Davantage d’emplois pour les jeunes cet été

Le taux de chômage demeure inchangé à 6,6 % au Québec au mois de mai

Après s’être heurtés à un mur l’an dernier, les élèves et étudiants qui veulent travailler cet été ont de meilleures chances de trouver un emploi.

Les perspectives s’améliorent pour les élèves et les étudiants de 15 à 24 ans qui veulent retourner aux études en septembre, observe Statistique Canada dans son portrait du marché du travail du mois de mai publié vendredi.

À la même période l’an dernier, le taux de chômage des élèves et étudiants était de 40 %. Il est maintenant de 23,1 %, ce qui est encore élevé, mais la situation ira probablement en s’améliorant à mesure que les restrictions sanitaires seront levées et que les activités saisonnières reprendront.

Les élèves et étudiants commencent à revenir sur le marché du travail, constate aussi Statistique Canada. Leur nombre a augmenté de 10 % par rapport à l’an dernier. Au Québec, leur taux de chômage se rapproche de son niveau d’avant la pandémie. Il s’est établi à 14,8 % en mai, comparativement à 36,4 % en mai 2020 et à 11,0 % en mai 2019.

La dernière enquête sur la population active a été réalisée pendant la période du 9 au 15 mai, soit au moment où le Québec commençait à assouplir les restrictions imposées pour lutter contre la troisième vague de COVID-19.

Les données du mois de juin devraient être plus positives pour le marché de l’emploi, estime Joëlle Noreau, économiste de Desjardins.

« Les yeux sont davantage tournés vers les semaines à venir que vers les bilans des mois précédents. Juin devrait être favorable à la hausse de l’emploi au Québec avec l’assouplissement des mesures sanitaires et l’ouverture des terrasses et des restaurants. »

— Joëlle Noreau, économiste de Desjardins

En attendant, le marché du travail a fait du surplace au Québec en mai, avec une perte de 8000 emplois et un taux de chômage resté inchangé, à 6,6 %. À Montréal, le taux de chômage a légèrement augmenté, passant de 7,7 % en avril à 7,9 %. Parmi les villes du Québec, c’est Trois-Rivières qui a la situation la plus enviable, avec le taux de chômage le plus bas, à 4,2 %.

Le nombre d’emplois dans la province se situe a 96,9 % du niveau observé avant la pandémie.

Le « vrai » taux de chômage

Au total, l’emploi a reculé de 68 000 au pays le mois dernier et le taux de chômage a augmenté légèrement, de 8,1 % à 8,2 %. Il y a un an, en mai 2020, le taux de chômage atteignait un niveau record, à 13,7 %.

Le « vrai » taux de chômage est probablement de 10,7 % au Canada, selon Statistique Canada, si on tient compte des personnes qui veulent travailler, mais qui ne cherchent pas d’emploi parce qu’elles estiment avoir peu de chances d’en trouver un.

L’emploi est en baisse pour le deuxième mois d’affilée après avoir enregistré une diminution de 207 000 en avril.

Les pertes s’expliquent surtout par la situation sanitaire en Ontario et en Nouvelle-Écosse et la plupart des emplois disparus sont des emplois à temps partiel.

Pour la première fois depuis avril 2020, l’emploi a reculé dans les secteurs de la fabrication et de la construction, qui avaient été épargnés jusqu’à maintenant par la pandémie.

Selon Benoit Durocher, économiste de Desjardins, la baisse de l’emploi dans le secteur de la fabrication pourrait s’expliquer par des problèmes d’approvisionnement, notamment la pénurie de puces électroniques qui affecte plusieurs industries.

États-Unis : le chômage baisse à 5,8 %

Malgré une création d’emplois deux fois supérieure à celle du mois précédent, le marché de l’emploi a déçu aux États-Unis en mai. L’économie américaine a créé 559 000 emplois le mois dernier, a fait savoir hier le département du Travail, alors que les attentes du marché étaient de quelque 700 000.

Le taux de chômage est passé de 6,1 % à 5,8 %, son niveau le plus bas depuis le début de la pandémie.

Alors que près de la moitié des Américains sont vaccinés et peuvent reprendre une vie normale, les emplois créés en mai sont pour la moitié dans les secteurs des loisirs, de la restauration et de l’hôtellerie.

Les États-Unis continuent de récupérer les emplois perdus depuis le début de la pandémie, mais cette récupération est plus lente qu’au Canada. Il manque encore 7,6 millions d’emplois pour retrouver le niveau de février 2020. Autrement dit, seulement 65,9 % des emplois perdus en mars et en avril 2020 ont été retrouvés. Malgré le nombre élevé de chômeurs, certains employeurs peinent à recruter en raison des inquiétudes sanitaires toujours présentes et des mesures d’aide gouvernementale.

Comme au Canada, la banque centrale américaine attend plus d’amélioration sur le marché du travail avant d’enclencher une remontée des taux d’intérêt.

— Avec l’Agence France-Presse

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