Climat

Après un mois de juillet aux températures près de la moyenne au Québec – mais catastrophiques ailleurs dans le monde –, le mois d’août s’annonce plus chaud que la normale, selon les prévisions d’Environnement Canada.

Environnement Canada

Le mois d’août devrait être plus chaud que la normale

Le mois d’août devrait être plus chaud que les normales saisonnières cette année au Québec, selon Environnement Canada, après un mois de juillet assez près de la moyenne.

C’est ce que suggère la dernière prévision de température mensuelle publiée par l’agence fédérale. Les précipitations devraient quant à elles se situer sous les moyennes saisonnières, ajoute Dominic Martel, météorologue chez Environnement Canada.

Ce dernier prévient toutefois que les prévisions mensuelles sont à prendre avec précaution, et que ce modèle n’indique pas l’ampleur de l’écart à venir.

Ces prévisions sont cependant « cohérentes avec la modélisation » du réchauffement climatique au Canada, observe le professeur Blair Feltmate, président du Centre Intact d’adaptation au climat de l’Université de Waterloo.

Impact de la chaleur accablante

« Le Québec doit se préparer maintenant à la chaleur accablante qui s’en vient », prévient-il. Il importe notamment de s’assurer que les personnes âgées vivant seules et les sans-abri ont accès à l’air climatisé et sont bien hydratés.

Les personnes atteintes de problèmes de santé cardiaques ou respiratoires doivent aussi être averties « pour s’assurer qu’elles ne s’exposent pas à une chaleur extrême sans la capacité de se déplacer vers une zone plus fraîche ».

La chaleur peut être mortelle, en particulier pour les personnes vulnérables résidant dans des îlots de chaleur. En 2018, des dizaines de personnes sont mortes en raison de la chaleur lors d’une canicule à Montréal. « Le résultat d’un évènement de chaleur accablante est déterminé lors de la préparation initiale. Si les étapes ci-dessus sont suivies, l’impact de la chaleur accablante peut être considérablement réduit », soutient le professeur Feltmate.

Le mois de juillet a quant à lui été un peu plus chaud ou tout près des normales saisonnières dans la plupart des régions du Québec, dit M. Martel, d’Environnement Canada. Montréal et Gaspé, par exemple, ont connu un mois plus chaud que la normale d’un degré, alors que Québec était pile sur la normale et Saguenay, à 0,1 degré de moins. Les précipitations ont aussi été près de la normale dans la province en juillet.

Quatre tornades ont été signalées, dont une qui a fait des dommages importants à Saint-Adolphe-d’Howard le 23 juillet avec des vents qui ont atteint une vitesse estimée à 200 km/h. La moyenne pour tout l’été étant de six, ce nombre pour le seul mois de juillet suggère une tendance à la hausse qui pourrait toutefois s’expliquer par une meilleure détection, explique M. Martel.

Le mois de juin avait été plus frais que la moyenne dans le sud du Québec, mais « anormalement chaud » au Nunavik, dans le nord de la province, selon le sommaire d’Environnement Canada. Des précipitations importantes ont aussi été observées dans les régions de Mont-Joli, de Montréal et du Saguenay–Lac-Saint-Jean.

Une saison de records et de dévastation

Le début de l’été s’est avéré particulièrement chaud et sec, tant en Amérique qu’outre-mer. Voici un survol d’endroits sévèrement touchés par des canicules, sécheresses et incendies.

Californie

Deux morts dans le plus grand incendie de l’année

Le plus vaste incendie de l’année en Californie, qui a forcé des milliers de personnes à évacuer leurs domiciles et a déjà dévasté des milliers d’hectares, a fait deux morts, selon les autorités. L’incendie, baptisé « McKinney », a détruit depuis vendredi près de 22 500 hectares de la forêt nationale de Klamath et n’est pas maîtrisé, selon l’agence de lutte contre les incendies CalFire. Il s’agit de l’incendie de forêt le plus important depuis le début de l’année en Californie, qui est régulièrement frappée par des incendies dont la force et la fréquence sont exacerbées par le réchauffement climatique. Dimanche matin, les corps de deux personnes décédées ont été découverts dans un véhicule calciné, a annoncé le bureau du shérif du comté de Siskiyou lundi.

