Formule 1

Hamilton émerge du chaos toscan

Le Britannique de l’écurie Mercedes signe sa 90e victoire en carrière

Mugello — Lewis Hamilton, de l’écurie Mercedes, a remporté dimanche, sur le circuit du Mugello, un Grand Prix de Toscane à la fois chaotique et historique, interrompu deux fois par un drapeau rouge.

Cette victoire a permis à Hamilton de se rapprocher à une longueur de Michael Schumacher. « Schumi » a gagné 91 fois en Formule 1, mais jamais au Mugello, propriété de Ferrari, pour la bonne raison qu’il n’avait jamais accueilli de Grand Prix.

Confortable leader au classement du championnat du monde, Hamilton en est désormais à 90 victoires grâce à ce tout premier Grand Prix de Toscane, ajouté au calendrier 2020 pour cause de pandémie de COVID-19.

« C’est dingue de se dire que j’ai remporté 90 Grands Prix », a dit en souriant le sextuple champion du monde après sa sixième victoire en neuf courses de cette saison pas comme les autres, entamée au début de juillet en Autriche.

Valtteri Bottas (Mercedes) et Alexander Albon (Red Bull) ont complété le podium, une première pour le jeune Thaïlandais, à son 24e départ, et un résultat historique pour son pays. Prince Bira avait disputé 19 Grands Prix de Formule 1 au début des années 50, mais n’avait jamais fait mieux que quatrième.

On retiendra aussi les deux interruptions en raison d’accidents et les nombreux abandons, dont ceux en début de course de Max Verstappen (Red Bull), le seul rival constant de Mercedes, et de Pierre Gasly (AlphaTauri), vainqueur surprise du dernier Grand Prix à Monza, il y a une semaine.

Le sextuple champion du monde britannique porte son avance à 55 points sur Bottas au classement des pilotes. Et à 80 points sur Verstappen, un gouffre.

C’était le 1000e Grand Prix de Formule 1 de l’histoire de la Scuderia Ferrari et, comme pouvaient le craindre les 3000 tifosi répartis dans trois tribunes, il n’y a pas eu de miracle : Charles Leclerc, parti de la cinquième place sur la grille, n’a terminé que huitième, et Sebastian Vettel, dixième.

Maigre consolation, les Ferrari, dans les points, font partie des 12 monoplaces ayant réussi à franchir la ligne d’arrivée au Mugello, cette piste « à l’ancienne » que les pilotes ont beaucoup appréciée.

Stroll victime d’une crevaison

Le Québécois Lance Stroll (Racing Point) a été contraint à l’abandon à la suite d’une violente sortie de piste.

Stroll roulait en quatrième place derrière Daniel Ricciardo (Renault) au 44e tour lorsqu’il a été victime d’une crevaison au pneu arrière gauche alors qu’il négociait un virage à plus de 270 km/h, propulsant sa voiture contre le muret de sécurité.

La télévision l’a montré s’extirpant lui-même de la voiture endommagée, avant d’être rapatrié en motocyclette vers les puits. Stroll luttait jusque-là pour un deuxième podium cette saison, après sa troisième place au Grand Prix d’Italie, la semaine dernière.

« Tout d’abord, je tiens à dire que je suis OK après cette grosse collision, a évoqué Stroll dans un communiqué. Nous enquêtons encore pour connaître la cause de l’accident. Ça s’est produit tellement rapidement ; on aurait dit une crevaison.

« C’est décevant, ce qui s’est produit, a-t-il ajouté sur son compte Twitter officiel. Nous étions en bonne position et luttions pour une place sur le podium ! Je suis soulagé d’avoir pu m’en sortir sans blessure, et j’aimerais remercier la Formule 1 et la FIA pour toutes les mesures de sécurité qui ont été adoptées au cours des dernières années. Nous reviendrons encore plus forts. »

Renault au pied du podium

Le podium a encore échappé à Renault, Ricciardo finissant quatrième au terme d’un dernier « sprint » de 12 tours, pour 12 voitures, après un troisième départ, deux drapeaux rouges et plus de deux heures de suspense.

« Je ris à l’extérieur, mais j’ai quand même un peu mal à l’intérieur », a réagi l’Australien, à la fois satisfait et frustré. Car Renault a encore creusé l’écart sur Ferrari au championnat des constructeurs.

Le premier incident a impliqué plusieurs monoplaces, dont la Red Bull de Verstappen, parti en troisième position, puis aussitôt victime d’une perte de puissance sur son moteur Honda. L’avarie du Néerlandais a surpris les pilotes derrière lui, dont Gasly, seulement 16e sur la grille.

« J’étais entre [Romain] Grosjean et [Antonio] Giovinazzi et je n’ai rien pu faire. C’est vraiment décevant. On pensait pouvoir remonter », a réagi le Français.

Après huit tours sous le régime de la voiture de sécurité, Bottas, qui avait pris un meilleur départ qu’Hamilton, menait la danse.

Mais dans le neuvième tour, alors que la voiture de sécurité s’écartait, le Finlandais a choisi de ne pas accélérer, provoquant une incompréhension des autres pilotes et un gros carambolage. Conséquence directe, les abandons de Nicholas Latifi, Kevin Magnussen, Antonio Giovinazzi et Carlos Sainz, et un drapeau rouge synonyme de nouvelle interruption.

Un deuxième départ a ensuite été donné, avec 51 tours à couvrir. Hamilton s’est immédiatement placé en tête, mais au 43e tour, alors que la bataille faisait rage pour une place sur le podium, la violente sortie de route de Stroll a provoqué un deuxième drapeau rouge.

Le dernier sprint a été globalement moins mouvementé, à l’exception du superbe dépassement de Ricciardo par Albon, à l’extérieur, pour son premier podium en Formule 1. Historique lui aussi.

Prochaine course : Grand Prix de Russie, le 27 septembre

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