tout le monde en parle

L’autre Adib Alkhalidey

Dimanche à Tout le monde en parle, il a été question de violence conjugale, du far web, de la situation catastrophique des restaurants et des hôtels et de la découverte d’un vaccin contre la COVID-19. Mais c’est certainement Adib Alkhalidey, maintenant auteur-compositeur-interprète, qui a offert l’entrevue la plus franche de la soirée.

Pour lancer son premier album, l’humoriste a d’abord voulu se cacher derrière le pseudonyme d’Abelaïd, mais a fini par se dévoiler. Une « sortie du placard » pour l’artiste, qui craignait de perdre des amis en se dévoilant ainsi. L’œuvre est sombre, loin du personnage que l’on connaît. Une mélancolie qui n’a rien à voir avec le confinement, mais bien parce que « tous les humoristes ont un côté mélancolique », rappelle-t-il. « En humour, t’es toujours tout seul. […] Une solitude qui est violente à quelque part. En musique, tu rencontres des gens à chaque étape. »

On l’a senti ébranlé quand il a été question de la chute de Julien Lacroix après des allégations d’inconduite sexuelle, ce dont il a été le premier étonné. « J’ai pas fini mon deuil avec cette histoire-là. J’essaie de peser mes mots, rester pudique avec tout ça », a répondu l’humoriste, qui a entretenu une « relation fraternelle » avec Lacroix. Invité à se prononcer sur la décision temporaire de Radio-Canada de retirer un épisode de La petite vie parce qu’il présentait un personnage africain caricatural, Adib Alkhalidey a répondu que c’était le résultat d’une absence de réel débat sur la question du racisme. « Ça fait des années qu’on attend où sont les mesures concrètes pour réconcilier les personnes racisées, les autochtones, les immigrants avec le Québec, les personnes blanches. Y’a rien qui est fait de manière concrète », a-t-il dit dans une envolée sentie et passionnée.

Reçue avec bienveillance par l’animateur et son fou du roi, Elisabeth Rioux s’est montrée posée, après une semaine dans la tourmente. L’influenceuse et entrepreneure a dénoncé son ex-conjoint sur Instagram pour violence conjugale. Elle a parlé en privé avec Geneviève Pettersen, qui s’est excusée des propos qui ont enflammé les réseaux sociaux, tenus à LCN, puis à QUB radio avec Benoît Dutrizac. « Habituellement, Dutrizac a du jugement », a ironisé Dany Turcotte. Elisabeth Rioux n’avait pas l’intention de s’ouvrir ouvertement sur ce qu’elle avait vécu, mais une publication particulièrement virulente de son ex-conjoint a été la goutte qui a fait déborder le vase. Touchée par la déferlante de messages de femmes victimes de violence conjugale – elle en recevait 40 par seconde ! –, elle ne se sent pas apte à les conseiller. Elle-même a voulu demander de l’aide, mais a constaté un manque de ressources évident. « Ils avaient toujours une bonne raison de ne pas pouvoir aider. » Aujourd’hui, elle souhaite plus que tout revenir à une vie normale et retourner à ce travail qu’elle aime tant.

« On a demandé aux réseaux sociaux de s’autogérer et ça ne marche pas, c’est le far west », a dit d’emblée le ministre du Patrimoine canadien, Steven Guilbeault. Avec le projet de loi C-10, il entreprend d’obliger les géants du web à apporter leur juste contribution. Les futurs investissements en production canadienne qui en découleraient pourraient atteindre 830 millions de dollars annuellement. Il travaille aussi à ce que les géants du web payent des redevances aux producteurs de contenus d’information, comme en Australie et en France, qui adoptent deux modèles bien différents. Avec ce que produisent les journalistes d’ici, Facebook ferait au-delà de 300 millions de profits par année en publicité. « Et on ne parle pas de Google », a souligné le ministre. M. Guilbeault a bon espoir que la TPS sera imposée aux géants du web à partir du prochain budget, sans toutefois pouvoir l’assurer.

Parmi les premiers à entreprendre le tournage d’une série l’été dernier, François Morency et ses deux « parents » Marie-Ginette Guay et Vincent Bilodeau se faisaient regarder comme des rats de laboratoire par l’industrie. « On a eu tellement peur de ne pas travailler », a confié Marie-Ginette Guay, qui s’est accommodée comme ses collègues des restrictions sévères lors du tournage de Discussions avec mes parents. Les images du baiser à travers un plexiglas illustraient bien les efforts que doit déployer une équipe de tournage en temps de COVID-19. François Morency en a profité pour annoncer une quatrième saison de Discussions, qui attire 1 165 000 fidèles chaque lundi soir sur ICI Télé. « Vous êtes comme mon père ! », se fait dire Vincent Bilodeau par des gens de toutes origines, signe que le sujet est universel. Pour Morency, la série permet de garder vivant le souvenir de ses parents à l’époque où ils étaient au mieux.

Même si c’est loin d’être gagné, j’ai été plutôt rassuré par la très intéressante discussion sur le nouveau vaccin contre la COVID-19. Le journaliste Yanick Villedieu et la directrice du Laboratoire de recherche sur la réponse de l’hôte aux infections virales au Centre de recherche du CHUM, Nathalie Grandvaux, ont offert des explications plutôt convaincantes tout en restant très prudents quant à son efficacité. « On pourrait avoir une grande déception », prévient en effet M. Villedieu. Le duo ne croit pas qu’on en arrive à exiger des preuves de vaccination partout où on ira, sauf peut-être en voyage, croit Nathalie Grandvaux. Yanick Villedieu pense qu’on accorde trop d’importance aux anti-vaccins, considérant que « le taux de vaccination monte jusqu’à 95 % ».

Christiane Germain réclame une aide d’urgence du gouvernement pour l’industrie du tourisme et de l’hôtellerie. « Ce n’est pas pour faire de l’argent, c’est juste pour en perdre un peu moins », a expliqué la coprésidente de Germain Hôtels, qui a fait remarquer que l’aide reçue jusqu’à maintenant n’était pas suffisante par rapport aux énormes coûts fixes pour maintenir les entreprises en vie. Directrice générale de l’Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec, Liza Frulla a démenti l’idée préconçue voulant que les hôteliers soient tous des Américains, alors qu’ils sont majoritairement québécois. « La population est prête à suivre quand c’est logique », a dit l’ancienne ministre, qui a soulevé certaines incohérences au moment de fermer les musées tout en gardant ouverts les centres commerciaux.

Moment de grâce pour terminer avec Beyries, qui vient tout juste de lancer l’album Encounter, dont elle a composé les 11 pièces. C’est Alexandra Stréliski qui a établi l’ordre des chansons. Dimanche, elle a choisi Closely, « une chanson chaleureuse, douce. On a besoin de ça », a-t-elle dit. Une prestation qui a assurément donné envie à plusieurs de se précipiter sur ce nouvel opus.

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