Vaccination des 5 à 11 ans

Le début d’une étape cruciale à la veille des Fêtes

De nombreuses familles ont convergé mercredi vers les centres de vaccination dans la métropole et dans le reste du Québec, alors que débute la campagne de vaccination des jeunes de 5 à 11 ans. L’étape est jugée cruciale à la veille des Fêtes, d’autant que les cas augmentent rapidement chez les moins de 10 ans.

« Je vais pouvoir aller dans plus d’endroits différents, je vais pouvoir voyager dans d’autres pays et aussi protéger mes proches, mes amis, ma famille », lance le jeune Arthur Sorin, 9 ans, après avoir reçu sa première dose de vaccin. Sa mère, Dorothée Philippon, affirme qu’il n’a pas été difficile pour elle de prendre la décision de faire vacciner son fils.

« C’était une évidence pour nous. On va rentrer en France pendant les Fêtes pour voir la famille, ça fait deux ans qu’on ne les a pas vus. Je ne voulais surtout pas être un vecteur de transmission, surtout que la santé de mon père est fragile », affirme la mère d’Arthur. « C’est dans nos valeurs. On veut surtout protéger nos proches », insiste-t-elle.

« C’est super facile. Ça fait longtemps qu’on attendait ça. Ça n’a pas fait mal du tout. J’avais hâte de pouvoir aller aux fêtes d’amis, que ce soit terminé, qu’on arrête de porter le masque à l’école », raconte de son côté une fillette de 9 ans, à sa sortie du centre de vaccination, accompagnée de sa petite soeur.

Son père, Jean-Pierre Khlot, abonde dans le même sens. « Ç’a été très facile, il n’y a pas eu d’attente, les gens nous ont accompagnés tout le long et nous ont aidés aussi à rassurer les enfants », indique-t-il, disant avoir pris la décision de vacciner ses filles « pour pouvoir éventuellement reprendre [les] activités, revoir la famille et les amis ». « Du moment que la possibilité s’est ouverte, on n’a pas hésité, on est venus les faire vacciner », ajoute-t-il.

Un « mini-CLSC »

Dans le centre-ville de la métropole, au Palais des congrès, des usagers se sont présentés dès le début de la matinée, dans une bonne ambiance. Chiens de zoothérapie, salles adaptées, animation ou tatouages éphémères : le CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal avait mis le paquet pour accueillir les enfants.

« On va aussi leur donner des dessins de type cherche et trouve pendant la vaccination, en plus d’avoir de la zoothérapie pratiquement tous les jours », avance la directrice de la vaccination du CIUSSS, Marie-Ève Brunelle. Elle affirme que ce climat ressemble beaucoup à ce que peuvent vivre les enfants dans un CLSC, « avec des petits collants ou des petits cadeaux ».

« On a voulu mettre en place un mini-CLSC pour la vaccination à l’intérieur du Palais, en réalité, ç’a été notre ligne de conduite. S’il y a des enfants très effrayés, qui crient ou se débattent, ce n’est pas propice à la vaccination. Dans de tels cas, on va demander au parent de rassurer son enfant avec l’aide d’un professionnel. Le rôle des parents est aussi de rassurer leur enfant avant l’arrivée », indique-t-elle.

Au Palais des congrès, les équipes estiment être en mesure de vacciner jusqu’à 1000 enfants par jour, mais l’opération ne grimpera pas jusque-là immédiatement, la machine étant encore « en rodage ».

Augmentation quotidienne

Les cas augmentent rapidement chez les moins de 10 ans. On rapporte en moyenne 191 nouveaux cas par jour, de loin le plus lourd bilan parmi les groupes d’âge, d’autant plus que ces chiffres continuent d’augmenter quotidiennement.

Ces nombreux cas se font aussi sentir dans le réseau scolaire. Actuellement, 839 écoles ont au moins un cas actif de COVID-19, soit 28 % de tous les établissements de la province. Depuis la rentrée, tout près des deux tiers (1936) des établissements de niveau primaire ont rapporté au moins un cas, selon les données du ministère de la Santé et des Services sociaux.

En date du mercredi 24 novembre, pas moins de 143 000 rendez-vous avaient été pris par l’entremise de la plateforme Clic Santé chez les 5 à 11 ans, soit près de 20 % de cette catégorie d’âge. La campagne de vaccination se déploiera dans les écoles à compter de la semaine prochaine. Au total, on compte environ 650 000 enfants de 5 à 11 ans au Québec. L’intervalle entre l’administration des deux doses de vaccin sera de huit semaines.

882 nouveaux cas

Les 882 nouveaux cas rapportés mercredi portent à 751 la moyenne quotidienne calculée sur sept jours. La tendance est à la hausse de 18 % sur une semaine. Le décès supplémentaire porte à trois la moyenne quotidienne, une tendance stable sur une semaine.

On observe une hausse de huit hospitalisations. Jusqu’ici, 211 patients demeurent hospitalisés en lien avec la COVID-19, dont 46 se trouvent toujours aux soins intensifs, un chiffre stable par rapport à la veille. Notons que les 211 personnes hospitalisées représentent une hausse d’environ 8 % de leur nombre, sur une période d’une semaine. La majorité des nouveaux cas continuent de se concentrer chez les non-vaccinés. Ceux-ci représentent en moyenne 437 nouveaux cas par jour, contre 297 pour les personnes adéquatement vaccinées.

— Avec Pierre-André Normandin, La Presse

premier mort au Nunavik

Une personne de la communauté de Kuujjuaq est morte le 19 novembre à la suite de complications liées à la COVID-19. La Régie régionale de la santé et des services sociaux du Nunavik (RRSSSN) a offert mercredi ses condoléances à la famille de cette personne, la première à perdre la vie à cause du virus dans le Nord-du-Québec. Le Nunavik est aux prises avec plusieurs éclosions de COVID-19 dans ses communautés depuis le mois d’octobre. Mardi, la région comptait 157 cas actifs, dont 57 à Akulivik, 10 à Aupaluk, 1 à Kangirsuk, 14 à Kuujjuaq, 72 à Salluit et 3 à Tasiujaq. Toutes ces communautés ont été placées au palier d’alerte « rouge » ou « orange ». Des couvre-feux sont en vigueur. Un seul patient était hospitalisé à cause de la COVID-19 mardi. Le Nunavik rapporte présentement en moyenne 154 cas par 100 000 habitants. C’est nettement plus qu’en Estrie, au deuxième rang des régions les plus touchées, où l’on compte 21 cas pour 100 000 habitants.

— Ariane Lacoursière, La Presse

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