Moto Suzuki GSX1300R Hayabusa 2022

Suzuki peaufine son Faucon Millenium

Rares sont les motos faisant vivre des moments si intenses qu’elles font naître une classe. De façon absolument indiscutable, l’extraordinairement rapide Suzuki Hayabusa est l’une d’elles. En voici la troisième génération.

Une machine historique

Chaque époque a généré sa part de motos rapides. Mais l’arrivée en 1999 de la Suzuki GSX1300R Hayabusa représente un moment charnière du monde du motocyclisme. Notre essayeur se rappelle son lancement de presse mondial sur le circuit de Catalunya, où des membres d’une équipe de Formule 1 se secouaient la tête en constatant à quel point la vitesse de la Busa s’approchait de celle des prototypes sans prix qu’ils venaient de tester. D’ailleurs, craignant que les plus de 300 km/h de la version originale ne poussent certains gouvernements à la bannir, Suzuki en a limité la vitesse maximale à un plus politiquement correct 299 km/h.

Fidèle à l’originale

Avant le dévoilement de cette troisième génération, la Hayabusa n’avait évolué qu’une fois depuis 1999, soit en 2008. La version 2022 progresse de manière similaire, c’est-à-dire en demeurant fidèle au concept original, mais en tirant avantage des dernières technologies. Tout ancien propriétaire de Busa se sentira ainsi immédiatement en terrain familier sur la 2022 et découvrira en prime des niveaux de sophistication et de technologie manifestement relevés. L’aspect « conservateur » de cette approche a néanmoins amené plusieurs amateurs à exprimer une certaine déception. Non seulement la nouveauté n’établit aucun nouveau record de puissance, mais elle perd même une demi-douzaine des 200 ch originaux. Où s’en va-t-on ?

Une fiche qui ne dit pas tout

La nouvelle Busa est donc un peu moins puissante, bien qu’un peu plus coupleuse. Elle gagne des aides au pilotage sophistiquées au chapitre de la traction, du freinage, de l’accélération et du soulèvement de l’avant. Mais ne peut-on pas en dire autant d’une foule d’autres nouveautés ? Oui, effectivement. Alors où, au juste, se situe l’intérêt de la troisième génération de cette mythique monture ? Pour vraiment saisir la réponse à cette question, on doit s’installer à ses commandes, bien régler les modes, s’assurer que l’environnement se prête à l’exercice, puis enfiler quelques rapports avec les gaz complètement ouverts. Quelle accélération époustouflante ! Quel contrôle ! Quelle machine !

Un autre genre d’accélération

Les deux dernières décennies ont amené de formidables sportives sur le marché, certaines dont la puissance éclipse même celle de la Hayabusa. À une ou deux exceptions près, ces sportives sont néanmoins destinées au circuit. Hautes, légères et compactes, elles sont très agiles, mais extrêmement difficiles à faire accélérer à partir d’un arrêt. Basse, lourde et longue, la Hayabusa laisse au contraire son pilote vivre une accélération phénoménale sans le moindre drame, surtout maintenant que les aides électroniques gardent l’œil sur chaque facette de l’expérience. Si la nouvelle Hayabusa n’est donc pas plus rapide que la précédente, elle rend en revanche cette formidable rapidité extraordinairement accessible.

Dangereuse ?

Célébrée et admirée partout dans le monde pour ses capacités, chez nous, la Hayabusa fait plutôt partie d’une liste noire gouvernementale de montures « à risque élevé d’accident », nomination lui valant un coût d’immatriculation dépassant les 2000 $. Pourtant, en testant le modèle jusque dans ses derniers retranchements, on constate qu’il s’agit d’une véritable merveille de raffinement maîtrisant parfaitement son extraordinaire puissance. La maturité d’un individu et ses choix sur la route, aux commandes de n’importe quel véhicule, sont une chose. Mais de qualifier la Busa de « moto à risque élevé d’accident », bref, de moto dangereuse, en est une tout autre et révèle ni plus ni moins qu’une profonde ignorance des motos en général.

Une soie au quotidien

Compte tenu des performances fantastiques dont elle est capable, la Hayabusa, et son raffinement en utilisation quotidienne, représente une agréable surprise. Un gros quatre-cylindres soyeux et gavé de couple – dont l’un des « mille » modes de conduite permet de réduire de façon draconienne la puissance si on le souhaite –, des suspensions souples, une selle large et moelleuse, une bonne protection contre le vent et un régulateur de vitesse ne sont que quelques exemples du réel côté pratique de la bête. En fait, si ce n’était de la position de conduite inconfortable, puisque étirée au-dessus du long réservoir et mettant beaucoup d’appui sur les mains, on pourrait parler d’une monture capable de tourisme.

Conclusion

Les amateurs de performances extrêmes se seraient réjouis d’une Busa de 300 ch qui aurait atteint la vitesse lumière encore plus rapidement qu’elle ne le fait actuellement. Et Suzuki aurait très bien pu leur servir un tel monstre. Mais la marque japonaise a plutôt opté pour le statu quo en matière de puissance et choisi de considérablement élever le niveau de technologie embarquée. Aussi décidément digne de mention est le passage du style caricatural original à une ligne d’une grande élégance qui en fait l’une des plus belles motos du moment. Au bout du compte, on obtient une Hayabusa améliorée plutôt que réinventée. Un Faucon Millenium raffiné.

Fiche technique

Marque : Suzuki

Modèle : GSX1300R Hayabusa

Prix : 22 399 $

Garantie : 1 an/kilométrage illimité

Moteur : quatre-cylindres en ligne de 1340 cc refroidi par liquide

Transmission : à 6 rapports, entraînement final par chaîne

Poids tous pleins faits : 264 kg

Frein avant : 2 disques avec étriers à 4 pistons et ABS

Frein arrière : 1 disque avec étrier à 1 piston et ABS

Pneu avant : 120/70 ZR17

Pneu arrière : 190/50 ZR17

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