L’avenir nous appartient

Deux journalistes en mode solution

Les journalistes sont formés pour traquer la petite bête noire, mais pourraient-ils aussi participer à la résolution de problèmes ? C’est l’idée à la base de L’avenir nous appartient, un nouveau magazine hebdomadaire de Télé-Québec axé sur le journalisme de solutions et animé par Monic Néron et Émilie Perreault. Les deux complices nous en parlent.

« Les gens pensent que le journalisme de solutions, c’est du journalisme de bonnes nouvelles », lance Monic Néron, qui a longtemps couvert les affaires judiciaires sur les ondes du 98,5 FM. « Je ne suis pas d’accord avec cette perspective. C’est bien plus que cela. »

« On ne se limite pas à présenter des projets inspirants », renchérit sa complice Émilie Perreault, qu’on a d’abord connue comme journaliste culturelle. « Le journalisme de solutions, c’est du journalisme d’impact, constructif. On présente des solutions qui donnent des résultats concrets. »

Il y a longtemps que les deux amies – qui se sont rencontrées au micro de Paul Arcand – voulaient travailler ensemble. Monic Néron parlait surtout de meurtres et de saisies de drogue, Émilie Perrault de spectacles et de littérature. L’une est un vrai paquet de dynamite, l’autre se dit « plus tempérée ».

« On se complète parfaitement. On peut terminer les phrases l’une de l’autre, c’est comme si on avait un seul cerveau. On voulait d’ailleurs que notre amitié soit au cœur de notre concept d’émission. »

— Émilie Perreault, coanimatrice

Un regard différent

Dans le premier épisode de L’avenir nous appartient, diffusé jeudi dernier, les animatrices vont à la rencontre de Paul Arcand. Le segment, tourné en deux temps, nous montre d’abord l’animateur fatigué et presque vulnérable, à la fin d’une saison de radio éprouvante marquée par la pandémie. On le retrouve requinqué à la rentrée d’automne, réfléchissant à la manière de gérer la question des complotistes qui abondent depuis mars dernier. « C’était important pour nous que Paul soit dans la première émission, souligne Monic Néron. Il y avait quelque chose de symbolique. Et il a été super généreux. »

On visite aussi un néo-fermier inspiré par les idées de Jean-Martin Fortier, qui est en train de révolutionner l’agriculture au Québec. Un autre segment de l’émission invite des personnalités à revisiter un moment déterminant de leur passé : Régine Laurent revient à l’hôpital Santa Cabrini, Régis Labeaume se rend dans un HLM et Sophie Brochu revisite un restaurant Pacini, son premier employeur. « Il n’y a pas que des gens connus, précise Émilie Perreault. On va aussi à la rencontre de gens “ordinaires’’qui proposent de nouvelles approches, comme ce couple qui a décidé de fonctionner en garde partagée pour sauver sa relation. Il ne s’agit pas de présenter de belles histoires roses, mais bien de regarder l’actualité avec une lunette différente, d’aller à la rencontre de personnes qui ont deux ou trois longueurs d’avance, qui ont réfléchi et qui arrivent avec une autre manière de voir les choses. »

Une approche positive

L’idée de L’avenir nous appartient est inspirée du travail de Diane Bérard, qui a fait du journalisme de solutions sa spécialité. « On aimait beaucoup son approche alors on lui a demandé de travailler avec nous », explique Monic Néron. La journaliste, qui a longtemps écrit au journal Les Affaires, participe donc à l’élaboration du contenu de l’émission avec une équipe de quatre recherchistes.

Si cette approche plus constructive du journalisme rejoignait déjà la philosophie du travail d’Émilie Perreault – qui a écrit le livre Faire œuvre utile, devenu par la suite une série télévisée à ARTV –, elle était un peu plus loin de Monic Néron, qui a côtoyé le côté sombre de l’humain durant plus de six ans.

« Je ne renierai jamais le travail que j’ai fait, ces histoires sont importantes et doivent être couvertes, mais j’étais fatiguée et mûre pour quelque chose d’autre. Te dire comme ça fait du bien ! »

— Monic Néron, coanimatrice

Les deux amies, qui sont à l’origine de l’affaire Rozon (la sortie en salle de leur documentaire à ce sujet est prévue pour le printemps prochain) aborderont aussi des sujets brûlants d’actualité.

« On a un segment sur une cheffe qui a instauré une charte anti-harcèlement dans sa cuisine, raconte Monic Néron. Ça permettra d’aborder la question du climat toxique dans les restaurants. Je vois le journalisme de solutions comme un complément à l’enquête. »

Les deux complices espèrent aussi que le journalisme de solutions mis de l’avant dans leur émission contribuera à rétablir la confiance du public envers les médias d’information. « Comme journaliste, je m’inquiète quand j’entends des gens dire que les médias présentent des faussetés, observe Monic Néron. Et depuis le début de la pandémie, on l’entend souvent. Je le prends personnel ! »

L’avenir nous appartient est diffusé sur les ondes de Télé-Québec les jeudis à 21 h. Monic Néron coanime également Deuxième chance, avec Marina Orsini, sur les ondes d’ICI Télé (à partir du samedi 16 janvier, 20 h). Émilie Perreault collabore à l’émission Cette année-là sur les ondes de Télé-Québec (les samedis à 20 h).

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