2022 Revue et corrigée

Pierre Brassard, on vous répète la question…

L’équipe du Rideau Vert a recruté Pierre Brassard pour sa revue théâtrale de l’année. Pour marquer le coup, nous l’avons soumis à un quiz de type Pouvez-vous répéter la question ?, qu’il anime depuis 12 ans à la radio de Radio-Canada. Le comédien, qui parle de ce spectacle comme de « la plus grosse affaire » de sa vie professionnelle, a joué le jeu.

Pourquoi avez-vous accepté de faire partie de l’équipe de Revue et corrigée ?

A. L’équipe du Bye bye ne voulait plus de vous.

B. Vous vouliez baisser votre revenu annuel pour payer moins d’impôt.

C. Vous aviez envie de vous faire connaître du milieu théâtral.

D. Vous aviez envie de vous faire sacrer après par Denise Filiatrault.

Je vais répondre D [rires]. Mais ce n’était pas une envie, plus une crainte. Je suis le premier à être intimidé face à l’autorité, donc c’est sûr qu’en travaillant avec Denise – même si c’est Natalie Lecompte qui signe la mise en scène –, ça m’a effleuré l’esprit que je pouvais me faire enguirlander. Mais ce n’est pas arrivé, au contraire, elle est très bienveillante. Le jour de notre première lecture, elle nous a apporté des croissants… Et on ne refuse pas un croissant de Denise Filiatrault ! Je le dis sans être racoleur, c’est un privilège de l’observer faire ses commentaires, parce qu’elle a vraiment l’œil grand public. Après le premier enchaînement, elle a été à la hauteur de sa légende. Elle a le franc-parler qu’on connaît, mais il n’y a eu aucun sacre à mon endroit.

Quels sont les avantages d’être sur scène, plutôt qu’en ondes ?

A. Les mauvaises performances sont introuvables sur les réseaux sociaux.

B. On rejoint moins de gens, donc on ne se fait pas arrêter dans la rue.

C. On joue sans filet, ce qui est quand même excitant.

D. On est vraiment plus proche du public.

Je répondrais C et D. Je n’ai pas tant fait de scène, mais en 2019, j’ai joué dans la pièce Garçon ! de Stéphane E. Roy, et c’est sûr que le « sans filet », je le ressens. À quelques jours de jouer devant une salle, je me sentais déjà extrêmement vulnérable et stressé, mais je ne me suis jamais senti autant vivant. Dans la vie, je suis assez spontané, mais au théâtre, il faut vraiment bien maîtriser son texte, et j’ai quand même une hantise du blanc. Ça m’habite. Mais je dois me faire confiance. J’aime ça aller au batte. Ça fait partie de ma décision. J’avais envie de plonger !

Vous êtes reconnu pour votre talent d’imitateur et de personnificateur. Dans Revue et corrigée, quel personnage vous a donné le plus de fil à retordre ?

A. Rita Baga

B. Pierre Poilievre

C. Julie Snyder

D. François Legault

Je ne voudrais pas révéler de punchs… Je peux vous dire qu’il y a un personnage dans ce choix de réponses qu’on ne fera pas cette année. Je peux aussi vous dire que François Legault, c’est moi qui vais le faire, mais il ne m’a pas donné de fil à retordre, parce que je l’imite depuis quelques années. J’ai dit à Natalie Lecompte que je ne voulais pas uniquement faire des personnages que j’ai déjà faits, je voulais en faire de nouveaux. Donc oui, il y en a qui me donnent du fil à retordre, mais je ne peux pas vous dire lesquels. Ce n’est pas en chanson qu’on va m’entendre non plus, je peux aussi vous dire ça.

L’actualité politique de 2022 est abondante. Sur quels évènements allez-vous mettre le plus l’accent ?

