Bell veut embaucher un millier d’employés

Alors que l’industrie de la technologie supprime des postes par dizaines de milliers, Bell Canada choisit le chemin inverse : l’entreprise de télécommunications veut embaucher un millier de personnes.

Ces nouveaux employés seront essentiellement affectés aux « hautes technologies » comme l’infonuagique, la réseautique, la cybersécurité, l’internet des objets, l’intelligence artificielle et le développement logiciel, explique Nicholas Payant, vice-président aux services d’exploitation et au réseau principal chez Bell. « On bâtit énormément de nouveaux services que l’on conçoit nous-mêmes, on aime bien faire nos affaires à la québécoise, à la canadienne. »

Ces innovations servent essentiellement à améliorer l’expérience client et les réseaux utilisés par les différentes entités de Bell. On n’évoque pas de projets de services plus avancés aux entreprises, comme des installations infonuagiques à l’image de ce que proposent Amazon et Microsoft.

Hausse de 2 %

On ne s’en cache pas chez Bell, les mises à pied dans les entreprises technologiques – quelque 191 000 en 2022 et début 2023, selon l’agrégateur Layoffs.fyi – constituent de belles occasions d’embauche. « Cette annonce-là, on l’a mise en ligne sur LinkedIn au mois de juin, pour tirer avantage du fait qu’il y a beaucoup de ressources disponibles avec nos compétiteurs américains qui en laissent beaucoup », explique Marie-Josée Boivin, vice-présidente au développement organisationnel chez Bell.

Déjà la moitié des postes affichés ont été pourvus. Une deuxième campagne de recrutement, organisée sur LinkedIn de la mi-décembre jusqu’en février, devrait permettre de trouver le demi-millier de recrues encore recherchées.

Selon son dernier rapport annuel, Bell comptait 49 781 employés fin 2021. L’effort d’embauche depuis juin dernier ferait donc augmenter le nombre de postes de 2 %. « Le chiffre de 1000 personnes peut avoir l’air gros, mais c’est critique pour le futur de l’entreprise d’aller chercher des talents », dit M. Payant. Mais comment le géant canadien des télécommunications peut-il embaucher alors que ses compétiteurs nord-américains semblent plutôt en décroissance ? « Durant la pandémie, on a peut-être été plus conservateurs, alors que certains ont augmenté leurs effectifs », répond-il.

« Ces compagnies ont grandi pendant la pandémie pour des raisons différentes, ajoute Mme Boivin. Nous, ce ne sont pas de nouvelles embauches pour lesquelles on s’est dit soudainement : “Tiens, on va les faire”, ce sont des besoins qu’on avait. »

Retour au pays

Engagée dans l’implantation de la 5G à grande échelle au Canada, avec 11 % de ses employés affectés à la division médias et 3,9 millions d’abonnés internet, Bell a bien changé depuis sa fondation il y a 142 ans, rappelle M. Payant. « Les gens pensent encore qu’on est une compagnie de téléphone, mais nous sommes maintenant une compagnie qui veut vendre des produits technologiques […] Dans le numérique, il y a des affaires “flyées” qu’on fait, c’est de toute beauté de voir ça. »

Bonne vendeuse, Mme Boivin vante les nombreuses possibilités de promotion et de réaffectation à l’interne de son employeur. « Plusieurs de nos gens partis pour de grandes compagnies américaines sont devenus des numéros. Certains sont revenus. »

Avec l’inflation galopante depuis plus d’un an, les offres salariales sont-elles à la hausse ? « En étant déjà dans des technologies de pointe pour des postes plus complexes, on a une structure salariale robuste… », répond-elle pudiquement.


EN SAVOIR PLUS

23,6 millions
Nombre d’abonnés – en « connexions totales » pour l’internet, le mobile, la télévision et la téléphonie – de Bell au Canada

Source: Source : rapport annuel 2021 de BCE
23,4 milliards
Revenus de BCE en 2021, en hausse de 2,5 % par rapport à l’année précédente

Source: Source : rapport annuel 2021 de BCE

2,9 milliards
Bénéfice net enregistré par BCE en 2021, en hausse de 7,2 % par rapport à 2020

Source: Source : rapport annuel 2021 de BCE

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