Mon clin d'œil

Faudrait aussi un ministre délégué pour sauver la saison du Canadien.

Protection des caribous forestiers

Une médaille a toujours deux côtés

En réponse à l’éditorial de Philippe Mercure sur la protection des caribous forestiers*, publié le 22 novembre

Dans l’éditorial publié dans La Presse le 22 novembre dernier, l’éditorialiste Philippe Mercure semble prétendre que l’industrie forestière est l’unique responsable de la situation actuelle du caribou. Pourtant, plusieurs facteurs ayant un impact sur l’habitat du caribou sont connus : les changements climatiques, l’étalement urbain, la surchasse, les maladies, la prédation et, oui, les chemins forestiers. De toute évidence, les changements climatiques et leurs nombreux impacts ont une incidence qui se doit, à ce moment, d’être étudiée.

Il m’apparaît essentiel de préciser que l’industrie n’a jamais prétendu que ses activités n’avaient aucune incidence sur le caribou. L’industrie forestière québécoise est l’une des plus certifiées au monde, ce qui signifie qu’elle répond à de nombreuses normes qui incluent, entre autres, la protection de la faune, dont le caribou forestier. Rappelons que selon les travaux d’Ouranos, les frontières des zones écologiques migrent vers le nord de 10 km par année. Est-ce à dire que cette réalité n’aura pas d’impact sur les aires de répartition du caribou ?

Il faut dire que l’industrie doit et souhaite faire partie de la solution, car la récolte, la valorisation et la remise en production doivent obligatoirement se faire de façon durable et responsable.

Nous sommes aussi de fervents défenseurs de la ressource et nous serons à la table afin de trouver des solutions. C’est dans ce contexte que l’industrie propose une voie de passage entre la protection du territoire et l’approvisionnement en bois. Cette alternative existe bel et bien et est même inscrite dans la Loi sur l’aménagement durable des forêts : les zones d’intensification de la production ligneuse.

Les Québécois souhaitent pouvoir construire en bois à un coût raisonnable. Qui plus est, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) le recommande afin de capter et de stocker du carbone tout en remplaçant des matériaux plus polluants. La pandémie nous a clairement démontré que les produits du bois sont essentiels dans notre vie de tous les jours. Pensons seulement aux produits hygiéniques ou encore aux cartons grandement utilisés dans les livraisons de toutes sortes. Pour pouvoir répondre à cette demande, la récolte de bois de façon durable est incontournable.

M. Mercure, il est juste d’affirmer que « la conciliation entre l’industrie et la protection de la faune est difficile ». La recherche de solutions équilibrées anime l’industrie parce qu’elle se doit de répondre aux consommateurs et aux entrepreneurs en leur fournissant du bois de qualité, de soutenir les 140 000 emplois générés par le secteur et de contribuer à notre lutte collective contre les changements climatiques. Nous nous devrons d’innover dans nos pratiques en intensifiant la culture de la forêt dans certaines zones et en protégeant d’autres zones.

Chemins forestiers

Dans le même texte, vous affirmez que les chemins forestiers de l’industrie favorisent la prédation du caribou par les loups. Il serait juste d’ajouter, d’une part, que les chemins forestiers ont des usages multiples dans les régions forestières et que de nombreux citoyens en sont les utilisateurs. Pensons aux motoneigistes, aux chasseurs et aux villégiateurs qui utilisent eux aussi ces chemins qui sont construits selon des normes et des critères sévères qu’applique le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs. La coupe en damier qui a amené à la multiplication des chemins forestiers a, d’autre part, été imposée aux entrepreneurs forestiers à la suite de la commission Coulombe, répondant ainsi aux pressions de groupes, dont certains montrent aujourd’hui du doigt l’industrie.

L’industrie compte collaborer afin de trouver des solutions qui sauront répondre aux défis de demain. Nous croyons fermement qu’ensemble, les partenaires de la forêt, nous trouverons des solutions durables aux bénéfices des Québécois.

Comme une médaille a toujours deux côtés, il est trop souvent facile de pointer l’industrie forestière comme l’unique coupable, alors que l’autre côté de la médaille gagnerait à être exposé. Celui-ci présenterait une industrie aux pratiques durables et innovantes qui travaille afin de répondre aux besoins actuels et futurs des Québécois et qui est engagée à participer à la transition verte du Québec.

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