Brésil 

Hausse des incendies en Amazonie en juillet

Le nombre d’incendies de forêt dans l’Amazonie brésilienne a augmenté de 8 % en juillet par rapport au même mois de l’année dernière, selon les données officielles publiées lundi. Les satellites de l’Institut national de recherche spatiale (INPE) ont détecté 5373 foyers d’incendie en Amazonie le mois dernier, contre 4977 en juillet 2021. Ce chiffre est légèrement plus élevé que celui de 2019 (5318), mais beaucoup moins que celui de 2020 (6803), pour ce mois propice aux incendies, au début de la saison sèche. Depuis le début de l’année, 12 906 foyers d’incendie ont été détectés, une augmentation de 13 % par rapport aux sept premiers mois de l’année dernière. « C’est seulement le début de l’été amazonien, la saison la moins humide, avec le moins de pluie, où les incendies de forêt criminels explosent […] pour brûler des zones déboisées récemment, et dégradées par ceux qui pratiquent l’extraction illégale de bois, par exemple », explique Romulo Batista, de l’antenne brésilienne de Greenpeace.

France

Juillet 2022 est le 2e mois le plus sec jamais enregistré

Juillet 2022 est le deuxième mois le plus sec jamais enregistré en France, a annoncé lundi le service météorologique au moment où le pays, quelques jours après une vague de chaleur exceptionnelle, se prépare à un nouvel épisode de canicule. Le mois de juillet s’inscrit « au second rang des mois les plus secs tous mois confondus » en France depuis le début des mesures en 1958-1959, avec un cumul de précipitations agrégées de 9,7 millimètres, a indiqué Météo-France à l’AFP. Ceci représente un déficit de précipitations de 84 % par rapport aux normales de la période 1991-2020. Jusqu’à présent, le mois le plus sec jamais enregistré remonte à mars 1961 avec 7,8 millimètres, précise le service.

Royaume-Uni

Record de sécheresse en juillet dans le sud de l’Angleterre

Le mois de juillet a été le plus sec jamais enregistré dans le sud de l’Angleterre, après plusieurs mois de faibles précipitations, selon des chiffres publiés par les services météorologiques lundi, entraînant la mise en place localement de premières restrictions sur la consommation. Comme une grande partie de l’Europe, le Royaume-Uni a été soumis le mois dernier à de fortes pressions atmosphériques, avec des températures qui ont dépassé 40 degrés Celsius pour la première fois. À l’échelle du pays, selon le Met Office, les précipitations n’ont atteint que 56 % de la moyenne, soit le niveau le plus faible depuis 1999. Mais la situation est particulièrement grave pour la seule Angleterre avec le mois de juillet le plus sec depuis 1935 et notamment dans le sud où il s’agit du mois le plus sec jamais enregistré avec seulement 17 % des précipitations moyennes.

Espagne

Une troisième période de canicule possible cette semaine

Après une courte trêve fin juillet, les températures franchissent de nouveau les 40 °C depuis dimanche en Espagne, qui craint une troisième vague de chaleur caniculaire en à peine deux mois. « Il est possible que du dimanche 31 juillet au mercredi 3 ou jeudi 4 août on dépasse les seuils d’intensité, de durée et d’étendue nécessaires pour catégoriser cet épisode de hautes températures comme une canicule », a expliqué lundi le porte-parole de l’Agence météorologique espagnole (AEMET), Rubén del Campo. Cet épisode ne serait toutefois pas aussi extrême que la longue canicule du 9 au 18 juillet, l’une des plus intenses jamais enregistrées, selon des données préliminaires de l’AEMET. Après une maximale de 42,5 °C dimanche à Montoro, en Andalousie, des niveaux de mercure supérieurs à 40 °C étaient attendus lundi après-midi dans de larges parties de l’ouest et du sud du pays.

Colombie-Britannique

Un incendie de forêt entraîne un avis d’évacuation dans l’Okanagan

Un incendie de forêt qui grandit dans la région de l’Okanagan en Colombie-Britannique, à environ 21 kilomètres au sud-ouest de Penticton, a forcé l’évacuation de centaines de propriétés dans la région. Le responsable des communications du Service des incendies de forêt de la Colombie-Britannique, Bryan Zandberg, a déclaré que l’incendie de Keremeos Creek avait maintenant brûlé plus de 22 kilomètres carrés de terrain et l’a décrit comme « vigoureux ». « Il pourrait y avoir des rafales de vent. Il y avait même une possibilité d’orage aujourd’hui d’après le bulletin météo que nous recevons. Évidemment, c’est préoccupant », a-t-il déclaré en faisant le point sur l’incendie lundi. Environnement Canada a indiqué que bien qu’un avertissement de chaleur soit en vigueur pour l’Okanagan, le mercure devrait baisser ce mardi et des températures plus saisonnières devraient revenir mercredi.

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