« Ça fait rayonner sa mémoire »

Le vélo blanc de Mathilde Blais, jeune femme happée en 2014, sera remis au Musée de la civilisation

Près de 300 personnes se sont rassemblées sous le pont de la rue des Carrières, rue Saint-Denis, dimanche, pour le retrait du vélo blanc commémorant la mort de la cycliste Mathilde Blais. Sept ans après le drame, la bicyclette a été remise au Musée de la civilisation pour préserver la mémoire de la victime.

Une plaque commémorative a été dévoilée à l’endroit où la jeune orthophoniste de 33 ans a perdu la vie en 2014, happée par un camion. Le collectif Vélo fantôme avait à l’époque installé un vélo blanc sur les lieux de l’accident, pour dénoncer la dangerosité des passages sous les ponts pour les cyclistes.

Il s’agit de la première fois qu’un vélo blanc est retiré depuis les débuts de l’organisme Vélo fantôme en 2013. Cet évènement se déroule à la suite de la mise en place d’une infrastructure du Réseau express vélo (REV) dans la rue Saint-Denis, qui aurait pu sauver la vie de Mme Blais.

« Ça ne remplacera jamais ma fille, je suis toujours en deuil. Mais de savoir que son décès apporte quelque chose aux autres, ça fait rayonner sa mémoire », a déclaré avec émotion la mère de la défunte, Geneviève Laborde.

Mme Laborde a remis en main propre le vélo blanc à la mémoire de Mathilde au directeur général du Musée de la civilisation, Stéphan La Roche, devant la foule réunie sous le viaduc.

« C’est un moment commémoratif, mais aussi de fierté. La prise en charge par Vélo fantôme a forcé la Ville à faire des changements pour créer un aménagement sécuritaire. On peut transformer le deuil en quelque chose de positif », a déclaré M. La Roche.

Plusieurs élus étaient présents pour assister à l’évènement, dont la mairesse de Montréal, Valérie Plante, le ministre du Patrimoine canadien, Steven Guilbeault, et la députée de Québec solidaire Ruba Ghazal.

« Je suis émue d’être ici, parce qu’on enlève un premier vélo blanc. J’ai envie de vous dire que c’est le premier, mais que ce ne sera pas le dernier », a déclaré Valérie Plante. Elle invite tous les candidats à la mairie de Montréal à s’engager à ne pas démanteler le REV, de façon à assurer la sécurité des citoyens.

Un objectif de sensibilisation

L’organisme Vélo fantôme installe des vélos blancs aux endroits où des cyclistes ont perdu la vie à Montréal. L’organisation souhaite ainsi sensibiliser la population au partage de la route entre les automobilistes et les cyclistes, tout en honorant la mémoire des victimes. Des monuments se situent notamment sur l’avenue du Parc, à la mémoire de Suzanne Châtelain, et à l’angle nord-est de la rue Lajeunesse et du boulevard Crémazie, pour Clément Bazin, qui y a perdu la vie en 2018.

La cérémonie du retrait du vélo blanc était empreinte d’émotions. Le frère de Bernard Carignan, cycliste mort dans la rue Saint-Denis en 2015, a pris la parole pour souligner l’importance des vélos blancs. Francisco Carignan a aussi salué le « courage de Valérie Plante » concernant la mise en place du REV, en invitant les cyclistes à « s’approprier » la piste cyclable.

Des personnes de tous âges étaient réunies pour souligner la mémoire de Mathilde Blais. Julie Roy et Nicolas Roy sont venus à l’évènement accompagnés de leurs deux enfants. « On en a profité pour leur parler de la sécurité en vélo et du port du casque. C’est aussi une célébration du REV en quelque sorte », a affirmé M. Roy.

Sous le soleil de dimanche, Francine Brisebois et son mari, cyclistes de longue date, se sont dits soulagés qu’un nouvel aménagement ait été fait sous le pont de la rue des Carrières. « J’ai passé une fois ici, et c’était sur le trottoir. Une chance qu’ils ont fait ça. »

Inconduite sexuelle dans l’armée

Un réel changement s’amorce, croit Arbour

Le moment est venu pour les militaires de réaliser de véritables progrès dans la lutte contre l’inconduite sexuelle dans l’armée après des années d’efforts infructueux dans ce domaine, soutient Louise Arbour.

L’ancienne juge de la Cour suprême et ancienne haut-commissaire des Nations unies aux droits de la personne dit que si elle ne croyait pas en cela ou en l’engagement du gouvernement fédéral à agir, elle n’aurait pas accepté le mandat qu’on vient de lui confier.

« Il y a eu une énorme déception. Je soupçonne qu’il y a probablement beaucoup de scepticisme quant à savoir si cet exercice va faire une différence, reconnaît Mme Arbour. Si je ne le croyais pas, je ne me serais pas dérangée. »

Le gouvernement Trudeau a demandé la semaine dernière à Mme Arbour de mener un examen complet et indépendant des politiques, procédures et programmes existants et de la culture actuelle au sein des Forces armées canadiennes et du ministère de la Défense nationale.

Autre officier déchu

Un nouveau nom s’est ajouté dimanche à la longue liste d’officiers supérieurs pris dans la tourmente : Peter Dawe. Celui-ci a été déchu de son poste de commandant des forces spéciales canadiennes pour avoir écrit, il y a quatre ans, une lettre de recommandation pour un soldat aujourd’hui reconnu coupable d’avoir agressé sexuellement la femme d’un camarade.

