les vins de la semaine

Pour faire ses classes

Un trio de vins rouges, issus de cépages et de régions classiques, pour faire ses classes. Un gamay du Beaujolais, un merlot de Saint-Émilion et un grenache de la vallée du Rhône, à déguster côte à côte pour comparer les différences d’arômes, de corps, d’acidité, de tanins. Les trois vins se conserveront très bien deux ou trois jours une fois ouverts. Replacez simplement le bouchon et gardez-les au frigo ou dans une cave fraîche.

Savoureux et gourmand Beaujolais

Le caractère très fruité, parfois un peu bonbon, de nombreux Beaujolais vient en partie d’une technique de vinification appelée la macération carbonique. Jean-Paul Brun préfère des vinifications traditionnelles, qui, à ses yeux, apportent plus de profondeur et de complexité au vin. Chose certaine : ses vins sont toujours délicieux. On a ici les arômes de fruits rouges qu’on associe au gamay – griotte, gadelle, framboise –, mais aussi des notes de terre fraîche et de sous-bois. Léger, mais avec de la tenue et une matière mûre, très frais (donc une acidité plutôt élevée), avec des tanins légers, très fins et une longue finale sur une impression caillouteuse. Ce vin sera délicieux légèrement rafraîchi à l’apéro, avec des charcuteries, un poulet rôti, un tartare, un risotto aux champignons ou aux betteraves.

Jean-Paul Brun L’Ancien Beaujolais 2019, 20,70 $ (10368221), 12,5 %

Garde : de 3 à 5 ans

Saint-Émilion classique

Un exemple très classique de Saint-Émilion, cette cuvée est un assemblage de 85 % de merlot et de 15 % de cabernet franc. Le nez est un peu plus retenu, plus discret, avec des notes de fruits rouges et noirs, framboises et cassis, un peu de cacao, et ce que j’appelle un végétal noble, des notes de cèdre, de feuilles de tabac. Un peu plus corpulent que le précédent, mais très élégant, avec une acidité fraîche, et des tanins plus appuyés, au grain très fin. Très harmonieux, ce vin s’étire sur une longue finale toute en finesse. Et bravo pour la bouteille simple et légère : ce n’est pas l’habit qui fait le moine ! À déguster à table, avec une entrecôte à la bordelaise, un poulet aux champignons, un hachis parmentier au canard.

Jean-Pierre Moueix Saint-Émilion 2016, 24,95 $ (14204565), 14 %

Garde : de 3 à 5 ans

Excellent rapport qualité-prix pour la table

À cheval entre le Languedoc et la vallée du Rhône, les Costières de Nîmes se rattachent à cette dernière par ses terroirs et son encépagement. Les vins du Château de Nages sont non seulement parmi les meilleurs de la région, mais ils offrent aussi toujours un excellent rapport qualité-prix. Celui-ci exhibe toute la richesse et l’exubérance du grenache sous un climat méditerranéen. Assemblé à 25 % de syrah et à 5 % de carignan, ce vin offre un nez tout en fruit, aux accents de kirsch, de liqueur de mûres et de noyaux de cerise, avec des notes de poivre et d’anis. La bouche, opulente et puissante, est souple (l’acidité est plus faible), mais équilibrée, avec des notes de garrigue et des tanins enrobés par toute cette matière fruitée. Définitivement pour la table, ce vin accompagnera un magret de canard aux épices ou aux mûres, un gigot d’agneau, un couscous.

Château de Nages Vieilles Vignes Costières de Nîmes 2017, 19,05 $ (12268231), 14,5 %, bio

Garde : de 4 à 6 ans

Vin

Apprendre à déguster

« J’aime le vin, mais je n’y connais rien. » Ce n’est pas grave ! Vous pouvez très bien apprécier le vin sans y connaître quoi que ce soit. Par contre, très souvent, le plaisir croît avec la connaissance. Mais par où commence-t-on pour apprendre ?

On commence simplement : qu’est-ce que c’est, du vin, et comment c’est fait ? Des notions de base de viticulture et de vinification sont essentielles pour faciliter votre apprentissage. La façon dont on cultive la vigne, la composition du raisin et sa transformation en vin ont une influence énorme sur le style et le goût. Ça permet de comprendre pourquoi il est plus ou moins acide, tannique, sucré ou corsé. Pourquoi il peut sentir la fraise, la rose ou le tabac, mais rarement le raisin.

