Des travailleurs étrangers temporaires pour sauver les meubles

L’industrie du meuble québécois, c’est plus d’une centaine de PME dynamiques et innovantes, employant plus de 20 000 travailleurs dans des centaines d’emplacements à travers la province.

Premiers acheteurs de feuillus du Québec, fabricants de produits écoresponsables et de qualité, les acteurs de cette industrie sont au cœur de la stratégie nationale d’exportation. Nous aimons dire que lorsque l’industrie de la fabrication de meubles va bien, l’économie du Québec va bien, puisque la vitalité de nombreuses autres industries, notamment la foresterie, le textile, le fer et l’aluminium, en découle.

Personne ne remet en question l’expertise et la qualité du travail de nos fabricants et artisans du meuble. Mais force est de constater que la pénurie de main-d’œuvre frappe brutalement notre industrie, et que les régions où se trouve la majorité de nos membres sont particulièrement touchées.

Nos besoins en ressources humaines sont flagrants. Plusieurs de nos membres sont à bout de souffle, doivent annoncer des délais importants pour la livraison de commandes et ont peine à planifier des investissements dans leurs entreprises en raison de l’impossibilité de confirmer et d’embaucher de la main-d’œuvre.

La délocalisation, la fermeture d’usines et la concurrence étrangère sont autant de problèmes actuels qui préoccupent nos manufacturiers au quotidien.

Notre industrie déploie tous les moyens pour attirer, intéresser et retenir ses travailleurs, mais force est de constater qu’un soutien externe lui est maintenant indispensable. Ainsi, l’Association des fabricants de meubles du Québec demande au gouvernement de la soutenir en simplifiant le processus d’accueil des travailleurs étrangers temporaires.

Industrie de seconde zone

À l’heure actuelle, le gouvernement considère l’industrie du meuble comme une industrie de seconde zone. En effet, les métiers de l’industrie du meuble ne bénéficient pas du traitement simplifié comme d’autres emplois priorisés par le gouvernement. Sans action rapide et concrète pour nous permettre d’employer des travailleurs étrangers temporaires, c’est toute l’économie du Québec qui en souffrira, car nous ne pourrons répondre à la demande. Notre industrie regorge d’opportunités, mais le manque de main-d’œuvre freine nos ardeurs. Et pourtant, la solution est à portée de main.

Récemment, la CAQ a mentionné vouloir que le Québec soit maître de son destin en acquérant la totalité des pouvoirs en matière d’immigration. Nous souhaitons par-dessus tout que cette position facilite également l’accueil de travailleurs étrangers. Nos manufacturiers de l’industrie du meuble auraient ainsi accès aux ressources humaines nécessaires pour gérer leurs entreprises avec productivité.

Le gouvernement doit comprendre : les contrats et les commandes s’accumulent, et des emplois sont disponibles dans nos usines. Mais malheureusement, la pile de CV est bien mince pour continuer de participer pleinement à la croissance économique du Québec.

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