner, de lire et d’écrire, ou pire, provoquer la mort.

8. Peut-on le traiter  ?

Oui. L’AVC ischémique peut être traité par thrombolyse, qui consiste en l’injection d’un médicament intraveineux qui permet de dissoudre le caillot bloquant la circulation sanguine du cerveau. Il peut aussi se traiter par thrombectomie endovasculaire, qui consiste à aller chercher directement dans le vaisseau sanguin du patient, par cathéter, le caillot responsable du blocage. Dans le cas d’un AVC hémorragique, une chirurgie s’avère parfois indiquée pour réparer l’artère rompue ou pour procéder à l’évacuation de l’hématome (hémorragie) dans le cerveau.

9. Peut-on le prévenir  ?

Comme pour toute maladie cardiovasculaire, vous pouvez réduire votre risque de subir un AVC par une saine alimentation, l’activité physique, la vie sans fumée, l’absence ou la consommation modérée d’alcool et un poids corporel santé. Contrôler votre pression artérielle et votre taux de cholestérol constituent d’autres mesures de prévention essentielles à adopter.

10. Qu’est-ce qu’un mini-AVC  ?

Chaque année, des milliers de Canadiens subissent un accident ischémique transitoire (AIT), aussi appelé «  mini-AVC  ». Les symptômes de l’AIT ressemblent à ceux de l’AVC, sauf qu’ils disparaissent après quelques minutes. L’AIT constitue un signal d’alarme important, car les gens qui ont subi cet accident connaissent un risque plus grand que la population en général de souffrir d’un AVC au cours des prochains jours. Les victimes d’un AIT devraient donc consulter rapidement pour éviter l’AVC.

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