Incendies de forêt dans l’Ouest canadien et américain

Des milliers de pompiers sous tension

Les équipes de lutte contre le feu pourraient vite être débordées, au Canada comme aux États-Unis, alors que plus de 300 incendies de forêt étaient toujours actifs, samedi, dans la seule province de la Colombie-Britannique. Au sud de la frontière, des milliers de pompiers luttent contre 70 brasiers ravageant l’Ouest américain.

Selon les experts, le réchauffement climatique accentue les phénomènes extrêmes, comme les températures folles et la sécheresse en cours dans l’ouest des États-Unis, mais aussi au Canada.

Du côté nord de la frontière, plus de 300 incendies de forêt restaient actifs samedi dans la seule province de la Colombie-Britannique. Et, cette fois, c’est le Mexique qui a promis son aide, en l’occurrence l’envoi de 100 pompiers. Plus de 50 alertes d’évacuation concernant 10 000 résidences ont été émises par les autorités canadiennes.

L’incendie de forêt de Brenda Creek, dans le centre de l’Okanagan, a une superficie estimée à 500 hectares et est toujours classé hors de contrôle. Celui-ci brûle le long de la ligne de transmission qui alimente la ville de West Kelowna.

Une inspection par avion des lignes électriques n’a révélé aucun dommage pour l’instant, mais les responsables des opérations d’urgence de la Colombie-Britannique ont prévenu les résidants : d’éventuelles coupures de courant sont à prévoir.

Il est recommandé aux gens de préparer une trousse d’urgence contenant des articles comme une lampe de poche et des aliments non périssables prêts à consommer, et d’avoir un plan de préparation.

Le ministère des Transports de la province a déclaré samedi que les incendies de forêt affectent les déplacements et recommande de ne pas se rendre dans les zones en alerte d’évacuation.

Au sud de la frontière, près de 18 000 pompiers

Aux États-Unis, un incendie de forêt en pleine expansion au sud du lac Tahoe a franchi une autoroute, entraînant de nouveaux ordres d’évacuation et l’annulation d’une course de vélo extrême dans la Sierra Nevada. L’incendie de Tamarack, déclenché par la foudre le 4 juillet, a explosé dans la nuit et s’étendait sur 82 kilomètres carrés samedi soir, selon les responsables de la forêt nationale de Humboldt-Toiyabe.

À l’échelle du pays, près de 18 000 pompiers tentent toujours de maîtriser 70 gros brasiers. Selon les derniers bilans, ils auraient déjà brûlé 4000 km2, soit plus de 8 fois la superficie de Montréal. Le plus dévastateur, le Bootleg Fire, dans l’État de l’Oregon, représente à lui seul un quart des dégâts et reste largement hors de contrôle malgré les efforts de 2100 soldats du feu.

Comme dans toute la zone, il progresse vite « à cause de la canicule, de la sécheresse et du vent », des conditions qui devraient se maintenir « plusieurs jours », selon le site de suivi des sinistres InciWeb.

Des dizaines d’habitations ont été détruites par ce brasier et au moins 2000 personnes évacuées. « Il y avait de la fumée partout, on est passés de la lumière du jour à la nuit quasi totale », a raconté à l’AFP Debra Booth, qui a juste eu le temps d’embarquer ses deux chiens avant de fuir son domicile d’urgence.

Le feu progresse tellement vite que, dans certaines zones, les pompiers ont dû se retirer, a expliqué une responsable des opérations, Holly Krake, citée par le journal local The Oregonian.

« Jusqu’ici, on a les ressources dont on a besoin, mais elles sont limitées », a expliqué Mme Krake. « Et on ne voit pas la fin des conditions climatiques extrêmes qui sont responsables des incendies et du Bootleg Fire », a-t-elle souligné.

La Californie, qui brûle aussi, mais dans de moindres proportions jusqu’ici, a promis d’envoyer des renforts pour aider l’Oregon.

La situation pourrait encore empirer, des orages secs étant annoncés pour dimanche et lundi. Sans pluie, mais avec de la foudre, ils sont particulièrement dangereux dans les zones où la sécheresse sévit.

Aux États-Unis, le département de la Sécurité intérieure a tenu à rassurer les migrants sans papiers qui pourraient avoir besoin d’aller dans des abris. La police de l’immigration ne procédera pas à des arrestations « dans des endroits où il y a des secours en place », selon un communiqué.

– Avec Léa Carrier, La Presse

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