Service SVP

Le Tinder des restaurateurs

L’innovation

Un site d’emploi s’adressant aux restaurateurs et auxquels les employés potentiels peuvent s’inscrire pour des postes permanents, à temps plein ou partiel, ou des remplacements d’urgence. La plateforme fait les meilleures associations possibles et avise employeurs et candidats par textos anonymes pour les urgences et par courriel pour les postes permanents. En temps de COVID-19, on a mis l’accent sur le statut vaccinal et le recrutement de livreurs.

Qui ?

Calvin Suggit a été propriétaire de nombreux restaurants et bars à Montréal et travaillait dans les dernières années comme consultant dans ce domaine. Le recrutement, dans cette industrie, a toujours été un défi. « J’avais toujours derrière la tête l’idée qu’il devrait y avoir un meilleur système, raconte-t-il. Il n’y avait aucune standardisation, aucune efficacité, il n’y avait pas toujours de photos et c’était un processus long et ardu. »

Ses activités professionnelles interrompues par la pandémie, il a décidé de se consacrer à ce nouveau projet. Son ami Yannick Ferreri, un consultant en technologie, a recruté à son tour un expert en informatique, Chris Nasr, pour mettre sur pied la plateforme. Celle-ci a été lancée en version d’essai avancé, en « bêta », début décembre 2021. M. Suggit est le PDG, M. Ferreri, directeur des opérations, et M. Nasr, chef de la technologie.

Le produit

Au moment de l’entrevue avec La Presse, mi-décembre, Service SVP comptait une vingtaine d’employeurs à Montréal. Quelque 200 personnes s’y affichaient, par des biographies avec photo décrivant en moins de 300 mots leur expérience, leurs aptitudes et leurs disponibilités. Le fait d’avoir un permis de conduire pour pouvoir être livreur et le statut vaccinal ont été ajoutés avec les nouvelles restrictions annoncées par Québec.

La plateforme est accessible sur le web, à l’adresse servicesvp.com, par ordinateur ou en version optimisée pour appareil mobile. Quand un employeur a une offre, Service SVP repère les meilleurs candidats dans un secteur donné et leur envoie un courriel pour un emploi permanent, ou un texto pour une urgence.

L’employeur, jusqu’à ce moment, ne connaît pas les coordonnées du candidat. C’est quand ce dernier choisit ou non de rappeler l’employeur que les deux sont officiellement en contact.

« On a recruté des filles de vestiaire en dedans de deux heures, précise M. Suggit. Ça fonctionne vraiment, les employeurs l’utilisent pour du temps partiel, du temps plein, du saisonnier, des “gigs”. L’efficacité de Tinder pour le dating, je ne vois pas pourquoi ce ne serait pas reproductible sur le marché du travail. »

Les défis

Pour une plateforme à peine naissante, le recrutement d’employeurs n’a pas été très difficile. « On a eu un énorme intérêt de leur part, on en a même refusé parce qu’on voulait que ça reste limité », explique M. Suggit.

C’est plutôt le recrutement des jeunes candidats, notamment les 18-24 ans, qui s’avère plus laborieux que prévu. « On pensait qu’on leur ouvrait la porte, et c’est la première fois que l’employé a vraiment le contrôle. Quand j’avais 18 ans, je devais cogner à 30 portes. »

« Est-ce qu’[elle est] plus difficile à joindre, ou la jeunesse est un peu paresseuse et ne veut pas travailler ? On a ajusté l’offre pour faire valoir que ce sont des contrats le fun, avec des salaires au-dessus de la norme. »

— Calvin Suggit, PDG de Service SVP

Évidemment, lancer un projet en lien avec la restauration, alors que la COVID-19 ne s’essouffle pas, est un pari risqué. Mais que des restaurants ferment ou doivent ralentir leurs activités n’effraie pas trop le PDG. « Janvier est un mois tranquille, on va en profiter pour tester la plateforme. Et, quand ça va reprendre, on va avoir prouvé la solidité du concept, il va y avoir un gros volume de demande. »

L’avenir

Après Montréal, l’équipe souhaite déployer le réseau des employeurs et des candidats dans la grande région métropolitaine puis viser Trois-Rivières et Québec dès l’été prochain. Toronto, où les entrepreneurs ont « déjà des connexions et de l’intérêt », est dans la ligne de mire.

Personne ne paie un sou en ce moment pour utiliser Service SVP. « On a plusieurs idées de monétisation. Ça demeurera toujours gratuit pour les employés, et toujours gratuit pour une première inscription des employeurs. »

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