Immobilier Le tour du propriétaire

Trois pignons et un jardin

Des propriétaires nous ouvrent les portes de leur demeure d'exception, offerte sur le marché de la revente

Pendant 15 ans, chaque fois que Neil et Barbara Hindle visitaient leurs amis à Hudson, ils reprenaient le même couplet. « On leur rappelait qu’on achèterait leur maison si jamais ils la vendaient », se souvient le couple de sexagénaires.

On les comprend. La maison de pierres et de briques lovée dans la verdure, à deux pas du village en bordure du lac des Deux Montagnes, est impressionnante. Déjà que ce coin de pays regorge de belles propriétés, celle-ci se démarque. D’abord par le raffinement de son terrassement, puis par son architecture particulière : une maison aux trois pignons au bout d’une allée où les grands arbres vous accueillent comme une haie d’honneur, c’est plutôt charmant.

En 2010, le couple Hindle a finalement acquis la propriété. Alors que la plupart des couples dont le nid s’est vidé choisissent des quartiers plus restreints, Neil et Barbara ont plutôt opté pour de l’espace. C’est que le cottage est grand, avec ses 28 pièces. Étaient-ils par hasard tombés sur la tête ? « Un peu, nous a confirmé Barbara en riant. Mais nous connaissions l’endroit et nous l’aimions, ajoute l’infirmière à la retraite. Nous nous sentions bien dans cette communauté tissée serré et apaisante. Nous étions engagés dans le théâtre local, et puis, il y avait la vue bucolique et le jardin... »

Car voici, il y a ce jardin. La propriété est assise sur deux acres. Si la devanture est discrète, à l’arrière, on est ailleurs. Ici, on a aménagé des murets le long du terrain pentu où sont étalés des fleurs multicolores, des arbres fruitiers et des végétaux luxuriants. Les périmètres sont bordés d’arbres à maturité, isolant la propriété du reste de la planète. Pour alléger le passage en aval comme en amont, on y a installé un trottoir en lacet. Ce tracé longe les étangs, les cascades, la maisonnette qui fait office de véranda et les murs de soutènement solidement ancrés dans le sol.

À la recherche de l’authenticité

La maison elle-même est grande, mais pas autant qu’elle n’y paraît. « C’est peut-être en raison du garage qui est rattaché à la maison », avance Adrienne Hindle, courtière du couple et, incidemment, sa fille. « On ne voit pas les portes sur le côté, et il y a une pièce au-dessus. C’est peut-être cette particularité qui donne l’illusion que la maison est aussi vaste. »

Cela dit, on n’est pas ici dans une minimaison, loin de là. Les pièces ont des dimensions raisonnables, qui favorisent le rapprochement. On se sent bien dans cette maison dès qu’on passe le seuil.

C’est l’effet que cherchaient les Hindle.

« La maison avait été érigée en 1994 par d’autres propriétaires qui voulaient recréer un look château. Cela ne nous plaisait pas. On a entrepris des travaux pour la faire “vieillir”, comme si elle avait été bâtie il y a 100 ans. »

— Neil Hindle, propriétaire

Exit, donc, les éléments modernes. « On a refait tous les planchers en utilisant des planches de 150 ans, explique Neil. Même chose pour les murs et les lattes du plafond de la cuisine. C’est l’ébéniste Pierre Chevalier qui s’est chargé des boiseries. » Qui incluent les cabinets de la cuisine, les panneaux muraux, les étagères et l’encadrement du lit, le manteau du foyer, etc. Au sous-sol, M. Chevalier a également reproduit une armoire bleue en pointe de diamant.

Pendant deux ans, chaque élément est passé sous la loupe. Là où la décoration semblait inappropriée pour le look « maison de campagne québécoise de bord de lac », les nouveaux propriétaires ont fait appel à des artisans locaux. « On avait une vision. »

Une touche de modernité

Il y a tant à dire sur cette propriété et on sent qu’elle a fait l’objet de longues recherches. Il y a les murs en faux fini exécutés par une peintre. Les deux salles de lessive dont les carreaux de porcelaine s’inspirent des anciennes buanderies. Le cellier en bois exécuté par M. Chevalier...

Le couple a donné un look ancien, mais la modernité a survécu. Les deux frigos Sub-Zero et les grandes salles de bains n’existaient pas il y a 100 ans. Le progrès a aussi ses avantages.

Après tant d’efforts, pourquoi partir ? « Parce qu’on a bâti une maison familiale au bord d’un lac, près de Lachute. » La famille, avec ses quatre petits-enfants, compte maintenant 10 personnes. Cette nouvelle maison pourra les accueillir tous en même temps. « On aime se retrouver ensemble, que demander de plus ? »

La propriété en bref

Prix demandé

3 775 000 $

Année de construction

1994

Pièces

28 pièces, comprenant 4 chambres, 3 salles de bains, 2 salles d’eau, foyers au bois et au gaz, maisonnette séparée, grange (centenaire) restaurée, cascades, étangs, jardins, etc. Plage privée. Système de chauffage géothermique. Garage et stationnement de 10 places.

Superficie du terrain

70 966 pi2

Évaluation municipale

1 290 900 $

Impôt foncier

11 281 $

Taxe scolaire

1305 $

Courtière

Adrienne Hindle, Groupe Sutton-Centre Ouest

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