Rio 2016

Une demande de rançon qui soulève l’inquiétude

À moins de 10 jours des Jeux, le kidnapping de la belle-mère de Bernie Ecclestone relance le débat entourant la sécurité des athlètes et de leurs familles à Rio

La belle-mère du grand patron de la Formule 1, Bernie Ecclestone, aurait été kidnappée au Brésil vendredi soir, affirment des médias locaux. Un incident qui pourrait susciter chez certains de nouvelles inquiétudes par rapport à la sécurité entourant les Jeux olympiques de Rio, qui s’ouvrent le 5 août.

Selon le quotidien brésilien Veja, Aparecida Schunck, 67 ans, a été enlevée devant chez elle, dans le quartier Interlagos à São Paulo, qui se trouve à plus de 400 km de Rio. Les ravisseurs exigeraient une rançon de 36,5 millions de dollars US (environ 48 millions CAN), soit la plus élevée de l’histoire du pays. Ils auraient demandé que cette somme leur soit remise en livres sterling et soit répartie dans quatre sacs.

Le secrétariat de la Sécurité de São Paulo a refusé de confirmer l’événement, expliquant qu’il s’agissait de la procédure habituelle dans les cas d’enlèvements présumés afin « de protéger la vie des personnes qui pourraient être en danger ». Même son de cloche du côté de la police militaire de São Paulo.

Mme Schunck est la mère de Fabiana Flosi, 38 ans, qui a épousé Ecclestone, âgé de 85 ans, en 2012.

Ce n’est pas la première fois qu’Ecclestone est confronté à une situation semblable. Il y a quatre ans, un dénommé Martin Peckham a menacé d’enlever la fille du patron de la F1 si ce dernier ne lui versait pas 200 000 livres (environ 346 000 $ CAN). Peckham a plaidé coupable avant d’être condamné à cinq ans d’emprisonnement.

Les enlèvements ont longtemps été monnaie courante au Brésil, plus particulièrement au sein des quartiers défavorisés. Veja rapporte que c’est en 2002 que le pays a recensé le plus grand nombre de kidnappings. Cette année-là, on en a dénombré 321 seulement à São Paulo.

« UNE FORTERESSE »

Avec le virus Zika, les eaux polluées et les craintes d’un éventuel attentat terroriste, les Jeux de Rio devaient déjà composer avec leur lot de questions et d’inquiétudes quant aux mesures de sécurité entourant l’événement.

« C’est certain que la sécurité m’inquiète. Pendant les Jeux, je vais rester au village des athlètes et suivre toutes les directives pour éviter tout ennui », a d’ailleurs avoué la joueuse de tennis Eugenie Bouchard dimanche, dans le cadre de la Coupe Rogers.

Ainsi, l’enlèvement de Mme Schunck peut avoir l’air d’un nouveau pavé dans cette mare trouble. Mais selon Jean-Luc Brassard, ex-athlète olympique et ancien chef de mission canadienne, il n’y a aucun souci à avoir.

« Les Jeux olympiques, c’est presque une forteresse. […] Je ne serais pas inquiet du tout. L’endroit le plus sécuritaire au monde après le Pentagone, c’est sans doute la ville de Rio. »

— Jean-Luc Brassard, ex-athlète olympique et ancien chef de mission

« Aucun pays ne veut avoir l’air fou lorsqu’il accueille les Jeux olympiques. Ses forces de l’ordre seront sur le qui-vive. Je ne voudrais pas être celui qui tente un coup d’éclat à Rio », a-t-il observé en entrevue avec La Presse.

S’il reconnaît que certains endroits du Brésil sont plus risqués, et qu’il conseillerait donc aux visiteurs de s’en tenir loin, Brassard rappelle que la majorité des délégations olympiques comptent sur leur propre système de sécurité. Celui du Canada inclut notamment une marche à suivre en cas d’urgence.

Brassard, qui s’est rendu à Rio à quelques reprises avant de quitter son poste de chef de mission, recommanderait aux athlètes inquiets de se concentrer sur leurs compétitions et d’éviter autant que possible les sources de distraction.

« Si vous n’avez pas l’habitude d’avoir vos parents avec vous durant vos compétitions et que vous vous demandez s’ils devraient venir à Rio, ce n’est peut-être pas une bonne idée d’avoir votre entourage autour cette fois-ci. On ne veut pas que vous vous interrogiez toutes les 15 minutes pour savoir s’ils vont bien », fait-il valoir.

SÉANCES D’INFORMATION

Dans un communiqué diffusé hier, le Comité olympique canadien (COC) s’est dit « persuadé » que le comité organisateur des Jeux serait prêt à affronter « toute situation nécessitant l’application de mesures de sécurité pour assurer notre sûreté ».

Le COC signale par ailleurs que tous ses athlètes auront droit à des séances d’information à moins de 24 heures de leur arrivée à Rio. On leur dira notamment de « ne pas se déplacer avec des gros montants d’argent comptant, ne pas porter d’objets de valeur, ne pas utiliser leurs téléphones en public, marcher en groupe, être conscient de [leur] environnement en tout temps, ne pas visiter des favelas, et plus ».

« La plus grande priorité de nos athlètes aux Jeux est de livrer leur meilleure performance en compétition. Nous veillerons à leur sécurité afin qu’ils puissent concentrer toute leur attention sur leur performance », conclut le COC.

— Avec l’Agence France-Presse

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