La viticulture et la vinification sont des sujets complexes, mais dont les bases sont relativement simples et faciles à comprendre. Atlas mondial du vin, de Hugh Johnson et Jancis Robinson, est un livre de référence par excellence, qui couvre ces deux sujets clairement en une vingtaine de pages, avant de présenter les vignobles du monde.

Et bien sûr, on consulte un livre sur le vin avec un verre à la main !

Outre les ouvrages de référence, la dégustation reste le principal outil pour apprendre. Déguster régulièrement, et beaucoup de vins différents, mais avec méthode et rigueur.

Prendre le temps de se concentrer sur ce qu’il y a dans le verre, décortiquer nos impressions et y réfléchir.

Il existe de nombreuses méthodes de dégustation, mais elles tournent toutes autour des trois mêmes points : une analyse visuelle, olfactive et gustative. L’Atlas mondial du vin en présente les grandes lignes. Pour une analyse hyper détaillée des mécanismes de la dégustation, Le goût du vin : le grand livre de la dégustation, d’Émile Peynaud et Jacques Blouin, offre une lecture fascinante.

Mais vous n’avez qu’à taper « grille de dégustation » dans un moteur de recherche pour en trouver des dizaines. Choisissez-en une ou deux, de préférence les plus détaillées, et goûtez le vin en vous référant à chacun des points de la grille.

Deux (ou plus), c’est mieux

Pour faciliter la tâche, dégustez deux vins, ou plus, côte à côte. C’est toujours plus facile, surtout au début, d’évaluer les différents éléments du vin, ou d’identifier ses arômes, lorsqu’on peut comparer. Ne craignez pas d’ouvrir deux ou plusieurs bouteilles à la fois. La majorité des vins, une fois ouverts, se gardent très bien au frigo jusqu’au lendemain, voire plus longtemps. Et y goûter de nouveau le lendemain est aussi très instructif : vos impressions seront peut-être les mêmes, peut-être pas... Le vin peut changer d’un jour à l’autre, et nous aussi.

Ne vous contentez pas de constater qu’un vin a une acidité faible ou élevée, mais cherchez à comprendre pourquoi, à faire le lien entre ce degré d’acidité et le cépage utilisé, la région d’origine et son climat, les méthodes culturales ou de vinification.

Et discutez-en ! Nous avons tous des sensibilités différentes, personne ne goûte de la même façon. Les échanges sont une source primordiale d’apprentissage et nous permettent de mieux comprendre notre propre goût. Déguster à plusieurs est toujours enrichissant, et plus amusant. En personne, ça permet aussi de partager le coût des bouteilles. En temps de confinement, achetez les mêmes bouteilles, et retrouvez-vous en ligne pour déguster ensemble.

Développer ses sens

Pour ceux qui disent être incapables d’identifier les arômes, entraîner son nez est à la portée de tous. Un peu comme un muscle, il suffit de l’utiliser pour le développer. Jouez au jeu des arômes, ludique et révélateur : remplissez de petits contenants opaques de substances odorantes (épices, herbes, vinaigre, fruits ou légumes, beurre d’arachide, café, fleurs, terre...). Fermez-les avec un couvercle (ou un morceau de papier aluminium) percé, numérotez-les et demandez aux gens présents d’identifier les odeurs. Vous réaliserez très vite à quel point nous sommes de piètres senteurs ! Mais encore une fois, comme un muscle, ça se travaille et ça se développe.

Il en va de même pour les goûts. Pas certain de savoir quoi on parle quand il est question d’acidité dans le vin ? Mordez dans une pomme verte et prêtez attention à l’acidité que vous ressentez en bouche pour reconnaître la même impression lorsque vous la retrouverez dans le vin.

Et refaites ces exercices le plus souvent possible ! Plus on répète, plus on finit par comprendre. Ou alors on finit avec encore plus de questions. Et on recommence. Indéfiniment. C’est bien là un des plus grands plaisirs du vin.

Le plus important ? N’ayez jamais peur de poser des questions. Les vrais mordus du vin seront toujours enchantés d’y répondre, de faire partager leurs trucs d’apprentissage, leurs ouvrages de référence favoris. Que ce soit le personnel du resto où vous commandez à emporter, celui de votre agence de vin préférée ou à la SAQ. En fait, plus on est calé en vin, plus on pose de questions ! Il n’y aura que les arrogants pour se moquer de vous.

Ce texte provenant de La Presse+ est une copie en format web. Consultez-le gratuitement en version interactive dans l’application La Presse+.