2021 revue et corrigée

Véronique Claveau, la chanteuse caméléon

Que les vedettes en tout genre se le tiennent pour dit : Véronique Claveau reprend le collier pour parodier chanteuses, animatrices et autres personnalités ayant défrayé la chronique dans le spectacle 2021 revue et corrigée.

Après une absence qui aura duré huit ans – et une participation remarquée à cinq Bye bye –, celle qui porte la triple casquette de chanteuse, imitatrice et comédienne retrouve avec un plaisir non feint les planches du Théâtre du Rideau Vert, où elle a brillé dans la revue de fin d’année de 2007 à 2013.

« Je suis vraiment fébrile à l’idée de retourner sur scène ! Lorsque je me suis assise dans ma petite loge, la même où je me suis préparée pendant sept ans, j’ai réalisé tout le temps qui a passé depuis mes débuts, il y a 14 ans. J’ai maintenant deux enfants, plus de vécu, un plus grand bagage. Mais je ne suis pas moins nerveuse pour autant ! »

Marc St-Martin, qui a participé à toutes les éditions de Revue et corrigée depuis 15 ans, se rappelle très bien l’artiste peu expérimentée qui a débarqué dans l’équipe en 2007. « Elle avait fait Star Académie trois ans plus tôt. C’était une chanteuse, mais une imitatrice qui s’ignorait ! Elle était peu outillée pour des performances comiques. Tout était un défi, mais elle a plongé. Véronique est une travaillante, avec un immense potentiel ! Aujourd’hui, elle est un as de la distribution. Il y a peu de choses qu’elle ne peut pas faire. »

Autre compagnon de Véronique Claveau à ses débuts au Rideau Vert, Benoit Paquette abonde dans le même sens. « Je n’en reviens pas de voir à quel point Véronique est devenue une redoutable imitatrice. C’est génial de la retrouver. Elle a une grande joie de vivre et beaucoup d’humilité malgré son talent. C’est une fille de gang ! Considérant la façon dont ça s’était terminé en 2014, je ne m’attendais pas du tout à la revoir. C’est une belle surprise ! »

On se souviendra que Véronique Claveau a quitté Revue et corrigée dans la tourmente lorsque, en 2014, l’équipe du Bye bye lui a tendu une perche qu’elle ne pouvait refuser. Son contrat étant déjà paraphé, le Rideau Vert lui a refilé une facture salée de 16 000 $ pour rupture de contrat.

L’aventure du Bye bye s’étant terminée en 2019, l’institution théâtrale de la rue Saint-Denis a rétabli les ponts avec l’imitatrice en lui proposant de participer à l’édition 2020 de Revue et corrigée. Édition qui n’a pas eu lieu pour des raisons pandémiques.

« Je ne m’attendais pas à cet appel. Céline Marcotte [directrice générale du théâtre] et moi avons eu une belle discussion sur ce qui s’est passé. Tout ça est derrière nous maintenant. Ça n’a pas été long avant que je dise oui ! »

– Véronique Claveau

Pour Denise Filiatrault, directrice artistique du Rideau Vert, la polémique est morte et enterrée. « On ne peut pas reprocher à Radio-Canada d’être venue la chercher. Véronique est tellement bonne ! Je ne comprends d’ailleurs pas pourquoi ils ne l’ont pas gardée sur le Bye bye ! Tant pis pour eux, tant mieux pour nous. Je l’ai connue à Star Académie, où j’étais directrice. On voyait qu’elle avait beaucoup de talent, mais pas à ce point-là ! »

De la scène à l’écran, et vice-versa

Avec 2021 revue et corrigée, Véronique Claveau retrouve une formule éprouvée qu’elle aime, mais qui a peu à voir avec la machine gigantesque de l’émission radio-canadienne de fin d’année. « Au théâtre, le personnage évolue avec les représentations. Au Bye bye, c’est one-shot ! Et on a les prothèses, les costumes pour soutenir notre interprétation. Sur scène, il faut en donner davantage au niveau des mimiques et du corps, car le public est plus loin. Il n’y a pas de gros plans ! »

Son travail d’imitation, elle l’a fait, comme toujours, en s’abreuvant de vidéos YouTube. « Je passe beaucoup de temps à regarder et à écouter ceux que je dois imiter pour avoir la voix juste, les bons tics. Les personnes plus génériques, comme certains politiciens, me donnent plus de difficultés. »

Qui seront ses victimes cette année ? Véronique Claveau refuse de le dire. Mais une chose est certaine : cette grande voyageuse (elle a parcouru l’Asie du Sud-Est et l’Amérique centrale sac au dos) refuse qu’on l’enferme dans une petite case. « Lorsqu’on me demande si je suis une imitatrice, une comédienne ou une chanteuse, je réponds que je suis une chanteuse qui s’amuse. Je suis un caméléon qui aime toucher à tout. Je n’ai pas de formation en quoi que ce soit, mais je suis game ! J’ai de l’instinct. Et une bonne dose de naïveté ! »

Le spectacle 2021 revue et corrigée est présenté jusqu’au 23 décembre au Théâtre du Rideau Vert.

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