A. La guerre en Ukraine

B. Le convoi des camionneurs

C. La réélection de la Coalition avenir Québec

D. Le réchauffement climatique

Toutes ces réponses sont bonnes ! Sur quoi on va mettre le plus l’accent ? C’est difficile à dire… On fait une quarantaine de sketches qui défilent en une heure et demie. Ce n’est pas qu’on reste en surface, mais on touche un peu à tous les sujets. Même à l’époque des Bleu Poudre, on pouvait parler trois secondes d’un sujet et on se disait : on l’a fait. Ce n’est pas de la paresse, mais on se fait un devoir de parler de tous les sujets marquants, c’est juste qu’on le fait à divers degrés. La guerre en Ukraine, par exemple, je pense qu’on a trouvé une façon amusante d’en parler, sans jamais rire de la guerre et de la souffrance des gens.

La COVID-19 et le retour à une certaine normalité représentent un pan important de notre actualité. Qu’est-ce qui a été le plus difficile pour vous au cours des deux dernières années ?

A. Porter un masque

B. Animer Pouvez-vous répéter la question ? de chez vous

C. Parler à des artistes qui n’avaient rien à raconter

D. Ne pas pouvoir aller dans des karaokés

Pouvez-vous répéter la question ? a été enregistrée dans nos studios, les concurrents étaient présents, à 15 pieds de moi, et puis on était séparés par des panneaux de plexiglas. Donc cette émission a été sauvée des ondes in extremis, grâce à la participation des acteurs et des animateurs de Radio-Canada, qui étaient déjà dans la tour. Ça nous a permis de découvrir de nouveaux talents, comme la comédienne Noémie O’Farrell, la voix d’OHdio. Honnêtement, le pire, ç’a été de ne pas visiter mon père, qui était dans une RPA à ce moment-là, et qui est décédé le printemps dernier. Il était dans la région de Lac-Mégantic, je lui parlais souvent, mais je ne pouvais pas le voir. Dans la Revue, on fait allusion à la COVID-19, mais on ne s’y attarde pas trop.

Vous allez sans doute faire quelques clins d’œil aux téléréalités. Quel est votre plaisir coupable ?

A. Occupation double

B. L’île de l’amour

C. Big Brother Célébrités

D. Cinq gars pour moi

J’ai envie de répondre Occupation double, mais j’aimais ça quand c’était à Terrebonne. J’ai aimé ces moutures-là. C’était les années Joël Legendre, je m’en souviens. Misty, Samuel… Mais avec le temps, j’ai décroché. C’est un vecteur de conversation intéressant dans un souper quand t’as plus rien à dire. Mais en ce moment, j’ai un peu de mal à suivre ça. J’ai écouté la première mouture de Big Brother et je suis devenu accro assez vite, mais à la deuxième saison, j’ai décroché. En fait, ça me fait du bien de ne pas tout comprendre quand on m’en parle, parce que ça devient très fermé comme conversation. Ça me fait réaliser que je fais autre chose dans la vie. Mais je maintiens mon choix d’Occupation double, dont on parle dans la Revue…

Vous avez plusieurs autres passions à part l’animation et la comédie. Lesquelles ?

A. Le bowling

B. L’illustration

C. La philatélie

D. L’haltérophilie

J’adore le bowling ! Ce n’est pas une passion, mais c’est quelque chose que j’aimerais pratiquer plus souvent. C’est une belle activité de gang et ça fait changement du karaoké. Malheureusement, il n’y en a pas près de chez moi… L’illustration est une passion, j’ai d’ailleurs un projet de livre en tête. Je sous-estime l’effet bénéfique de crayonner en période de stress. C’est une échappatoire, ma boule antistress, ça me calme. Surtout en ce moment, parce que ce show, c’est vraiment la plus grosse affaire de ma vie professionnelle. Avec Revue et corrigée, tout se passe dans la salle. J’observe les vétérans comme Marc St-Martin ou Benoit Paquette et j’apprends avec Monika Pilon et Marie-Ève Sansfaçon, qui sont nouvelles aussi, et qui sont excellentes. Moi qui rêve d’un one-man-show, je me rends compte que je suis un joueur d’équipe.

2022 Revue et corrigée. Du 22 novembre au 7 janvier 2023 au Rideau Vert.

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