Planète bleue, idées vertes Réduction des bouteilles en plastique

Donner le goût de l’eau

Boire de l’eau dans une bouteille réutilisable pour éviter les bouteilles jetables, c’est une bonne idée. Mais que faire si on n’a pas envie de boire de l’eau… plate ? La Ville de Québec teste une fontaine nouveau genre, pour contourner cet obstacle.

Blanche, lumineuse, affichant des quartiers d’agrumes sur un grand écran, la nouvelle fontaine d’eau du Grand Marché de Québec ne passe pas inaperçue.

Mais son apparence n’est pas la seule chose qui la distingue des habituelles fontaines peu invitantes des lieux publics, au débit et à la température variables ; en plus de l’eau fraîche, elle offre de l’eau pétillante, aromatisée, vitaminée ou encore contenant des électrolytes.

« Ça évite non seulement les bouteilles jetables d’eau ordinaire, mais ça permet aussi à la personne qui avait le goût [d’un autre type d’eau] de se servir à même sa gourde sans avoir à acheter une bouteille de plastique », explique Cynthia Legault, conseillère en environnement à la Ville de Québec.

C’est bien là l’objectif de l’administration municipale : élargir les possibilités de réduction des bouteilles à usage unique en donnant aux gens le goût de boire de l’eau. Toutes sortes d’eau.

La capitale a ainsi mis sur pied un projet pilote pour mesurer l’efficacité de cette approche, en faisant l’acquisition de deux de ces distributrices par l’entremise d’un programme de subvention de la Société québécoise de récupération et de recyclage (RECYC-QUÉBEC) – le second appareil a été installé au centre communautaire Lucien-Borne, dans le quartier Montcalm.

En quatre mois, de la fin de juillet à la fin de novembre, les deux appareils ont effectué quelque 10 000 remplissages, évitant l’utilisation d’autant de bouteilles à usage unique.

« On avait comme objectif 100 utilisateurs par mois. On dépasse nettement nos objectifs de loin. »

— Cynthia Legault, conseillère en environnement à la Ville de Québec

Dans quelque 75 % des cas, les utilisateurs ont opté pour de la simple eau fraîche, offerte gratuitement, tandis que les autres types d’eau – dont le coût oscille entre 1,50 $ et 2,50 $ selon le format de la bouteille, peu importe le nombre d’options choisies – ont représenté 25 % des remplissages.

Machine québécoise

Les fontaines en question ont été conçues par Kupa Station, toute jeune entreprise de Saint-Henri, près de Lévis.

Fondée en 2020, Kupa Station a installé jusqu’à maintenant une dizaine de ses fontaines au Québec, dans des lieux publics ou privés, comme des entreprises.

L’idée de proposer différents types d’eau est d’abord venue de la volonté d’offrir gratuitement l’eau fraîche, explique Annie Couture, présidente et cofondatrice de Kupa Station.

« Ça permet de rentabiliser l’appareil », explique-t-elle.

Et ça a produit un bénéfice collatéral : amener les gens à boire plus d’eau et, donc, éliminer davantage de bouteilles à usage unique.

« Ce n’est plus juste les bouteilles d’eau ordinaire [qu’on élimine], c’est toutes les bouteilles qu’on voit sur le marché », lance la cheffe d’entreprise.

« L’eau devient plus attrayante pour ceux qui n’ont pas envie de boire de l’eau. C’est sûr qu’on a envie de boire de l’eau quand on a tous ces choix dans le même appareil. »

— Annie Couture, présidente et cofondatrice de Kupa Station

À la lumière du succès remporté par ses deux fontaines, la Ville de Québec évaluera la possibilité d’en acquérir de nouvelles, indique Cynthia Legault, qui encourage d’autres organisations publiques ou privées à s’en procurer.

Elle donne l’exemple des centres d’entraînement, où sont consommées beaucoup de boissons hydratantes de type Gatorade vendues dans des bouteilles de plastique, que l’eau additionnée d’électrolytes et d’une saveur fruitée offerte par la fontaine de Kupa Station peut remplacer.

Financement

Les fontaines d’eau de Kupa Station se détaillent 10 000 $, ce qui n’est pas à la portée de toutes les organisations. C’est pourquoi l’entreprise les propose aussi en location.

« Notre modèle d’affaires est très souple », explique Annie Couture, qui dit être encore en train d’évaluer de quelle manière répondre aux différents besoins de sa clientèle, n’excluant pas de trouver une solution à coût nul.

Outre les options payantes offertes par la fontaine, l’appareil peut aussi générer des revenus en diffusant de la publicité sur son écran, illustre-t-elle.

Deux programmes de subvention de RECYC-QUÉBEC visant la réduction des déchets à la source peuvent aussi aider à faire l’acquisition de fontaines d’eau, indique l’organisme, qui rappelle que 500 000 tonnes de plastique sont enfouies, chaque année, au Québec.

