Un an après le premier mort

Les enquêteurs de l’OMS enfin attendus en Chine

Les très attendus enquêteurs de l’OMS chargés de se pencher sur l’origine du coronavirus arriveront enfin en Chine cette semaine, a annoncé Pékin lundi, un an après le signalement du premier mort dans ce pays.

La visite de ces 10 experts de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) est ultra-sensible pour le régime chinois, soucieux d’écarter toute responsabilité dans l’épidémie qui a fait plus de 1,9 million de morts dans le monde, alors qu’elle est pratiquement éradiquée en Chine.

Dans un communiqué, le ministère chinois de la Santé a annoncé que la visite des experts démarrerait jeudi, une semaine après le report du voyage prévu mercredi dernier.

Le patron de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, avait, de façon très inhabituelle, laissé percer son agacement à l’endroit de Pékin, se disant « très déçu » par ce report.

Cette fois, il s’est félicité sur Twitter de l’annonce de Pékin. « Nous avons hâte de travailler avec nos homologues [chinois] dans le cadre de cette mission cruciale pour identifier l’origine du virus et sa voie de transmission à la population humaine », a-t-il écrit.

Ces derniers mois, le pouvoir chinois a très mal réagi aux demandes d’enquête indépendante, appliquant notamment des sanctions commerciales à l’Australie, qui avait insisté en ce sens.

Pékin n’a pas fourni de détails lundi sur le déroulement de la visite, mais les enquêteurs devraient être mis en quarantaine à leur arrivée sur le sol chinois. Leur mission doit durer cinq ou six semaines.

Leur objectif est de déterminer comment le virus a pu muter pour passer de la chauve-souris à l’homme. Mais le délai imposé par la Chine pour accepter une enquête indépendante signifie que les premières traces de l’infection vont être compliquées à retrouver.

La mission est composée de 10 scientifiques (Danemark, Royaume-Uni, Pays-Bas, Australie, Russie, Viêtnam, Allemagne, États-Unis, Qatar et Japon) reconnus dans leurs différents domaines de compétence.

Ils devraient se rendre à Wuhan, première ville du monde placée en quarantaine le 23 janvier dernier.

Victime sans nom

C’est dans cette même ville que la mort d’une première victime de la COVID-19 avait été annoncée il y a tout juste un an, le 11 janvier 2020.

Lundi, les habitants de la métropole du centre du pays vaquaient normalement à leurs occupations, alors que les médias du régime communiste taisaient ce premier anniversaire.

La Chine a été critiquée pour sa réaction initiale à l’épidémie. Des médecins de Wuhan qui avaient évoqué l’existence du virus ont été accusés par la police de propager des rumeurs.

Une « journaliste citoyenne » qui avait couvert la quarantaine à Wuhan a été condamnée à la fin de décembre à quatre ans de prison.

Le nom même de la première victime connue de la COVID-19 n’a jamais été rendu public. On sait simplement qu’il s’agit d’un homme de 61 ans qui fréquentait le marché Huanan pour faire ses courses.

Ce marché, considéré comme le premier grand foyer de l’épidémie, a été fermé le 1er janvier 2020. Y étaient vendus des animaux sauvages vivants, considérés comme des transmetteurs possibles du virus à l’homme.

Lundi, le marché restait fermé derrière une longue palissade. Le gouvernement chinois n’a pas autorisé d’experts indépendants à enquêter sur place.

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