Jets d’affaires

Un Challenger 350 amélioré pour Bombardier

Il y aura du nouveau dans le catalogue de Bombardier, exclusivement recentré dans le créneau des jets d’affaires depuis le début de l’année, a pu confirmer La Presse. C’est dans la famille Challenger que l’avionneur procédera à sa prochaine cure de rajeunissement dans l’espoir d’élargir son bassin de clients.

À l’occasion d’un évènement prévu ce mardi dans ses installations situées à Dorval, la multinationale québécoise dévoilera une version améliorée du Challenger 350 – un de ses meilleurs vendeurs – où les principaux changements devraient avoir été apportés à la cabine.

Lundi, Bombardier n’a pas commenté ces informations, également diffusées par l’agence Reuters. Les Challenger sont assemblés au Québec, où s’effectue également leur finition intérieure.

« C’est un cycle d’environ sept ans pour un rafraîchissement de la plateforme, alors il fallait s’y attendre », a estimé l’analyste Chris Murray, de la firme ATB Capital, lors d’un entretien téléphonique.

Au cours de la dernière décennie, c’est surtout la famille Global, dans le créneau des avions de plus grande taille, qui avait bénéficié des investissements du côté des jets d’affaires.

Le Global 7500, le nouveau porte-étendard de Bombardier avec un prix catalogue d’environ 73 millions US, est livré depuis la fin de 2018. Quelques mois auparavant, l’entreprise avait dévoilé deux nouveaux modèles, les Global 5500 et 6500. Les ailes, des systèmes avioniques ainsi que des cabines avaient été complètement modifiés.

Dans un contexte où le rebond de l’aviation d’affaires a été beaucoup plus prononcé depuis le début de la pandémie de COVID-19, Bombardier aura un autre produit à offrir dans le segment des jets intermédiaires, où il rivalise avec des concurrents comme Textron, avec son nouveau Cessna Citation Longitude, et Embraer.

« Le Challenger est un bon produit, a estimé M. Murray. Mais les concurrents arrivent avec de nouvelles options, et il était temps pour Bombardier d’effectuer cet investissement. »

À améliorer

La dernière annonce du constructeur de jets d’affaires concernant la famille Challenger 300 remonte à 2013 lorsque le Challenger 350, qui peut transporter jusqu’à 10 personnes et dont le prix catalogue est d’environ 27 millions US, avait été dévoilé. On retrouve environ 1800 appareils de la gamme Challenger dans le monde.

La Presse n’a pas été en mesure d’obtenir tous les détails entourant les améliorations qui seront apportées au Challenger 350. Selon Reuters, l’intérieur devrait s’inspirer en partie d’éléments du Global 7500, comme un système automatisé de contrôle de puissance. On ignore pour le moment le prix de ce nouveau Challenger et le moment de son entrée en service.

« C’est toujours une bonne idée de rafraîchir un produit, mais ce n’était peut-être pas l’endroit où Bombardier devrait se concentrer. »

— Richard Aboulafia, du Teal Group

L’analyste américain a plutôt hâte de voir ce que l’avionneur fera de son modèle Challenger 650, équipé de moteurs qui datent de « plusieurs décennies » et qui devient plus vieux de « jour en jour ».

« C’est probablement le plus vieil appareil du genre encore en production », a souligné M. Aboulafia, qui se demande ce qu’il adviendra du Challenger 650 sans de nouveaux investissements.

Marché favorable

Depuis le début de la pandémie de COVID-19, les ultrariches se sont tournés vers les jets d’affaires pour se déplacer, ce qui stimule les ventes. Puisque bon nombre de compagnies aériennes ont réduit leurs services, les voyageurs mieux nantis ont aussi fait appel aux exploitants qui louent des appareils à l’heure.

« Jusqu’à présent, l’activité dans l’aviation d’affaires devrait éclipser le volume enregistré en 2019, l’année où le marché a finalement dépassé les niveaux records enregistrés en 2008 », soulignait la firme WingX, dans un rapport publié à la fin d’août.

En dépit des inquiétudes liées à la recrudescence des cas d’infection à la COVID-19 en raison du variant Delta, WingX estime que c’est plutôt le manque d’appareils disponibles qui pourrait constituer le principal obstacle du marché de l’aviation d’affaires.

Ce contexte a incité Bombardier à relever ses prévisions pour l’exercice en cours. L’entreprise s’attend désormais à livrer 120 avions cette année, alors que sa fourchette antérieure oscillait entre 110 et 120 appareils. Cela devrait lui permettre de générer un chiffre d’affaires de 5,8 milliards US, en hausse de 200 millions par rapport à ce qui avait été précédemment annoncé.

À la Bourse de Toronto, lundi après-midi, l’action de catégorie B de Bombardier a terminé la séance à 1,95 $, en hausse de 5 cents, ou 2,6 %.

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Il s’agit du nombre de jets d’affaires livrés par Bombardier entre janvier et juin. La valeur est estimée à 2,78 milliards US par la General Aviation Manufacturers Association.

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