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Nombre de bouteilles jetables « évitées » par l’utilisation des deux fontaines Kupa de la Ville de Québec de juillet à novembre 2021

Source : Ville de Québec

Planète bleue

Sur le radar

Étude

Plus de 90 % des pays menacés d’années très chaudes à répétition

Quasiment tous les pays du monde pourraient subir une année sur deux particulièrement chaude à partir de 2030, selon une étude parue jeudi qui souligne la responsabilité majeure des émissions de gaz à effet de serre des principaux pollueurs mondiaux.

L’étude, publiée dans la revue Communications Earth and Environment, croise des données historiques d’émissions et les engagements pris avant la récente conférence mondiale sur le climat COP26 par les cinq plus grands émetteurs mondiaux – Chine, États-Unis, Union européenne, Inde et Russie – pour établir des prédictions de réchauffement par région d’ici la fin de la décennie.

Résultat : 92 % des 165 pays étudiés devraient enregistrer une fois tous les deux ans une année de températures extrêmement élevées. Ces années étant définies comme atteignant le niveau record attendu une fois tous les 100 ans à l’ère préindustrielle, avant l’augmentation exponentielle des émissions dues à l’activité humaine responsables du réchauffement climatique.

Les conséquences pourraient être atténuées grâce à des réductions substantielles d’émissions des pays, indiquent les auteurs. Or, selon l’Organisation des Nations unies (ONU), les engagements actuels verraient les émissions augmenter de 13,7 % d’ici 2030, loin de la baisse de moitié nécessaire pour maintenir à portée l’objectif idéal de l’accord de Paris de 2015, soit contenir le réchauffement mondial à une hausse de 1,5 °C par rapport à l’ère préindustrielle.

— Agence France-Presse

JO 2022

La qualité de l’air de Pékin s’améliore, mais reste médiocre

La qualité de l’air à Pékin s’est nettement améliorée ces dernières années, selon des chiffres officiels, même si le niveau de pollution reste supérieur aux recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

La pollution atmosphérique est une préoccupation majeure des Pékinois, mais aussi des athlètes qui participeront du 4 au 20 février prochains aux Jeux olympiques (JO) d’hiver dans la capitale chinoise et ses environs. Après avoir gagné le droit en 2015 d’organiser les JO, la ville de Pékin, considérée alors comme l’une des plus polluées du monde, a décrété une « guerre à la pollution ».

La capitale a depuis fermé des dizaines de centrales à charbon et délocalisé des usines. Elle passe progressivement du charbon au gaz naturel pour le chauffage. Ces mesures ont permis une réduction importante des particules fines « PM2,5 » (celles d’un diamètre inférieur à 2,5 micromètres), très nocives car elles pénètrent profondément dans les poumons et peuvent provoquer cancers ou problèmes cardiaques.

Leur niveau a baissé à 33 microgrammes par mètre cube en moyenne en 2021, a indiqué mardi le service environnement de la mairie de Pékin – soit trois fois moins qu’en 2013. Mais c’est toujours six fois plus que le niveau recommandé par l’OMS (5 microgrammes par mètre cube).

— Agence France-Presse

Europe du Nord

Les vaches bleues de Lettonie sauvées de l’extinction

Le voyageur traversant la campagne lettone se laisse parfois surprendre par la vue d’une vache de couleur bleue qui broute calmement au milieu de bovins tout ordinaires, brun, noir et blanc. Cette race unique, qui a pratiquement disparu à l’époque soviétique, fait un retour en force depuis quelques dizaines d’années, devenant un symbole extraordinaire de l’identité nationale lettone.

« Leurs mauvais jours sont passés », a déclaré à l’AFP Arnis Bergmanis, responsable du parc animalier Ciruli dans le village de Kalvene, qui sert de centre d’élevage de vaches bleues. En 2000, il n’y avait plus que 18 vaches bleues en Lettonie, mais on en compte aujourd’hui environ 1500 – pur-sang et hybrides.

Les vaches bleues ont évolué sur la côte, où elles menaient un mode de vie quasiment spartiate, capables de subsister grâce aux branches des buissons et à l’herbe des dunes, un fourrage considéré comme non comestible par les autres bovins. La légende veut qu’elles tirent leur couleur de la mer, bien qu’elles naissent, en fait, presque beiges. Leur pelage vire rapidement au bleu et s’assombrit avec les années.

Lorsque les communistes sont arrivés au pouvoir sous l’occupation soviétique, ils ont misé sur la production massive de viande bovine et de produits laitiers, favorisant les bovins de races plus communes et entraînant la quasi-disparition de la vache bleue. En 2006, des agriculteurs, des scientifiques et des passionnés ont fondé une association pour sauver la vache bleue. De plus, le gouvernement a lancé des subventions destinées aux propriétaires de vaches bleues.

— Agence France-Presse

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