Le chef d’état-major de la défense par intérim, le lieutenant-général Wayne Eyre, a annoncé cette décision dans un communiqué publié dimanche. Il a reconnu que l’armée traversait des moments difficiles. « [Ce sont aussi des moments difficiles] pour ceux qui continuent de souffrir, a-t-il dit. Cette souffrance est alimentée par un sentiment de trahison, et je reconnais qu’elle est réelle. »

Une grande partie de ce sentiment de trahison découle du fait que certains de ces officiers supérieurs maintenant accusés d’inconduite sexuelle ont occupé de hautes fonctions au sein des Forces armées canadiennes après le rapport Deschamps.

Le refus du gouvernement de créer un centre indépendant pour surveiller le traitement des cas d’inconduite sexuelle au sein de l’armée a grandement contribué au scepticisme quant à son engagement à éradiquer le problème.

« Chapitre deux » du rapport Deschamps

Dans une entrevue accordée à La Presse Canadienne, Mme Arbour dit comprendre les sceptiques puisque son examen sera réalisé seulement six ans après la publication du rapport cinglant d’une autre ancienne juge de la Cour suprême, Marie Deschamps, sur ce sujet.

Selon Mme Arbour, son rôle consiste à s’appuyer sur le rapport de la juge Deschamps, qui a joué un rôle déterminant dans la définition de la portée et de l’ampleur de l’inconduite sexuelle dans l’armée, pour trouver des solutions réelles pour résoudre le problème.

« C’est l’occasion d’aller au-delà de ce que recommandait Marie Deschamps au sujet d’un centre indépendant et externe, mais peut-être il faut préciser à quoi cela devrait ressembler. En ce sens, mon rapport pourrait être le chapitre deux », dit Mme Arbour.

Il y a plusieurs autres raisons de croire que son examen est différent de celui de la juge Deschamps et mènera à un réel changement, estime-t-elle. Notamment, elle étudiera le fonctionnement du système de justice militaire et examinera de près la façon dont les principaux commandants militaires sont sélectionnés et formés.

Mme Arbour croit également que l’attention que porte la population à cette question permet d’ouvrir une fenêtre vers des changements réels, tout comme l’engagement public du gouvernement de donner suite aux recommandations qu’elle formulera.

Montréal et Laval

Le couvre-feu de retour à 21 h 30

Tel qu’annoncé la semaine dernière, le couvre-feu repasse ce lundi à 21 h 30 à Montréal et à Laval. Ces régions demeurent toutefois en zone rouge. Québec avait devancé le couvre-feu à 20 h le 11 avril, à Montréal et à Laval, par crainte d’une recrudescence des nouvelles infections. Or, « l’explosion attendue » dans la métropole ne s’est pas produite, menant à cet assouplissement. — La Presse

Un homme gravement blessé après une collision avec une ambulance

Un homme âgé de 21 ans lutte pour sa vie à la suite d’une violente collision frontale entre son véhicule et une ambulance, dimanche après-midi, à Montréal. Selon le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), l’accident s’est produit vers 15 h 10 sur le pont Angrignon, à la hauteur de la rue Saint-Patrick, dans l’arrondissement de LaSalle. « Selon les informations obtenues de différents témoins, le véhicule circulait en direction nord sur le boulevard Angrignon et pour une raison inconnue pour le moment, le véhicule a dévié de sa route pour heurter une ambulance qui, elle, circulait en direction sud toujours sur le boulevard Angrignon », a raconté l’agent Jean-Pierre Brabant, porte-parole du SPVM. Les deux ambulanciers ont été également transportés à l’hôpital pour des blessures mineures qui ne mettent pas leur vie en danger. Selon Urgences-Santé, ils en étaient à la fin de leur quart de travail et retournaient à leur centre opérationnel situé non loin de là. Ils se déplaçaient en « mode non urgent », soit sans sirène ni gyrophare, a confirmé Stéphane Smith, un porte-parole de l’organisation.

— La Presse Canadienne

Le rapport de la commission Laurent dévoilé aujourd’hui

Le rapport final de la commission Laurent sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse sera rendu public ce lundi. La présidente de la commission, Régine Laurent, présentera ses conclusions lors d’une conférence de presse en après-midi, à Montréal. La Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse (CSDEPJ) avait été mise sur pied dans la foulée de la mort d’une fillette de 7 ans à Granby en avril 2019. Une enquête menée par la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) avait révélé que l’enfant martyre avait été victime de manquements à toutes les étapes du processus clinique et légal mis en place par le gouvernement et qui aurait dû normalement la protéger. La commission Laurent avait déjà remis un rapport préliminaire en novembre dernier, dans lequel elle recommandait entre autres de créer un poste de Directeur national de la protection de la jeunesse. Le gouvernement Legault a acquiescé à cette recommandation en nommant Catherine Lemay à ce poste en mars dernier. Mme Lemay est en fonction depuis fin mars, et elle a pour mandat de « d’entamer une réflexion » sur les services de protection de la jeunesse, mais aussi sur l’avenir de la loi qui l’encadre et le rôle des différents intervenants dans le processus.

— La Presse Canadienne

Dépistage du cancer colorectal

76 %

Proportion du nombre habituel de coloscopies qui ont été réalisées durant la pandémie. En d’autres mots, 208 000 coloscopies ont été faites au Québec, alors que ce chiffre est habituellement de 275 000. C’est ce qu’il a été possible d’apprendre lors de l’étude des crédits du ministère de la Santé cette semaine à l’Assemblée nationale. « Le fait que nous ne sommes pas rendus à 100 % de nos activités est effectivement un problème, parce qu’on peut avoir des cancers qui sont présents, mais pas trouvés », a déclaré la sous-ministre adjointe Lucie Opatrny. Le cancer colorectal est au deuxième rang des cancers les plus mortels au Québec, après celui du poumon.

— La Presse Canadienne

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