La Maison ronde

Une porte ouverte sur un meilleur avenir

Depuis son ouverture en 2015, la Maison ronde a progressivement gagné en popularité, tant pour son café, qui offre des  mets autochtones, que pour le programme de préemployabilité, qui permet à des personnes des Premières Nations et Inuits d’améliorer leur sort.

Au cours des sept dernières années, le Café de la Maison ronde, le seul café autochtone à Montréal, administré par L’Itinéraire, a su peaufiner son menu et diversifier ses recettes de pains banniques salés et sucrés, de tacos autochtones, ses cafés de toutes sortes et autres délices d'inspiration autochtone.

Le Café, situé au cœur du square Cabot à côté du métro Atwater, est fréquenté par des populations autochtones et des travailleurs des bureaux environnants, en plus d’attirer une clientèle venue de partout, curieuse de découvrir ce lieu unique.

Unique, elle l’est parce que le Café sert également de plateau de travail pour des jeunes Autochtones qui sont éloignés du marché du travail depuis longtemps. Ils peuvent faire des quarts de travail de quelques heures comme baristas et aides à la préparation et au service.

Pour la plupart d’entre eux, les chemins qui les ont menés à la Maison ronde ont été semés d’embûches et de défis, allant de problèmes de consommation à l’itinérance. Le programme est un premier pas pour s’en sortir. Car le simple fait de se présenter à l’heure et de travailler quelques heures d’affilée est pour plusieurs d’entre eux une amorce vers une réintégration dans le monde du travail.

Accueillis peu importe où ils sont rendus

Dispensé en deux volets, le programme Maison ronde connaît un succès grandissant, notamment en raison du bouche à oreille et des recommandations de cohortes passées.

Marilou Maisonneuve, chargée de projet de la Maison ronde explique : « C’est un endroit où on peut manger et boire autochtone, mais c’est plus encore. C’est aussi un endroit pour que les Autochtones, peu importe où ils sont rendus dans la vie, puissent venir travailler et développer des compétences de vie et d’employabilité. »

Le volet 1 est destiné aux personnes qui en sont à leur première incursion à la Maison ronde. « Cette année, on a une quinzaine de participants au volet 1 qui font chacun un quart de travail au Café par semaine. On a même une liste d’attente. Certains reviennent, d’autres sont seulement de passage », informe la chargée de projet.

Le volet 2 est destiné à ceux et celles qui reviennent. Cette deuxième phase s’adresse aux 18-30 ans qui ont fait preuve d’une volonté d’aller plus loin. Ce deuxième volet est aussi conçu pour les gens qui veulent s’engager pendant six mois dans un processus de retour au travail ou sur les bancs d’école. « C’est une belle occasion de pouvoir s’orienter dans la vie et de voir quel emploi ils veulent ou s’ils souhaitent retourner aux études. Je leur dis d’en profiter, parce que ce n’est pas souvent qu’on dispose de six mois pour décider de ce qu’on veut faire dans la vie et d’être payé pour le faire », signale Marilou Maisonneuve, ajoutant qu’il y a encore plus de participants que les années précédentes.

Lorsqu’ils ne sont pas envoyés par des amis et connaissances, les participants sont aiguillés vers le programme par des partenaires de référencement comme le Foyer pour femmes autochtones de Montréal, Chez Doris, Projets autochtones du Québec et Montréal Autochtone, entre autres.

S’approprier la ville

En plus de travailler au Café, les jeunes du programme Maison ronde suivent des ateliers sur la recherche d’emploi, les attitudes à adopter et autres compétences professionnelles.

Ils bénéficient aussi de sorties au musée, dans des parcs, de visites de lieux emblématiques de la ville pour leur permettre de mieux s’orienter, puisque plusieurs d’entre eux viennent de l’extérieur du Québec.

« Nous avons un partenariat avec Espace pour la vie qui nous offre des entrées gratuites au Biodôme, au Jardin botanique, à l’Insectarium. Comme ça, ils s’approprient leur ville, les rendant plus autonomes. S’ajoutent à ça des activités autochtones, pour qu’ils s’identifient à leur communauté. »

— Marilou Maisonneuve, chargée de projet de la Maison ronde

Histoires de succès

Bien que le programme soit encore jeune, il compte des histoires de succès.

Taylor Morin, un jeune Cri de l’Ouest canadien qui s’est installé à Montréal l’an dernier, va super bien. Lorsqu’il est arrivé à Montréal, il ne connaissait personne, mais il est allé chercher l’aide dont il avait besoin pour rester loin de la consommation et trouver un toit permanent.

« Taylor revient souvent nous voir, dit Marilou Maisonneuve. Aux dernières nouvelles, il avait deux emplois, un en restauration et l’autre en conciergerie et vivait en appartement avec Simon, un Inuit qui a aussi participé au programme. Ils sont devenus de bons amis. Simon est en train de terminer son secondaire. Taylor et lui on créé un lien d’attachement. »

Plusieurs anciens participants gardent contact avec l’équipe de la Maison ronde et viennent faire leur tour. « Ça me dit que la Maison ronde est un lieu rassembleur et sécurisant. »

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